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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 12:01

0601_Les_traites_Paris01_Ar.jpgLe 18 avril 1951 la Belgique, l'Allemagne, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas, signent le traité de Paris instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). Un traité qui est généralement considéré comme l'acte fondateur et le premier véritable ancêtre de l'Union Européenne.


Comme le dit l'article 2 de cet accord  : "La Communauté européenne du charbon et de l'acier a pour mission de contribuer, en harmonie avec l'économie générale des États membres et grâce à l'établissement d'un marché commun (…) à l'expansion économique, au développement de l'emploi et au relèvement du niveau de vie dans les États membres."

Ses principes : libre circulation des marchandise, surveillance des marchés pour éviter la flambée des prix et la concurrence déloyale et enfin financer en commun la reconstruction et la modernbisation de ce secteur vital de l'économie.

schuman-monnet2p.jpgPréparé par Jean Monnet (à gauche sur la photo) et initié par le ministre des affaires étrangères français Robert Schuman (à droite), il obéit à plusieurs logiques complémentaires : Permettre d'accélérer la reconstruction de l'Europe après la guerre, mais aussi ancrer l'Allemagne de l'Ouest dans le camp des démocraties libérales pour rendre "non seulement impensable mais aussi matériellement impossible" une nouvelle guerre franco allemande. C'est ainsi que Schuman le présente le 9 mai 1950 dans un discours qui marque la naissance du projet de traité et qui est devenu la journée de l'Europe.

Et surtout la menace soviétique est bien présente : Le souvenir de l'épisode
du blocus de Berlin est dans les esprits.


Le projet remporte l'enthousiasme de la plupart des mouvements politiques européens mais  soulève aussi l'opposition des communistes qui y voient une attaque contre l'Union Soviétique et un renforcement du capitalisme en Europe. En France, les gaullistes, eux, craignent de voir la France associée à ce qui ressemble à une autorité qui échappe au contrôle du gouvernement et se prononcent contre. En Allemagne, les conservateurs craignent une mainmise étrangère sur les mines et les acieries du pays.

Le traité rentre en vigueur pour 50 ans le 25 juillet 1952 et se met en place progressivement :  le marché commun est ouvert le 10 février 1953 pour le charbon, le minerai de fer et la ferraille, le 1er mai 1953 pour l'acier. Elle est surveillée par une Haute autorité de 9 membres, présidée par jean Monnet et installé à Luxembourg.

D'autres institutions plus larges comme une assemblée de 78 députés issus des parlements nationaux, un conseil des ministres ou une cour de justice pour régler les litiges sont mises en place progressivement pour faire fonctionner cet ensemble, préfigurant les institutions de l'U.E.

Rapidement d'autres pays s'associent au projet sans en faire partie officiellement. Ainsi le Royaume-Uni qui reste méfiante face à l'idée d'un gouvernement supranational et refuse de rentrer dans cette communauté, envoie néanmoins des representants négocier avec la C.E.C.A.

La réussite de ce traité va permettre la mise en place d'un ensemble plus large qui va officiellement donner naissance à l'Europe : ce sera le traité de Rome et la création de la Communauté Economique Européenne en 1957


Premier pas de la construction européenne, la C.E.C.A. fut aussi le modèle qui inspira le projet européen.
Le 23 juillet 2002, le traité est arrivé à expiration, la C.E.C.A. (qui ne s'était pas limité à 6 mais avait inclus les nouveaux entrants au fur et à mesure de leur entrée dans l'Europe) a été officiellement intégrée à l'ensemble de l'Union.


Le détail du traité

Un article de "Toute l'Europe" détaillant la C.E.C.A.

Un article du Figaro en ligne sur l'histoire de l'U.E. qui contient des vidéos reprenant cette création.

Bricabraque détaille le
discours fondateur de Robert Schuman du 9 mai 1950
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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 21:54


Un travail de Charline Didot (TL)

"Notre intérêt est de faire partie de l’Europe et d’en être un acteur dominant, (…) j’aime l’Europe, je veux que la Grande-Bretagne en fasse partie. (…) L’Europe doit changer, si elle ne le fait pas, de graves problèmes nous attendent. Mais je voudrais que la Grande-Bretagne présente cette position d’un point de vue pro-européen plutôt qu’anti-européen.", déclara Tony Blair, le premier ministre de la couronne britannique lorsqu’il exprima sa position sur l’Union Européenne, lors de son arrivée au pouvoir en 1997.

Cette citation souligne d’amblée les relations ambiguës que peuvent entretenir l’Europe et la Grande-Bretagne, depuis de longue date. Quelles seraient alors les causes de ces relations compliquées entre l’Europe et la Grande-Bretagne ? L’origine du conflit remonte à la naissance de l’Union Européenne, avec les causes liées à la PAC, ensuite la question que pose la Manche et le détroit du Pas-de-Calais en terme de frontière, nous verrons d’autre part l’avis de Pauline Schnapper, puis nous ferons un détour au travers du projet Erasmus et enfin nous nous poserons la question d’une Grande-Bretagne eurosceptique.

 

                                     Dessin issu de Nathan 1ère (J.L. Mathieu)

À la fin de la seconde guerre mondiale, la Grande-Bretagne se positionne en faveur d’une union des Etats européens. Winston Churchill atteste dans son discours de Zurich du 19 septembre 1946, que la meilleure façon de faire face à la menace d’une troisième guerre mondiale serait de former une unité, une « famille européenne ». Ainsi, c’est la Grande-Bretagne qui est à l’origine de la relance du processus de construction européenne en 1947, grâce entre autre à Churchill.


C’est donc après le traumatisme de la seconde guerre mondiale que l’unification européenne apparaît comme une nécessité et une volonté communes, dans le but de maintenir une paix durable. Six pays fondent la construction européenne : la France, la RFA, l’Italie, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. Les « pères fondateurs » sont Jean Monet, Robert Schuman, Paul Henri Spaak, Konrad Adenauer et Alcide de Gasperi. C’est donc en 1948, que sous l’impulsion de Churchill, les pays favorables à une Europe unie se réunissent en congrès à la Haye. Cependant, il y a ceux qui veulent créer une Europe supranationale et ceux qui souhaitent une simple confédération d’Etats en conservant leur entière souveraineté.

De Gaulle fait face au Premier ministre britannique Wilson. Par terre : "acceptation sans condition des accords de la CEE" ; "renonciation à la politique d'équilibre entre les puissances de l'Europe continentale" ; "liens avec le Commonwealth".
Sur les vêtements : "interêts agricoles britanniques" ; "politique pro-américaine".
Köhler, Frankfurter Allgemeine Zeitung, 26 janvier 1967.



Autre cas de l’Union Européenne, celui de la mise en place de la PAC (Politique Agricole Commune), qui fut créée en 1957 puis mise en place en 1962. Elle a pour objectif de permettre aux agriculteurs de bénéficier d'un niveau de vie raisonnable, de fournir aux consommateurs des denrées alimentaires de qualité à des prix équitables et de préserver un patrimoine rural. De nos jours, elle génère toujours un désaccord entre la Grande-Bretagne et l’Europe, à propos de son budget. « Il y a des opinions contrastées sur le budget de cette politique, sur les outils et les moyens, mais tout le monde veut conserver la PAC », a commenté le ministre français Michel Barnier. Selon lui, « ce sera un long chemin » pour aboutir à une approche commune du fait des divergences entre pays libéraux, Grande-Bretagne en tête, et pays plus interventionnistes, qui souhaitent conserver une régulation. La France est traditionnellement opposée aux grandes réformes de la PAC que réclame notamment la Grande-Bretagne. En effet, le budget de la PAC s’élève à 43 % du budget de l’UE en 2008, dont environ 20 % revient à la France.

1)      instaurer une éducation européenne à tous les niveaux, de la maternelle à l’université,

2)      encourager l’apprentissage des langues étrangères afin d’améliorer la communication en Europe,

3)      développer des symboles communs,

4)      réaliser des actions concrètes dont les Européens pourraient se sentir fiers,

5)      multiplier les échanges à tous les niveaux (jumelages des villes, échanges scolaires, …) pour permettre la connaissance des voisins en Europe.

Ainsi, ce programme forgerait un sentiment commun à l’Europe.
La Grande-Bretagne, bien qu’attachée à l’idée européenne, demeure difficilement convaincue par la participation à ce projet. Dès les débuts de la Communauté Européenne, les Britanniques expriment leurs réticences face à l’évolution possible de celle-ci, vers un système supranational, préférant eux, une coopération intergouvernementale. De même, ils manifestent leur refus face à l’OECE, l’Organisation Européenne de Coopération Economique et refusent d’entrer dans la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier) en 1951. D’autre part, en 1963, la France rejette la candidature britannique à l’entrée dans la CEE (Communauté Economique Européenne), ceci se renouvellera en 1967.C’est donc ainsi que la Grande-Bretagne apparaît comme « mauvaise élève », en mettant de la mauvaise volonté face aux différents projets communautaires.


Nadège Chambon est chargée d'études à « Notre Europe », laboratoire d'analyse et de proposition politique fondé par Jacques Delors qui se consacre à penser l'unité européenne, où elle est responsable du programme de recherche PAC 2013. Elle déclare au cours d’un dialogue avec une chaîne de télévision agricole qu’« il y a un désaccord historique entre la France, qui est le premier bénéficiaire des aides de la PAC, et la Grande-Bretagne, qui est un pays moins agricole. La Grande-Bretagne est très précautionneuse par rapport à la question du rabais britannique et de la question de sa contribution au budget communautaire. Ces deux pays s’affrontent depuis des années sur le niveau du budget de la PAC ». Ces divergences entre la Commission européenne et la France, ont surgi dès le milieu des années 60, quand le président de Gaulle refusa par deux fois l’entrée de la Grande-Bretagne dans la CEE, craignant notamment une remise en cause des intérêts agricoles. Un autre problème majeur se pose dans les relations complexes de l’Europe et la Grande-Bretagne, étant cette fois-ci géographique, et pas des moindres.

D’autre part, d’un point de vue géographie, la frontière qui sépare la Grande-Bretagne et la France est de moins en moins distincte. La notion de frontière est, aujourd'hui, en pleine redéfinition. Autrefois ligne de séparation, quasi physique dans certains cas à l'image du rideau de fer, la frontière représente désormais une ligne beaucoup plus floue. Elle est de nos jours à la fois une frontière administrative et un espace d’échanges économiques. En effet, la Manche connaît un trafic maritime dense pour les marchandises et y compris pour les personnes et les clandestins. La frontière entre la Grande-Bretagne et la France est désormais moins un espace d'opposition, de séparation, qu'un espace d'échanges qui connaît de multiples relations plus ou moins compliquées. Aujourd'hui, la Grande-Bretagne est arrimée à l'Europe, ne serait-ce que par l'intermédiaire du tunnel sous la Manche. On évoque désormais, à l'heure de l'Europe, la notion d'« eurorégions » où les frontières, héritages de l'Histoire, n'ont plus vraiment de réalité. Autre conséquence de cette séparation, le détroit du Pas-de-Calais, un lieu de commerce, de transit,  d’échange, et aussi la limite de l’espace Shengen. Les deux rives du détroit séparent les deux pays de cette même Union Européenne, et la législation reste différente dans chaque rive. Des milliers de personnes venues du bout du monde ont traversé l’Europe entière, souvent au péril de leur vie, pour atteindre Calais. La Grande-Bretagne se veut donc proche de l’Europe en terme géographique, mais veut tout de même garder une certaine distance au niveau politique.

Par ailleurs, nous pouvons constater le scepticisme de la Grande-Bretagne face à l’Union Européenne. En effet, les Britanniques considèrent l’UE comme une « machine bureaucratique qui étouffe le développement économique et commercial du Royaume et met en danger sa souveraineté » ; de plus, la population ne semble pas propice à développer un sentiment d’identité européenne. De ce fait, à l’heure où l’on parle beaucoup des enjeux de l’intégration européenne, nous pouvons nous demander pourquoi la population britannique est si réticente quant à cette dernière. Pauline Schnapper, professeur de civilisation britannique (Paris 3) et docteur en Sciences Politiques, a écrit un livre concernant l’Europe et la Grande-Bretagne, qu’elle qualifie de « double malentendu » : malentendu de la part des continentaux qui refusent de comprendre les spécificités politiques britanniques et malentendu de la part des Britanniques qui ont toujours sous-estimé l’importance et la portée du processus d’intégration européen. L’ouvrage est divisé en cinq chapitres, qui proposent différentes approches, à la fois historiques, sociales et politiques, permettant au lecteur de se faire une opinion plus personnel que celle avancée par les médias.

Pour faire partie de l’Union Européenne, il faut aussi avoir un sentiment européen.
Les Britanniques ont justement du mal à acquérir cette identité européenne. Sabine Strauss, Directrice adjointe du département des séminaires au C.I.F.E., a une opinion sur la question. Malgré la libre circulation des citoyens mis en place par l’Union, cette identité n’est que très peu appropriée. S. Strauss remet en cause l’idée de création d’une communauté de solidarité, selon laquelle, il faudrait organiser l’Europe sur le modèle étatique, c’est-à-dire avec un gouvernement et un Parlement européen, avec une garantie des droits sociaux et une protection juridique au niveau européen. Selon elle, « la solidarité des peuples serait réelle et l’identité commune suivrait tout naturellement ». Elle préconise donc différentes manières de développer le sentiment européen :

En relation avec cette idée, au cœur de ces échanges se trouve le projet Erasmus. Il fut lancé en 1987 avec la participation de onze pays. Les étudiants peuvent effectuer une partie de leurs études dans un autre établissement scolaire européen. Sur ce point, l’Europe n’a aucune difficulté avec la Grande-Bretagne, ce qui nous montre qu’il n’y a pas que des aspects négatifs dans cet échange. Selon certaines personnes ayant étudié le cas de l’Europe et de la Grande-Bretagne, au niveau de leur relation, ont conclu que les étudiants Erasmus se sentaient tous plus européens qu’avant, de même, leur discours sur l’Europe, son avenir et ses enjeux, laissent transparaître leur conscience d’appartenir à une société commune.

Toutefois, trente ans après l’adhésion de la Grande-Bretagne, à l’Union Européenne, nous pouvons nous poser la question si ce pays est réellement ce mauvais élève, insulaire et revêche, tant critiqué par ses partenaires « continentaux » ? Ou n'est-ce pas plutôt la virulence du débat européen dans la vie britannique qui a forgé cette réputation ? Nous savons tous que la Grande-Bretagne hésite encore à adopter l’euro, je me suis alors penchée sur la question, pour mieux connaître les arguments qu’elle avance à ce sujet là.

Pour Gordon Brown (ministre des Finances, devenu depuis premier ministre), toute décision ne peut se faire que sur la base de l’intérêt national de la Grande-Bretagne. Lors de son accession au pouvoir en 1997, le gouvernement Blair avait fixé cinq critères de la compatibilité de l’économie britannique avec la monnaie unique européenne :

- la convergence avec la zone euro

- une souplesse suffisante pour s’adapter

- l’impact sur l’emploi

- l’impact sur les services financiers

- l’impact sur l’investissement étranger

Le constat de ces critères, étudié par le gouvernement Blair a conclu que trois des cinq critères n’étaient pas encore remplis pour l’adhésion, un seul (le service financier) étant satisfait.


                       La fluctuation des cours entre la livre et l'euro.

Pour ce qui est du point de vue des Britanniques, ils demeurent hostiles à 60 % à l’adhésion à la monnaie commune européenne. Pour eux, la monnaie est sans doute avec la Reine et le drapeau, le dernier refuge de leur insularité. Car la livre sterling introduite voici 1 200 ans est plus ancienne que toutes les devises des pays qui font partie de la zone euro.

Par ailleurs, je tenais tout de même à exposer un projet qui fut pour cette fois concluant entre l’Europe et la Grande-Bretagne, pour ne pas rester sur un aspect négatif en ce qui concerne leur relation. Ce projet est celui de l’Airbus qui fut un succès européen. En 1967, les gouvernements français, britannique et allemand décident de lancer un programme d’avion commercial. Trois ans plus tard, Airbus Industrie naît. Le 28 octobre 1972, le premier A 300 effectue son vol inaugural. Airbus est donc un exemple réussi de coopération européenne.

Certes, depuis la création de la CEE qui deviendra ensuite l’Union Européenne, les relations entre l’Europe et la Grande-Bretagne n’ont pas été des plus amicales. Néanmoins, certains projets démontrent pourtant que ces pays peuvent se montrer compréhensifs et peuvent réussir à l’aboutissement d’une idée. Toutefois, la Grande-Bretagne restera toujours une île proche de l’Europe en terme géographique, mais éloignée pour ce qui est des pouvoirs politiques et économiques.

 

 Sources :

http://www.cafe-geo.net/

http://www.terre-net.fr/

http://www.euractiv.fr/

http://www.touteleurope.fr/fr/histoire/dates-cles/frise-historique-multimedia.html

http://www.rennes.iep.fr/IMG/pdf/Bertault.pdf

http://fr.wikipedia.org/wiki/Erasmus

                                                        -------------------------------------------------

Un bel article très détaillé avec des sources multiples, même si parfois l'aspect chronologique manque un peu et si le choix des illustrations est un peu limité je me suis permis d'en rajouter quelques unes pour clarifier et illustrer cet article.

Peu de choses à rajouter donc, si ce n'est que le Royaume-Uni n'a rejoint la Communauté Economique Européenne qu'en 73, avec de fortes réticence, liées à leur relation privilégiée avec les Etats-Unis et leurs anciennes colonies dans le cadre du Commonwealth. Méfiance partagée par le général de Gaulle qui bloquera toute tentative de rentrée du royaume dans l'Europe. D'où la création le 4 janvier 1960 de l’Association Européenne de Libre-Echange pour créer une zone de libre-échange pour les pays d’Europe non membres de la Communauté économique européenne (CEE) et de contrebalancer celle-ci avec les états scandinaves, la suisse, l'Autriche ou le Portugal. Cette Europe "bis" finit par être intégrée à la CEE, comme une sorte d'antichambre pour les pays souhaitant se rapprocher de l4'U.E. sans toujours l'integrer.


Une méfiance britannique qui est souvent plus celle de la population que de ses classes dirigeantes, et qui l'a conduit à refuser l'Euro ou Schengen. Celle-ci a longtemps attribuée à Bruxelles les raisons des difficultés économiques et sociales du pays. Toutefois depuis que la crise financière a particuilièrement frappé le Royaume-Uni, qui est repassée derrière la France en tant que 5ème puissance économique mondiale peut peut-être changer la donne.  La solidité de l'euro face à une livre dont la valeur se déprécie fait des envieux et de plus en plus de britanniques se rangent à l'idée de rejoindre la monnaie unique.

C'est cependant loin d'être fait car la Grande Bretagne reste jalouse de sa souveraineté au sein de l'UE qu'elle voit d'abord comme un vaste espace de libre-échange, plus difficilement comme un espace politique qui doit lui dicter sa conduite. Il est excessif de dire que les britanniques sont anti-européen, simplement ceux-ci ne considérent pas l'UE comme devant être un espace supranational remplaçant l'autorité de chaque pays membre. Un regroupement d'abord économique d'état indépendants, voilà leur conception de l'Europe.


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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 20:35

Pourquoi n'y a-t-il pas de véritable armée européenne?

Un travail de Laetitia Guillaud-Saumur

Dans les années 1950 la Communauté européenne de défense ou CED est un projet d'organisation qui prévoyait la création d'une armée européenne avec des institutions supranationales. Il est d'initiative française.

 

Origines:

 
En juin 1950 est déclarée la guerre de Corée qui fait ressentir à l'Europe occidentale qu'elle est vulnérable, surtout en Allemagne de l'Ouest. Elle envisage alors la création d'une armée pan-européenne.

L'idée est suggérée par Jean Monet. Elle consisterait en une armée européenne avec des contingents allemands, et ce moins de cinq ans après la deuxième guerre mondiale. Il n'y aurait plus d'armées nationales, seulement une armée un ministre européen de la Défense.

Après le conférence de Paris du 15 février 1951, l'idée d'un ministre unique pour le conseil des ministres européen est abandonnée. Il lui est préféré un conseil des ministres européen et le maintient de certaines armées nationales au sein de l'armée européenne est envisagé.

Des négociations s'engagent qui aboutissent le 27 mai 1952 à la signature du traité de Paris instituant la CED par les gouvernements français, Ouest-allemand, italien, néerlandais, belge et luxembourgeois.

 

Dans le cadre du commandement de l'OTAN (dont on voit ici le drapeau), le traité prévoit l'institution d'une Communauté de Défense, disposant d'un budget, d'un armement et d'un commandement communs. Elle dispose de certaines institutions:

- Un commissariat intégré qui joue le rôle de pouvoir exécutif, composé de 9 membres (2 français, 2 italiens, 2 allemands et 1 de chaque pays du Benelux);

- Le conseil des ministres, organisme de composé du ministre de chaque pays membres, qui a pour but l'harmonisation du commissariat avec la politique des États membres;

- L'Assemblée, composée de 87 parlementaires nationaux, contrôle l'ensemble;

- La cour de justice, qui exerce le contrôle juridictionnel sur les différents organes.

 

La France débat vivement et discute sur les nombreuses critiques du traité. Les gaullistes critiquent l'inexistence d'une Europe politique et la CED sous le contrôle de l'OTAN. Pour les communistes, l'impérialisme hégémonique du camp occidental, symbolisé par l'attitude belliciste de l'OTAN accentuant la division des deux Allemagne, cherche à isoler le camp des démocraties populaires.

 

Malheureusement, la crainte du réarmement de l'armée allemande et la mort de Staline le 5 mars 1953, la première détente de la guerre froide donnent des interrogations quant a la nécessité d'une armée européenne; la CED est rejeté. Cela aura deux conséquences:

- Les accords de Paris et de Londres de l'automne 1954 permettront a l'Allemagne de recréer une armée autonome dans le cadre de l'OTAN;

- La question d'une défense européenne intégrée restera sans aboutissement jusqu'à la fin de la Guerre Froide et aux négociations du traité de Maastricht.

Source
assemblée nationale.fr / armée.com
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J'aurais voulu mettre tous vos articles traitant des relations internationales avant l'effondrement de l'URSS et seulement après, pour une question de logique chronologique, mettre ceux qui traitent des relations internationales post guerre-froide (difficile d'évoquer l'ascension de Vladimir Poutine ou les deux guerres avec l'Irak sans revenir sur la fin de la guerre froide.). Mais comme un certain nombre des articles de cette série me manquent encore, je vais en profiter pour aussi faire un petit crochet sur la question européenne.

La question de la défense européenne commune pose la question de l'échec du projet de CED . Quelques remarques sur la forme tout d'abord : tu me livres un article finalement assez court, avec pas mal de phrases "empruntées" quasiment telles quelles à Wikipedia ou aux deux sources que tu me cites. cela ne fait pas un vrai travail personnel. Sur un sujet finalement aussi simple que celui là c'est un peu court. Il aurait été aussi utile d'aller de se rapprocher de notre époque parler de l'Eurocorps, régiment franco-allemand auxquels d'autres pays européens se sont joints. 


L'idée de créer une armée européenne pour lutter face à la menace soviétique est une idée qui illustre bien le climat de tension des débuts de la guerre froide. Lorsqu'en 1951 les Etats-Unis poussent fortement à la constitution de ce projet de défense alors même qu'on ne parle pas encore de Communauté Européenne (l'ancêtre de l'Union Européenne actuelle), c'est tout juste si existe la Communauté Economique du Charbon et de l'Acier, zone de libre échange sur ces deux matières premières.

Les communistes français rejettent évidemment ce projet qu'ils voient comme une attaque directe contre l'Union Soviétique.

Six ans après la seconde guerre mondiale l'idée de réarmer l'Allemagne a du mal à passer dans notre pays, comme celle de subordonner complétement l'armée française à un ensemble européen et de perdre ainsi notre indépendance nationale dans le cadre d'une armée commune européenne.


Affiche anti-CED du Parti Communiste Français.

« Pour organiser l’Europe, qu’on la prenne donc comme elle est, c’est-à-dire comme un ensemble formé de peuples très distincts dont chacun a, bien à lui, son corps, son âme, son génie et, par suite, doit avoir ses forces. Renvoyons aux géomètres les plans étranges qui prétendent mêler, à l’intérieur des mêmes unités, les contingents de pays divers pour fabriquer l’armée apatride. Où donc les soldats de cette Babel militaire iraient-ils puiser leur vertu ? Si, pour une coalition, il est nécessaire d’instituer entre États, par délégation de tous, un système unique aux échelons supérieurs du Commandement, le principe qui domine tout c’est qu’une armée se bat avant tout pour son pays, sous l’autorité de son gouvernement et sous les ordres de ses chefs. Aucune, je dis aucune, de celle que doit fournir l’Europe ne saurait être ni bâtie, ni employée, autrement. »

Général de Gaulle, discours prononcé à Nîmes en 1951

Le projet finit donc par capoter et c'est finalement l'OTAN qui va jouer le rôle de système de défense commun sur notre continent. L'Europe se dote d'institutions économiques, puis politiques mais restera divisée quand à l'utilité d'avoir une armée et une diplomatie commune.  En tant de crise cela pourrait être un avantage, mais cela voudrait dire aussi que chaque pays doit se plier à la décision commune. C'est ainsi qu'en 2003, s'il avait existé une armée européenne commune lors de l'engagement américain en Irak, elle serait intervenue là bas car la majorité des pays européens soutenait l'alliance avec les Etats-Unis.

Le problème après la chute du Mur de Berlin est de savoir s'il faut faire une armée européenne indépendante, une armée européenne associée à l'OTAN ou si l'Europe doit laisser les pays maîtres de leurs armées.

La question reste toujours importante et varie selon les gouvernements. La France pendant longtemps n'a absolument pas eu envie de voir ses décisions internationales dictées par d'autres. La Grande Bretagne aussi tout en gardant un partenariat privilégié avec les Etats-Unis. Pour les pays d'Europe de l'Est la protection américaine semble plus solide qu'une illusoire armée européenne qui en plus couterait très cher. La France semble de plus en plus se ranger à cette dernière solution, le président Sarkozy ayant rompu avec l'idée gaulienne d'indépendance militaire de la France pour revenir au sein du commandement intégré de l'OTAN.

Néanmoins des réalisations militaires européennes existent comme des projets d'armements communs dont le Tigre, hélicoptère de combat franco-allemand ou l'Eurofighter, avion de chasse germano-britanico-italo-espagnol (projet auquel la France n'a hélas pas participé pour des raisons politico-industrielles). Surtout depuis 1993 existe l'Eurocorps, des bataillons d'abord franco-allemands auxquels se sont joint les belges, les luxembourgeois et les espagnols. Malgré ses 60 000 hommes, cette "armée européenne" dont le commandement est basé à Strasbourg et qui communiquent en anglais (à laquelle la Pologne devrait se joindre cette année) reste plus symbolique qu'autre chose, même si elle intervient en Bosnie ou en Afghanistan.


                                                                                                          L'écusson de l'Eurocorps
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