Mardi 13 mai 2008

Alors que tout le monde se focalise sur l’anniversaire de mai 68, il ne faudrait quand même pas oublier qu’on célèbre aussi en ce moment des événements autrement importants. Le cinquantenaire de la Vème république. On peut être étonné de l’absence d’écho politique ou médiatique autour d’une date pourtant majeure de l’histoire contemporaine. Il faut espérer qu'en septembre, naissance "officielle" de la Vème avec le référendum pour son acceptation par les français, on daignera la féter un peu. Mais bon, le gouvernement actuel est plus occupé à liquider l’héritage gaulliste (indépendance diplomatique et militaire de la France, contrôle fort de l’état sur l’économie, constitution de services publics puissants) qu’à s’en réclamer quand à l’opposition, elle s’est prise d’une passion nouvelle pour la IVème république et son modèle parlementaire après avoir goûté pendant l’ère Mitterrand des délices d’un pouvoir présidentiel fort.


La presentation de la Vème république à Paris en septembre 58

Il faut aussi bien voir que la Vème république est aussi née dans des conditions très particulières. En effet l’arrivée de De Gaulle au pouvoir se fait dans une atmosphère insurrectionnelle de coup d’état militaire. Un coup d’état où le Général a joué un rôle encore mal éclairci…

Depuis 4 ans la guerre d’Algérie (pardon, les opérations de maintien de l’ordre en Algérie selon la terminologie officielle de l’époque) empoisonne la quatrième République. De nombreux gouvernements ont été mis en minorité autour de cette question et la population européenne d’Algérie est de plus en plus remontée comme un régime qu’elle soupçonne de vouloir négocier avec les indépendantistes algériens, sacrilège pour la plupart des pieds noirs.

Les appelés du contingent, c'est-à-dire les jeunes de 18 ans qui font leur service militaire sont été envoyés sur place et doivent faire face à des vagues d'attentats à la bombe et à de véritables combats meurtrier

En mai 1958, Pierre Pflimlin, député MRP (chrétien-démocrate) de Strasbourg, est pressenti par le président de la République Réné Coty pour la présidence du Conseil. Rappelons qu’à cette époque le président de la République n’a quasiment aucun véritable pouvoir politique et que c’est le président du conseil (des ministres), c'est-à-dire l’équivalent du Premier Ministre actuel qui dirige l’exécutif est le vrai patron de la politique gouvernementale. Mais Pflimlin, soupçonné de vouloir négocier un cessez-le-feu avec les rebelles du Front de Libération Nationale est détesté par les pieds noirs les plus revendicatifs, ceux qu’on appelle déjà les ultras de l’Algérie Française.

 

Le 13 mai alors que Pflimlin est investi à Paris, se déroule à Alger une cérémonie d’hommage à trois jeunes soldats capturés et exécutés par le rebelles autour du monument aux morts des Glières réunissant une foule immense, mêlant pieds noirs et musulmans. Les esprits s’échauffent, des cris fusent. "Algérie Française ! ", " Pflimlin à la mer", "L'Armée au pouvoir". Très vite les manifestants sous la conduite d’une figure charismatique chez les ultras, Pierre Lagaillarde, brisent les grilles du gouvernement général d’Alger et mettent à sac les lieux. Ils font alliance avec les militaires présents sur place et notamment les officiers parachutistes à qui le gouvernement avait donné carte blanche pour écraser la rébellion indépendantiste, quelqu’en soient les moyens. Un gouvernement de salut public est crée sous la direction du général Jacques Massu, commandant militaire d’Alger et du général Raoul Salan chef de l’armée en Algérie.

 

 

A Paris c’est l’affolement, l’Algérie vient de vivre un véritable putsch. Malgré des propos fermes Pflimlin ne convainc personne. Si l’armée suit massivement les putschistes, c’est carrément un coup d’état militaire qui pourrait balayer la république. Peut-être même une guerre civile qui se prépare. Dès le 24 mai des troupes aéroportées débarquent en Corse et s’emparent des principales mairies sans effusion de sang. Une rumeur enfle, on commence à parler de l’Opération Résurrection : un raid parachutiste sur Paris pour s’emparer des lieux clé de la capitale. Un homme apparaît alors comme un recours capable de calmer les esprits. Le général de Gaulle.

 

L’unificateur de la Résistance, chef du Gouvernement Provisoire de la République Française à la libération connaît depuis 1946 une traversée du désert. Il a démissionné du poste de président du conseil le 20 janvier 1946 faute d’avoir pu faire voter aux français la constitution dont il rêvait. Celle qui donnerait la prééminence du pouvoir au chef de l’exécutif. La IVème République a été tout au contraire le règne de l’Assemblée Nationale. Par le jeu des alliances électorales, son parti le Rassemblement du Peuple Français, bien que dépassant 20% des suffrages n’est jamais au pouvoir (tout comme les communistes de l’autre côté du spectre politique). Il s’est retiré dans sa propriété de Colombey-Les-Deux-Eglises en Haute Marne. Mais ses amis et ses fidèles sont encore très actifs. Ils ont constitués des réseaux influents qui militent depuis le début de la guerre d’Algérie pour le retour du général considéré comme le seul capable de garder l’Algérie française de part son prestige et son statut de militaire. Le 10 mai 58, un éditorial de l’influent journal l’écho d’Alger titre «Je vous en conjure, parlez, parlez vite, mon général...»

 

 

On retrouve d’ailleurs de ces gaullistes autour du comité de salut public d’Alger. Massu, ancien résistant,  a toujours proclamé sa fidélité à de Gaulle. Jacques Soustelle et Léon Delbecque représentants de de Gaulle en Algérie est présent aux côtés du comité de Salut de Public d’ Alger et joue un rôle aussi discret que capital. Alors que les ultras sont partisans de radicaliser la révolte, ils commencent à s’appuyer sur les généraux encore inquiet de rentrer dans la rébellion face au gouvernement. Le 15 mai Delbecque convainc le général Salan qui s’adresse aux algérois depuis le balcon de terminer son allocution par un «Vive la France, vive l'Algérie française, vive le général de Gaulle !».

 

Le 19 mai, De Gaulle convoque les journalistes pour annoncer qu’il se tient prêt à assumer les pouvoirs de la République. A un journaliste qui s’inquiète de la tournure des événements il réponds « Ai-je jamais attenté aux libertés publiques ? Je les ai rétablies ! Pourquoi voulez-vous qu’à soixante-sept ans, je commence une carrière de dictateur ? ».

 

Il engage des pourparlers avec René Coty pour devenir président du Conseil. Mais il y met des conditions : il faudra changer la constitution. Alors que la Corse rallie le putsch et que la rumeur d’une intervention armée sur Paris enfle, de Gaulle négocie son arrivée au pouvoir. La gauche, persuadée que de Gaulle est en train de rééditer une prise de pouvoir comparable à celle de Pétain en 1940 tente d’empêcher l’arrivée du général par une grande manifestation qui reste sans effet.

Caricature de Jean Effel, dessinateur proche du parti communiste présentant le "mariage" de de Gaulle et de Marianne sous la conduite de Massu, entouré par Felix Gaillard et Guy Mollet, leaders des partis du centre, ralliés à la solution gaulliste.

Le 1er juin, de Gaulle est investi par René Coty comme président du conseil. Ce sera le dernier de la quatrième République. Il charge un de ses fidèles, Michel Debré de rédiger une constitution sur mesure qui lui permettra enfin d’exercer le pouvoir exécutif fort qu’il souhaite pour sortir la France de la crise. Puis il se rend le 4 juin en Algérie pour rencontrer les membres du Comité de Salut Public. Restant volontairement flou sur les solutions pour régler la question algérienne, il reçoit le ralliement des militaires. Le Comité de salut Public s’éteindra progressivement, Salan et Massu reprenant leur rôle de commandants en chef de l’armée en Algérie. De Gaulle termine sa visite par un retentissant « Je vous ai compris ! » interprété par les pieds noirs comme la promesse de la maintien de l’Algérie Française. En fait le général qui ne sait pas encore vraiment comment régler ce conflit s’est contenté de calmer le jeu et de permettre le retour à l’ordre.


De Gaulle à Alger, avec à sa droite Salan et derrière lui à droite Massu en uniforme de para. Juste derrière Salan, en costume, Leon Delbecque.

En septembre, la nouvelle constitution qui assure la prééminence du pouvoir présidentiel est adopté en référendum. Dans la foulée de Gaulle se fait élire en décembre premier président de la Vème république.

 

La Vème république est donc née dans une atmosphère étrange. Pour beaucoup d’historiens, la prise de pouvoir du Général a été une sorte de « coup d’état démocratique », celui-ci profitant des événements pour s’emparer du pouvoir. Reste un point encore débattu par les historiens. Jusqu’à quel point les gaullistes ont-ils encouragé le putsch pour permettre à leur chef de reprendre le pouvoir. Le ralliement rapide de la Corse (où les gaullistes étaient très bien implantés) et le climat de peur qui régnait à Paris alors que de Gaulle négociait avec Coty est elle une simple coïncidence ? De Gaulle lui-même a-t-il donné des ordres à Delbecque et Soustelle pour influencer le comité de Salut Public ou comme a-t-il simplement laissé faire ses partisans sans se salir les mains. Autant de questions qui reste encore débattue mais qui peuvent aussi expliquer pourquoi le cinquantenaire de la naissance de cette Vème république se fait dans une telle discrétion…


  Pour compléter Mr Augris propose aussi un petit article sur l'évenement avec le renvoi aux vidéos de l'INA (ce qui m'evite d'avoir à le faire ce que j'avais initialement prévu...)

Sources : Mémoires de Jean Lacouture - Histoire Secrete de la Vème République sous la direction de Roger Faligot et Jean Cuisnel - Vie Publique.fr - Herodote.net - CRDP-Reims- Boomer-café

 


par Mr Tribouilloy publié dans : La Vème République
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Dimanche 11 mai 2008

Nous avons rapidement évoqué en cours  le cas de l'Afrique du Sud, ancienne colonie britannique, qui mit en place au XXème siècle un régime de ségrégation raciale qui leva contre lui l'opinion mondiale à partir des années 80. De nombreux artistes dénoncerent en chanson ce régime raciste qui, malgré l'indépendance du pays dès 1910, semblait continuer l'héritage de la colonisation.

L'histgeobox, le juke box historique mis en place par Mr Blottiere est dès lors l'indispensable outil pour évoquer cette situation au travers de 2 chansons : "Biko" de Peter Gabriel (par votre serviteur) et "Free Nelson Mandela " des Specials (par Julien Blottiere)...

Biko

Le 18 aout 1977, Steve Bantu Biko, fondateur du premier syndicat étudiant noir d’Afrique du Sud et militant anti-apartheid est arrêté par la police pour terrorisme. Le 12 septembre, celle-ci annonce sa mort, officiellement des suites d’une grève de la faim.

Personne n’est dupe, Biko est mort à la suite des sévices courants dans les prisons sud-africaines. Le scandale va durement toucher la crédibilité du régime de Pretoria et symboliser les déchirements d'une société qui vit séparée par couleurs.
.

Le pays en effet est une mosaïque ethnique. Il fut colonisé par les portugais puis par des hollandais avant d’être conquise par la force au début du XXème siècle par les britanniques. L’Afrique du Sud vit sous un régime de séparation raciale stricte doublée d’une rivalité entre blancs eux mêmes... 
La suite sur Histgeobox







Free Nelson Mandela

En 1924, le parti national afrikaner, défenseur de la minorité blanche et partisan de la ségrégation raciale, arrive au pouvoir. Il met en place une politique appelée "apartheid". Il s'agit d'un ensemble de mesures visant à limiter les droits des noirs et à les séparer des blancs.

Après des études de droit à Johannesburg, Nelson Mandela rejoint le Parti du Congrès national africain (ANC) pour lutter contre la domination sans partage des blancs. Le parti dénonce la répression policière féroce qui atteint son point culminant avec le massacre de Sharpeville en 1960 (69 individus y sont tués).

L'ANC lance alors un appel à la lutte armée. Aussitôt le parti est interdit et ses dirigeants emprisonnés. Mandela est ainsi arrêté en 1962, condamné à 5 ans de prison en 1963, puis à la prison à perpétuité sur l'île Roben en 1964...

La suite sur Histgeobox

par Mr Tribouilloy publié dans : Colonisation/Décolonisation
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Jeudi 8 mai 2008
Comme vous l'avez constaté, au lycée de Vizille, nous sommes enfin cette année royalement équipé d'un vidéo-projecteur relié à un ordinateur vissé à sa table roulante pour toutes les salles d'histoire !

Si on y ajoute notre salle informatique qui, quand une bécane sur deux n'est pas en panne ou en maintenance, tourne encore gaillardement sous Windows 98, nous pouvons fièrement annoncer que nous sommes enfin prêts à rentrer dans le 21ème siècle.

Bref, tout cela pour vous dire que nous utilisons depuis deux mois de plus en plus d'animations powerpoint pour agrémenter les cours. Jusqu'alors, je me suis surtout servi de travaux d'autres professeurs. Maintenant que je commence à me familiariser avec cet outil, j'en ai profité pour construire mes propres petits diaporamas. Notamment en cartographie.








L'Umeda Sky Building d'Osaka, symbole du modernisme
à la japonaise...

Voici donc mon premier essai en la matière que nous avons expérimenté hier avec le groupe 1 des TS, autour de l'organisation de la mégalopole japonaise. Comme nous n'avions pas tout à fait fini la dernière partie de la légende ensemble, voici l'animation de manière à boucler le travail.



Je l'ai, pour l'instant et faute de mieux, placé sur zshare, un hébergeur gratuit mais qui balance quelques pubs avant de permettre le téléchargement. Si vous connaissez de meilleures solutions pour stocker ce genre de programmes .pps, n'hésitez pas à me le dire, en effet la durée de vie de leurs fichiers est de 30 jours à partir du dernier téléchargement.

Un peu comme pour les quizz, je vais essayer de constituer une rubrique de révision avec les croquis du bac au fur et à mesure de leur création avec powerpoint.

Dernière chose, voici le fond de carte (merci l'académie d'Aix Marseille) qui sert de base à cette présentation pour la suivre pas à pas. (cliquer pour agrandir et avoir une version imprimable)

par Mr Tribouilloy publié dans : Japon
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Dimanche 4 mai 2008
Et un petit quizz de plus, cette fois-ci autour de la construction européenne pour les ES/L.

C'est ici

P.S. : J'en ai profité pour corriger une petite inversion dans les réponses de la question 9 du quizz sur la colonisation. Tout devrait fonctionner normalement maintenant.
par Mr Tribouilloy publié dans : Quizz de révisions
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Vendredi 2 mai 2008

" Œil pour œil rend le monde entier aveugle. "

 

Mohandas Gandhi, père spirituel de l’indépendance indienne et fondateur du concept de non-violence en politique. Il illustre à merveille les difficultés rencontrées par ceux qui vont essayer  de secouer le joug colonial pour finir assassiné, non par les britanniques, mais par un hindouiste.

Les Indes sont en effet la perle de l’empire britannique depuis sa conquête progressive tout au long au XIXème siècle. C’est un territoire immense morcelé en un tas de principautés en principe semi-indépendante sous l’autorité anglaise et c’est surtout une mosaïque de peuples, de langues et de religions.

Il naît dans une famille de la caste des marchands,  l'une plus haute de la très rigide et inégalitaire société indienne où votre naissance détermine souvent vos possibilités d’évolution sociale. Etant issu d’une famille très pieuse, la religion fera toujours partie de sa philosophie. Il est en effet élevé dans une foi hindouiste très forte et très traditionaliste (bien que très tolérante envers les autres formes religieuses indiennes), tournée vers le respect de toute forme de vie et l'obéissance à une morale religieuse très forte. Il est aussi marié par sa famille à 13 ans à Kasturba, fille de bonne famille du même âge…

Comme beaucoup de futurs leaders indépendantistes, il est issu d’une famille aisée qui travaille avec les britanniques. Ce qui lui permet d’avoir accès à un privilège fort rare pour les populations indienne : des études en Angleterre pour devenir avocat à l'University College de Londres. Il y fait de bonnes études, s’y occidentalise tout en fréquentant des cercles étudiants philosophiques qui lui font prendre conscience des différences entre les grands principes du droit qu’il apprend et la réalité de la vie dans son Inde natale. Il s’intéresse aussi aux autres religions, christianisme, islam et approfondi sa connaissance de l’hindouisme.

 

Reçu comme avocat, il part pour l’Afrique du Sud défendre les intérêts d’une entreprise indienne sur place. Là, choqué par la violence du racisme dans ce pays où la discrimination raciale est dans la loi, il prend fait et cause pour les travailleurs indiens exploités dans les champs et dans les mines d’Afrique australe. Il va y rester vingt ans, de 1894 à 1914 et réussir à obtenir la reconnaissance des droits des travailleurs indiens, non sans problème puisqu’il échappe de peu à un lynchage en 1904 et fait plusieurs séjours en prison.

C’est là qu’il va développer ses méthodes non violentes pour parvenir à ses fins. Abandonnant ses vêtements occidentaux, il va se raser la tête, porter le sari traditionnel et chose inouïe pour un membre d'une haute caste, travailler de ses mains et faire lui même les taches les plus dégradantes comme nettoyer ses toilettes ce qui était réservé aux basses castes considérées comme impures comme les intouchables, véritables parias de la société indienne.  Il va pouvoir essayer de les appliquer dans son pays une fois rentré en Inde. Il s’engage dans la vie politique au sein du parti du congrès et sa personnalité atypique va lui permettre de voir son audience et ses partisans grandir malgré la prison qui l’accueille régulièrement quand il s’oppose aux volontés britanniques. A ses côtés s’engage Jawaharlal Nehru est l'autre figure de l'indépendance de l'Inde. Très tôt engagé dans le Parti du Congrès aux côtés de Gandhi,  il restera un très proche collaborateur malgré les divergences profondes qui les séparaient.

Sa force c’est la désobéissance civile. Un refus systématique mais non-violent de se plier aux règles du colonisateur britannique par des grèves régulières, des manifestations de masse spectaculaires ou profitant du nombre croissant de ses sympathisants, il bloque les rues lorsque des milliers d’indiens se couchent par terre en signe de protestation.

 

Il sait parfaitement jouer de l’intérêt croissant que lui portent le médias du monde entier. La vision de cet homme frêle et souriant qui vit en ascète  dans son ashram (ferme collective) se révoltant pacifiquement contre l’autorité anglaise lui vaut l’écoute des journaux et la venue de partisans du monde entier. Il ne manque jamais de donner un écho médiatique à toutes ses actions accroissant leur effet. Il va ainsi faire un voyage à Londres en 1931, où devant tous les photographes, il rencontre le roi, toujours habillé en sari traditionnel et où il va voir les ouvriers des usines de textile anglaises pour leur expliquer que le boycott n’est pas dirigé contre eux.


La marche du sel.


Il appelle au boycott des produits anglais, encourageant par l’exemple chaque indien à produire ses aliments et ses vêtements lui même sans les acheter dans les boutiques du colonisateur.

En 1930, Gandhi lance une « Marche du sel », vers les marais salants de Jabalpur, en effet, le gouvernement britannique détient le monopole du sel qui lui rapporte une petite fortune utilisée pour l'entretien des troupes chargées de maintenir l'ordre en Inde. Malgré l’interdiction du pouvoir colonial, il récolte du sel sur la plage, puis s’empare pacifiquement des dépôts de sel du gouvernement anglais. Tout au long de la marche, Gandhi diffuse une liste de règles religieuses du comportement non-violent qui sont scrupuleusement respectées. Les manifestants sont frappés ou arrêtés, mais devant leur absence de réaction, la volonté répressive s’émousse et les gouverneurs anglais reculent.

 

"Je n'aime pas le mot tolérance, mais je n'en trouve pas de meilleur "

 

Il cherche à obtenir une unité de son pays, que ce soit la fin du système des castes, en prenant fait et cause pour les exclus du pays considérés comme des moins que rien. C’est ainsi qu’en 1932, il entame une grève de la faim à mort contre l'intouchabilité, "une tache honteuse" et obtient sa suppression dans leur mise à l’écart de la société… dans la loi en tout cas car les mentalités mettront beaucoup plus de temps à évoluer. Que ce soit aussi du point de vue des minorités. Il se heurte aussi aux rivalités ethniques et religieuses notamment avec Ali Jinnah qui représente les musulmans du pays inquiets de leurs droits face à une majorité hindouiste tentée par la violence.

 

Pendant la 2nde guerre mondiale, il annonce que  l'Inde ne peut pas participer à une guerre ayant pour but la liberté démocratique, alors que cette liberté lui est refusée et lance la campagne « Quit India » intensifiant les demandes d’indépendance. Il est encore jeté en prison mais les britanniques prennent conscience que l’indépendance est devenue inéluctable.
                                                                                                                         Jinnah et Gandhi

Préparée par le dernier vice-roi des Indes, Lord Mountbatten, l’indépendance se heurte vite au morcellement du pays. Notamment les revendications d’Ali Jinnah et des musulmans qui réclament un état indépendant. Les violences intercommunautaires éclatent et des populations commencent à être expulsées de chez elles pour « homogéneiser » ethniquement ou religieusement certaines provinces. Malgré les appels à la paix de Gandhi, la partition du pays entre régions musulmanes et hindouistes s’avère la seule solution.

Le 15 août 47, l’indépendance et la partition entre Inde et Pakistan est proclamée.


Aussitôt éclatent des affrontements et un exode des populations qui se prolonge en une terrible guerre civile où les victimes seraient entre un et deux millions. Gandhi tente d’arrêter le massacre en menaçant de jeûner à mort.


Il est assassiné en janvier 48 par Nathuram Godse,
un hindouiste qui lui reproche ses appels à la paix envers les « ennemis musulmans ». Sa mort est un choc international et ses obsèques dirigées par Nehru qui s’affirme comme son successeur,  seront suivies par 2 millions de personnes.

Après des années de lutte pour l’indépendance il est victime des vieilles rivalités au sein même de son pays une fois le colonisateur parti.  Des démons qui toucheront tant de pays nouvellement décolonisés…


Gandhi sera un inspirateur pour de nombreuses autres figures de la lutte progressiste tels que le Dalaï Lama au Tibet, Nelson Mandela en Afrique du Sud ou Martin Luther King qui conservait un portrait de Gandhi dans son bureau.

 

 "Quelle différence cela fait-il aux morts, aux orphelins et aux sans-abri, que la destruction aveugle ait été amenée au nom du totalitarisme ou au nom sacré de la liberté et de la démocratie ? "

par Mr Tribouilloy publié dans : Colonisation/Décolonisation
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Jeudi 1 mai 2008
C'est reparti pour quelques quizz pour accompagner vos révisions.

Voici le premier. Ici ça concerne plutôt les S mais les L/ES peuvent essayer en s'appuyant sur leurs souvenir de l'année dernière...

Pour jouer au quizz sur la colonisation

N'hésitez pas à me poster vos résultats dans les commentaires ...
par Mr Tribouilloy publié dans : Quizz de révisions
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Mercredi 30 avril 2008
Sur Lire Ecouter Voir, en ce moment, on vous propose une petite virée latino américaine.

La Zona, passionnant film sur les Gated Communities sur le modèle américain dans les pays en voie de developpement, ici le Mexique. Une enclave pour riches entourée de hauts murs et bénéficiant d'une milice privée qui veille jalousement sur ses habitants privilégiés. Quand 3 adolescents du quartiers voisins pénétrent dans ce petit paradis sécuritaire, les choses dérapent.

Et puis jeudi soir sur Arte, il y a la diffusion de Carnet de Voyage de Walter Salles qui raconte les années de jeunesse d'Ernesto Guevara jeune étudiant insouciant parti faire une virée à moto à travers l'Amérique du Sud, avant qu'il ne devienne le Che, icône révolutionnaire qui va embraser les luttes de libérations anti coloniales ou impérialistes.

Les articles sur mai 68 continuent aussi, que ce soit sur la révolution sexuelle, les affiches ou les actions dans les villes de province comme Nancy. D'autre choses devraient bientôt arriver notamment sur le rôle de la radio pendant mai 68 (merci Maxime) mais aussi sur les événements de 68 à Grenoble.



Et puis nouveauté initiée par l'hyperactif Julien Blottiere, dont on connait la passion pour la musique, l'histgeobox, qui se propose de raconter le XXème siècle au travers de ses chansons les plus marquantes.

par Mr Tribouilloy publié dans : A lire et à voir
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Mardi 29 avril 2008
Quelques adresses bien pratiques...

Magnard propose des fonds de carte très utiles pour s'entrainer à la cartographie.

De façon plus large le site de l'académie d'Aix Marseille propose une mine de fonds de cartes vierges sur tous les pays.

Vous reclamez des annales ?

Là encore l'académie d' Aix Marseille fait des merveilles avec une compilation de sujets tombés dans tous les domaines. Superbe.

Sinon le bac est déjà tombé... à Pondichery, ancien comptoir français en Inde où subsiste une communauté francophone fort active et un lycée français très renommé qui prépare au bac mais le fait passer en avril, calendrier scolaire indien oblige. Voici les sujets.
par Mr Tribouilloy publié dans : Généralités
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Dimanche 27 avril 2008

Avant les vacances avec les quelques L qui étaient là malgré les grèves, nous avons terminé notre présentation de la puissance européenne par la construction d’une carte de l’axe rhénan.

 

 

L’axe rhénan est donc la vallée du Rhin, une vieille région profondément urbanisée qui va du Nord de la Suisse au Pays Bas en passant par l’Est de la France et l’Ouest de l’Allemagne. C’est le cœur de l’U.E., un territoire central où les densités dépassent les 200 habitants au km2, riche d’une histoire commune symbolisée par l’invention de l’imprimerie et par Erasme, l’humaniste qui voyagea d’universités en universités à la Renaissance et qui a donné son nom au programme d’échanges entre étudiants de l’Union.  

C’est une vielle région industrielle qui a dû sa puissance au charbon et à l’acier lors de la révolution industrielle du XIXème siècle. Malgré le déclin de ces industries à partir des années 70, elle a gardé un rôle industrielle majeur en demeurant l’espace de très nombreuses grandes sociétés notamment allemandes et en opérant une reconversion vers des secteurs plus technologiques ou vers les services (banques, assurances…).

C’est un axe de passage, avec un fleuve qui a été sur 800 km  totalement aménagé par l’homme et qui est connecté à un réseau d’affluents sur lesquels circulent des péniches à gros gabarits. Le tout doublé par un réseau ferré et autoroutier connecté vers les grandes métropoles européennes.

Par contre, ce n’est pas un espace politique. Les principales capitales européennes (Londres, Paris, Berlin, Rome ) n’en font pas partie, mais en sont souvent proches. Mais n'oublions pas que les 4 capitales européennes (Bruxelles, Luxembourg, Strasbourg, Francfort) sont dans cet espace qui correspond au lieu de naissance (Italie exceptée) de l’U.E. en 1949 lorsqu’on créait la Communauté Economique du Charbon et de l’Acier… comme par hasard les principales ressources de l’axe rhénan à cette époque.

 

Croquis de l'espace rhénan réalisé par Francis Monthe, cliquer sur l'image pour l'agrandir et avoir sa légende.

 

De l’embouchure à la source…

 

Le gigantisme des installations portuaires de Rotterdam


Commençons par son ouverture sur la mer du Nord. Un reportage vidéo de TF1 sur le fonctionnement du port de Rotterdam qui permet de comprendre comment ce port, connecté par le Rhin mais aussi désormais par le rail et la route, est devenu la porte d’entrée de l’Europe de l’Ouest.

 



Le port de Rotterdam. Bulk peut se traduire approximativement par "en vrac", je vous laisse faire le reste.


C’est le premier port d'Europe au cœur d’une région industrialo-portuaire qu’on appelle le Northern Range, c'est-à-dire le grand littoral qui va de la Manche à la mer du Nord et qui a totalement supplanté la Méditerranée  comme lieu de l’activité maritime de l’Europe. Il  a traité en 2007 377 millions de tonnes de marchandises, soit une hausse de 1.7%. C’est un nouveau record pour le port, même si Shanghai et Singapour sont toujours légèrement devant lui en terme de trafic maritime. On retiendra notamment une progression de 4% du trafic des conteneurs, avec 9.6 millions de boites.

Comme il est arrivé à saturation, les néerlandais envisagent de construire une nouveau secteur du port sur un polder, c'est-à-dire de gagner 1000 km2 sur la mer pour l’agrandir.

Continuons notre petit voyage vers le Sud et rentrons en Allemagne. La vallée du Rhin, le vieux centre industriel du pays est désormais en reconversion. C'est une région fortement urbanisée et qui peut être symbolisée par une ville : Francfort

600 000 habitants, dans un bassin de population de 4,5 millions de personnes, c’est le troisième aéroport européen après Londres et Paris ; C’’est surtout avec sa bourse la capitale économique de l’Allemagne et le siège de la Banque Centrale Européenne où se décide l’avenir de l’euro. L’industrie y est encore très présente, témoin son incontournable salon de l’automobile. C’est aussi le siège de très nombreuses grandes banques (Commerz Bank, Dresdner Bank), assurances (Allianz), groupes de publicité (Saatchi and Saatchi) qui ont leurs sièges dans un CBD que n’aurait pas renié une métropole américaine.




Enfin lorsqu’on s’approche des Alpes, plus en amont, entre la Bavière, l’Alsace et la Suisse, on se retrouve dans une région qui connaît un développement très fort, lié à un cadre naturel encore préservé et attractif. Des industries nouvelles liées aux nouvelles technologies cherchent à s’y implanter. C’est la connection avec l’Europe du Sud. Il n’est ainsi pas un hasard que depuis plusieurs années la région Rhône-Alpes milite pour un canal Rhin-Rhône qui permettrait de relier les deux fleuves et d’ancrer Lyon à cet ensemble.

Pour approfondir:

Une carte interactive qui vous permettra de vous y retrouver.

Un exemple de sujet d’entraînement au commentaire de documents multiples issu de l’académie d’Aix Marseille

De même pour remettre en ordre tout cela, voici le corrigé d’un sujet de composition sur « l’axe rhénan cœur économique de l’Union Européenne »

Pour se balader le long du Rhin

par Mr Tribouilloy publié dans : Union Européenne
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Dimanche 20 avril 2008

Vous l'avez vu, je n'alimente plus le blog pour le moment.

La raison en est simple, je suis en vacances en Egypte. Je suis parti faire une petite offrande sur l'autel de Thot, le Dieu des scribes (et donc celui des professeurs) pour votre bac.

Je suis de retour vendredi en France, donc rendez-vous le  prochain week end pour quelques nouvelles rubriques dont des quizz, histoire de se placer sur les starting blocks en vue de l'ultime ligne droite du bac...

P.S. Comme je tape ces lignes sur un clavier anglo-arabe comme on en trouve dans les points internet de ce pays,  sans accents, je me trouve dans la situation de Georges Perec lorsqu'il fit son roman "la disparition" qui ne comporte jamais le lettre E...

par Mr Tribouilloy publié dans : Vie du blog
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vizille.jpg                                                                 L.G.T. Portes de l'Oisans, Vizille (Isère)

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