Samedi 21 novembre 2009

 

L'Union Européenne vient cette semaine de se doter d'un président et d'un haut representant aux affaires étrangères. Le belge Herman von Rompuy et la britannique Catherine Ashton  ont été élus respectivement à ces deux postes par les 27 chefs d'états réunis en Conseil européen à Stockholm.

Une bonne nouvelle pour la construction européenne, mais le choix de deux quasi inconnus plus appréciés pour leurs capacités de conciliateur que pour leur vision politique est aussi le symbole de la paralysie actuelle du projet d'Union Européenne.

C'est le suite logique de la mise en place du traité de Lisbonne en cours de ratification à l'heure actuelle. Même s'il n'a pas encore été encore été totalement signé par les 27, il doit commencer à fonctionner le 1er décembre 2009. Il faut donc conformément à celui-ci désigner un président et un ministre des affaires étrangères capables de représenter l'Union.

Quel sont leurs rôles ? le président est élu pour un mandat de deux ans et demi renouvelable une seule fois, et doit donner un visage à l'Europe sur la scène internationale. Il n'a pas de véritable pouvoir de décision mais sera surtout un médiateur chargé de trouver des compromis entre les nombreux membres de l’UE et de servir d'arbitre dans leur querelles. Problème, c'est déjà un peu le rôle du Président de la Commission européenne (à l'heure actuelle José Manuel Barroso) qui dirige cette institution au centre de l'Union.

La charge de haut représentant aux affaires étrangères (une fonction qui existe déjà sous une forme un peu differente) est, elle, mise en place pour une durée de cinq ans et doit s'occuper des négociations diplomatiques de l'U.E. avec le reste du monde. 

Les tractations politiques ont été importantes, il fallait à la fois ménager les susceptibilités de tous les pays et trouver des personnalités suffisamment consensuelles pour plaire à tout le monde . C'est ainsi que Tony Blair, l'ancien premier ministre britannique longtemps favori au poste de président a été recalé du fait du souvenir de son soutien à l'engagement américain en Irak. 

Le choix d'Herman Von Rompuy, premier ministre belge, est celui d'un homme discret, peu connu internationalement mais qui a su se montrer capable de faire fonctionner une Belgique déchirée entre Wallon et Flamands. Un homme compétent et diplomate mais qui ne risque pas de chercher à faire de l'ombre aux grands dirigeants de chaque pays.

Celui de Catherine Ashton a été plus surprenant, cette commissaire européenne est peu connue, y compris dans son propre pays et s'est surtout occupée d'économie et d'affaires sociales. Beaucoup d'observateurs pensent qu'il s'agit là du moyen de mettre à la fois une femme à un poste majeur, de manière à introduire davantage de parité dans les instances européennes, et une britannique pour contenter le Royaume Uni qui s'estime sous-représentée dans les postes de décisions importants.

Il ne reste plus qu'à attendre ce que vont faire réellement ces deux nouveaux responsables, même si la plupart des commentateurs restent sceptiques sur leur véritable importance face aux états qui n'ont pas vraiment envie de renoncer davantage à leur souveraineté politique et diplomatique au profit de l'Europe.

Le président européen vu par Martin Vidberg

Par Mr Tribouilloy - Publié dans : Union Européenne
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 8 novembre 2009

Après une petite absence due à de nombreuses copies à corriger, voici le début d'une série d'articles qui feront le lien entre les programmes de première et de terminale, autour de l'un des "objets" les plus symboliques de ses 60 dernières années : la bombe atomique.


Lorsque le 6 août 1945, la ville japonaise d'Hiroshima est reduite en cendres par une bombe atomique de 4 tonnes, "little boy", le monde découvre qu'il vient de basculer dans l'ère nucléaire. Le second conflit mondial s'achève grâce à cette arme nouvelle qui frappe l'opinion par son pouvoir de destruction.


Si le sentiment dominant est la joie de voir se terminer la guerre, certains, encore peu nombreux, réalisent que cette arme nouvelle marque un changement radical pour l'humanité. Voici ce qu'écrit Albert Camus au lendemain de Nagasaki. "Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques."


Mais qu'est ce qu'une bombe atomique ? Quelques données techniques pour comprendre ce que c'est et pourquoi il n'est (heureusement) pas si facile de fabriquer une arme nucléaire. Pour faire simple, le principe de cette arme  consiste à provoquer un choc dans une masse d'uranium ou de plutonium (les éléments parmi les plus lourds du tableau des éléments chimiques) pour en faire éclater la structure atomique. Un neutron cassant le noyau de l'atome qui projette à son tour des neutrons allant briser les atomes voisins et ainsi de suite dans une formidable réaction en chaîne libérant une énergie colossale. Si on sait contrôler cette réaction, on peut aussi l'utiliser pour produire de l'énergie dans les centrales.

Si le principe est simple en apparence, la technologie pour le mettre en oeuvre est elle extraordinairement complexe et a mobilisé d'énormes moyens en savants et en matériel. Des recherches tellement compliquées et sensibles que celles des premières bombes atomiques lancées en 1945 sont toujours "secret défense" aux Etats-Unis. Deuxième problème cette arme nécessite des combustibles rares. De l'uranium, qui se trouve en faible quantité ou du plutonium, encore plus puissant, mais qui n'existe pas à l'état naturel et doit être fabriqué à partir d'uranium. Les gisements sont donc peu nombreux et étroitement surveillés. De plus, avant d'avoir un matériau utilisable, il faut le traiter et le raffiner, ce qui nécessite là encore des technologies très compliquées et d'énormes investissements financiers. Tout cela explique pourquoi il est non seulement difficile et très coûteux de fabriquer une bombe mais aussi pourquoi il n'est pas évident de cacher qu'on en fabrique une, dans un monde où les transferts d'uranium, de personnels qualifiés ou de technologies de raffinage sont étroitement surveillées.

                                        Little boy, la première bombe atomique

Les premiers projets concernant la fission nucléaire remontent aux années 30. Des scientifiques allemands dont Max Plank et Otto Hahn sont même précurseurs dans le domaine.  Avec l'arrivée du nazisme en Allemagne, la communauté scientifique s'inquiète : l'idée d'en faire une arme commence à se faire jour. Albert Einstein est le premier en 1933 à souligner le danger de laisser de telles recherches entre les mains des nazis. Il n'est d'ailleurs pas le seul à se rendre compte du danger car plusieurs savants juifs comme Otto Fritz ou Rudolph Peierls quittent précipitamment l'Allemagne après le début des persécutions. Les nazis réorganisent la science allemande pour l'aryaniser. La physique considérée comme particulièrement "enjuivée" est largerement épurée par le nouveau régime. Même pour les savants non-juifs l'inquiétude grandit, la communauté scientifique allemande est alors divisée, certains restent en Allemagne et rentrent dans l'appareil d'état, d'autres partent vers la France, la Grande Bretagne ou les Etats-Unis. Même chose en Italie avec le prix Nobel Enrico Fermi (dont la femme est juive) qui préfère quitter son pays plutôt que de devoir collaborer avec l'effort de guerre allemand. Paradoxe, tous ces savants manqueront cruellement à la recherche nazie et aideront les alliés à mettre au point la bombe là où les allemands qui comptaient avant la guerre quelques uns des plus grands physiciens mondiaux échoueront... Si le nazisme n'avait pas été antisémite, aurait-il eu le premier la bombe atomique ?

Pour en terminer sur la bombe allemande, abordons une question qui n'est pas tout à fait tranchée : ceux-ci sont-ils arrivés à produire une bombe atomique les premiers ? Les scientifiques allemands enrôlés dans l'effort de guerre ont souvent prétendu après la guerre qu'ils avaient volontairement ralentis les travaux par antinazisme. les luttes de pouvoirs entre scientifiques allemands pour gagner les faveurs du Führer et les meilleurs budgets auraient aussi considérablement freiné les physiciens. Le projet atomique jugé coûteux et peu crédible n'était pas prioritaire pour Hitler et Goering qui misaient davantage sur la création des missiles ou des avions à réaction et ne lui accordérent du crédit qu'à la toute fin de la guerre. D'autant que l'Allemagne ne disposait que de très peu d'uranium et que l'usine de production d'eau lourde norvégienne fut détruite par l'action conjointe des britanniques et de la résistance locale. Il n'empèche qu'après la capitulation, de nombreux savants nazis furent récupérés par les américains, les soviétiques ou les français et furent intégrés aux programmes de recherche respectifs de ces pays. (photo : les américains inspectant un réacteur allemand non encore opérationnel à la fin de la guerre.) 

La question a été relancée en 2005 dans un livre passionnant et controversé de l'historien allemand Reiner Karlsch
"la bombe d'Hitler" qui avance l'existence d'une expérience menée en février 45, une explosion radioactive dans une île du Nord de l'Allemagne avec des prisonniers russes comme cobayes. Les résultats auraient été jugés insuffisamment prometteurs pour aller plus loin, d'autant que l'uranium manquait. Une thèse semble t-il corroborée par une étrange radioactivité résiduelle sur le site supposé de l'explosion. Rumeur, vraie bombe atomique ou simple bombe classique garnie d'élements radioactifs ? D'après Karlsch les soviétiques auraient récupéré à la fin de la guerre tous les documents (dont un mystérieux film) concernant ce projet. Le mystère demeure.

Dernier point étonnant alors que Berlin tombait, les allemands tentérent d'envoyer à leurs alliés japonais leurs dernières réserves d'uranium, le Japon ayant commencé sans trop y croire des recherches nucléaires à la fin de la guerre. Mais l'équipage du sous-marin U-234 qui devait transporter le minerai (ainsi que les plans d'avions à réaction) apprenant en chemin la capitulation de l'Allemagne préféra se rendre aux américains...

Autre pays très avancé dans ces recherches : la France. Sans la guerre, elle avait tous les atouts pour créer la bombe la première.  Des scientifiques français menés par Frederic Joliot-Curie (que l'on voit à gauche sur la photo accompagné de ses deux collaborateurs Hans Von Halban et Lew Kowarski) et suivis de près par le ministère de la défense  imaginent de bombarder de l'uranium pour provoquer une réaction en chaîne. Surtout quand ils apprennent que de leur côté les allemands ont lancés aussi un programme de recherche similaire. Pour contrôler ce processus, il faut un modérateur, qui maintient la stabilité de l'ensemble. A l'époque on pense à l'eau lourde (une eau dont les atomes d'hydrogène contiennent un neutron de plus que la normale et sont donc des isotopes nommés deutèrium). Or la seule usine produisant de l'eau lourde se trouve en Norvége et ne peut en fabriquer que des quantités réduites de cet élément. La France achète prudemment toutes les réserves disponibles et se lance en 1939 dans des expériences pratiques qui progressent rapidement, obtenant les premières réactions en chaîne contrôlées...

L'invasion allemande de 1940 met brutalement un terme à ces recherches. Les stocks d'eau lourde sont expédiés en urgence à Londres accompagnés de plusieurs membres de l'équipe de Joliot-Curie. Les britanniques jusqu'alors s'étaient peu intéressés à ce domaine de la physique. L'arrivée de savants exilés notamment allemands et français accompagnés de 187 litres d'eau lourde les pousse à mettre en place un projet de recherche secret à Cambridge chapeauté par l'australien Mark Olyphant. Malgré des réussites (la première synthèse du plutonium notamment), le Royaume Uni asphyxié par les bombardement du blitz allemand n'a plus les moyens techniques et financiers de mener les énormes travaux de recherche sur la bombe. C'est pourquoi à partir de 1942 la Grande Bretagne se range derrière les Etats-Unis qui viennent de se lancer dans l'aventure et lui transfert tous ses moyens scientifiques.

Ce sera le projet Manhattan, lancé le 16 decembre 1941 par la président Roosevelt après l'attaque de Pearl Harbor que nous verrons dans la seconde partie de cette étude.

Sources : "Hiroshima -Nagasaki" R. Oberlé -S. Woelffel - N Aida
"La Bombe atomique" C. Demas

Par Mr Tribouilloy - Publié dans : Le monde en 45
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 7 novembre 2009

C'est le retour du café scientifique vizillois:

L'association  ACSPV (Association des Cafés Scientifiques du Pays Vizillois) vous propose une conférence du Dr Anne PERRIN du Centre de recherche des Armées sur le thème


"Ondes électromagnétiques :  risques et société "

le mercredi 18 novembre à 19h30 à la Mairie de Vizille.

Cette présentation sera suivie à 20h45 de l'Assemblée générale de l'association.

Par Mr Tribouilloy - Publié dans : Café scientifique
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 28 octobre 2009
Le blog est pour des raisons pratiques un peu en sommeil depuis le début du mois.
Pas de panique, je suis juste pas mal occupé sur différentes choses en même temps. Je vous mitonne de nouveaux articles pour début novembre...
Par Mr Tribouilloy - Publié dans : Vie du blog
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 10 octobre 2009




Construit au XVIIIème siècle pour le conte d'Evreux, le palais de l'Elysée est depuis 1873 la résidence officielle des présidents de la République.

Ce superbe palais, situé au 55 faubourg St Honoré dans le 8ème arrondissement de Paris ne peut normalement se visiter qu'une fois l'an lors de la journée du patrimoine. Siége du pouvoir exécutif, il est conçu pour être à la fois un lieu d'habitation, de travail et d'apparat lors des receptions officielles.


Le site de l'Elysée nous propose de découvrir ce lieu au
travers de magnifiques photos panoramiques.

Mettez en grand écran, bougez avec la souris et découvrez ce que l'on appelle parfois "les ors de la République".

On pourra au passage explorer plus avant ce site qui est celui de la présidence, on peut entre autre y retrouver des allocutions du chef de l'état, suivre son emploi du temps au jour le jour grace à son agenda et même lui poser une question en ligne.

Pour en savoir plus sur l'Elysée, on peut aussi telecharger (au format pdf), 
une brochure qui détaille l'histoire et la fonction des principales salles du palais où travaillent près d'un millier de personnes.

(Merci à Christian pour cette découverte)

Par Mr Tribouilloy - Publié dans : France
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 4 octobre 2009


Ce week-end s'est déroulé un scrutin qui a largement retenu l'attention dans toute l'Union Européenne : les Irlandais étaient pour la seconde fois appelés aux urnes pour ratifier le traité de Lisbonne visant à renover les institutions européenne. Après une campagne passionnée dans les deux camps, le "oui" l'a remporté d'un massif 67,13%

Ce traité de Lisbonne fait suite à un premier projet de traité constitutionnel réfusé par referendum par les français et les néerlandais en 2005. Ce nouveau traité "simplifié" a été rédigé en 2007 pour présenter un nouveau projet de reforme des institutions européennes qui ont de plus en plus de mal à fonctionner à 27.



La suite sur Histoire-Géo en Première

Par Mr Tribouilloy - Publié dans : Union Européenne
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 1 octobre 2009

Jour de fête à Pékin et dans tout le pays qui s'apprête à célébrer ce 1er octobre le soixantième anniversaire de la révolution chinoise.  (Pour plus de détail sur cet événement voir l'article que nous y avons consacré.)
                    Le défilé des personnels féminins de l'armée chinoise a fait sensation.

100 000 personnes ont défilé sur la place Tien An Men au centre de Pekin. Des militaires bien sûr avec avion de chasse et missiles intercontinentaux, mais aussi des écoliers ou les sportifs héros des derniers
Jeux Olympiques de Pekin en 2008. Des actions symboliques ont été menées pour renforcer l'unité du pays sécoué par les revendications nationales des Tibétains ou des Ouigours. Les minorités ethniques au sein du pays sont mises en avant au travers de 56 colonnes représentant les différents peuples de la Chine Une cérémonie retransmise dans tout le pays par la télévision nationale et qui sera clôturée par un gigantesque feu d'artifice.

Le JDD montre dans un superbe diaporama les fastes de cette journée.

Le président Hu Jintao, du haut de la terrasse de la Paix Celeste où trône le portrait de Mao Ze Dong a ainsi lancé:
"Le développement et le progrès de la nouvelle Chine depuis 60 ans ont  prouvé pleinement que seul le socialisme peut sauver la Chine et que seules la  réforme et l'ouverture pouvent assurer le développement de la Chine, du  socialisme et du marxisme"

Voilà résumé l'étrange paradoxe qu'est cette Chine triomphante. Un régime politique qui cite Marx et qui tient d'une main de fer le pays tout en s'étant totalement ouvert économiquement aux joies du capitalisme et de la consommation. Cela peut paraître étonnant à nos yeux mais finalement dans l'optique chinoise, le socialisme est là pour contrôler cette croissance économique et permettre le developpement harmonieux de l'ensemble du pays. Le nationalisme, toujours très fort dans "l'Empire du Milieu" permet de souder le peuple et ses dirigeants. Le XIXème siècle a été le siècle de l'Europe, le XXème celui des Etats-Unis, le XXIème sera celui de la Chine.

Comme toujours en Chine, la sécurité a été impressionnante et la capitale consciencieusement quadrillée par la police pour éviter toute contestation ou débordement. Le centre de Pekin (une ville de 17 millions d'habitants) étant interdit au public dès la veille.

Quelques chiffres illustrent bien la croissance chinoise qui s'apprête à doubler le Japon et devenir derrière les Etats-Unis
la 2ème puissance économique mondiale. (origine des données chiffrées : Alternatives économiques /  l'Alsace.fr)

En 2008, le PIB de la Chine est de 3007 milliards d'euros contre 3371 milliards pour le Japon (et 1962 milliards pour la France)  Les Etats-Unis gardent encore une confortable avance avec environ 9770 milliards d'euros. Depuis 30 ans, la Chine continue d'afficher une croissance insolante avec un progression de 10% en 2008 là où l'U.E., les Etats-Unis ou le Japon atteignent péniblement 1,5%

La Chine a produit l’année dernière 500 millions de tonnes d’acier (contre 150 000 tonnes en 1949) et 501 millions de tonnes de céréales (contre 300 millions de tonnes en 1978 et 113 millions de tonnes en 1949). Les usines de montages installées dans les Zones Economiques Spéciales y produisent 9,3 millions de voitures par an.

La situation matérielle d'une bonne partie des chinois s'est largement améliorée : le pays est passé de 20% de personnes sachant lire et écrire en 1949 à un taux de scolarité de plus de 99% comparable aux pays développés. Du fait de ses 1, 3 milliard d'habitants, le PIB par personne de 3630 euros reste encore loin des standards européens (17800 euros environ) mais on vend en Chine un million de voitures par mois et des centaines de supermarchés (dont 125 Carrefours) fleurissent dans tout le pays.

                   

Malgré tout cette grande fête est aussi un moyen de se rassurer: la Chine est  un peu inquiéte pour son avenir : Comme le montre ce graphique de la balance commerciale chinoise, les exportations et les importations ont flanché depuis un an. En touchant ses principaux clients et fournisseurs, la crise économique l'a lourdement frappée et les chiffres de 2009 risquent de ne pas être aussi bons que ceux des années précédentes. La répartition des richesses est un autre problème dans ce pays de 1,3 milliards d'habitants où les campagnes de l'interieur restent pauvres. De plus elle commence aussi à prendre conscience que son urbanisation et son industrialisation massive n'est pas sans coût environnemental. L'air des grandes villes chinoises est l'un des plus pollué du monde, les reserves d'eau potables ont été contaminées par des métaux lourds tout comme de nombreuses terres agricoles.

Par Mr Tribouilloy - Publié dans : Chine
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 22 septembre 2009

A partir de la fin de la seconde guerre mondiale, l'Union Soviétique est présente dans quasiment toute l'Europe de l'Est.  Les troupes de l'armée rouge qui ont vaincu le nazisme sont désormais stationnées de la Pologne à la Bulgarie pour faire face à la menace impérialiste américaine. Les gouvernements des pays libérés basculent progressivement dans le communisme. Parfois dans l'enthousiasme, car les communistes bénéficient du prestige né de la lutte contre l'Allemagne nazie. Mais la plupart du temps en prenant le pouvoir par la force ou l'intimidation. Le tout sur fond de culte de la personnalité de Staline.

La rupture avec l'Ouest a lieu officiellement en 1947, lorsque les deux camps énoncent leurs doctrines respectives, Truman contre Jdanov. A l'Est, Staline crée le Kominform, un organisme de coordination et d'échanges entre les nouvelles démocraties populaires auxquels sont associés les partis communiste français et italiens. Dans la réalité c'est pour Moscou le moyen de contrôler étroitement ceux-ci et de dicter ses consignes pour faire face en bloc à l'Occident. Julien Blottière revient en détail sur la création de ce Kominform

Mais Staline doit faire face dans son camp à une volonté d'indépendance plus grande que prévue. De nombreux dirigeants locaux, communistes sincères et convaincus qui ont gagnés leur popularité pendant les années de résistance au nazisme entendent garder une certaine liberté d'initiative dans leur pays et ne veulent pas se contenter de suivre aveuglement les ordres venus de Moscou.

Le clash le plus important à lieu avec Joseph Tito, le dirigeant yougoslave, qui a réussit à chasser les Allemands de son pays sans avoir besoin de l'armée soviétique et qui s'oppose de plus en plus ouvertement à Staline. Pourtant, sur le fond, les deux hommes ont à peu près les mêmes idées, mais la personnalité indépendante et la popularité de Tito ne plait pas à l'orgueilleux "petit père des peuples". En 1948, la rupture est consommée: la Yougoslavie est officiellement exclue du Kominfom et Tito devient un rebelle aux yeux des autorités soviétiques. Désormais, tout dirigeant communiste qui a des velléités d'indépendances se voit accuser de "titisme". C'est à dire une dérive nationaliste et personnelle du communisme dangereuse pour l'unité de la Révolution mondiale. Autant dire un traitre.

Commence alors une série de purges spectaculaires qui,  de 1948 à 1953, va frapper quasiment tous les pays d'Europe Orientale. Elle touche bien entendu les adversaires déclarés du marxisme, mais va aussi emporter au passage un certain nombre de dirigeants communistes. Pour Staline, c'est l'occasion d'éliminer tous les leaders communistes un peu trop populaires ou indépendants pour les remplacer par des hommes dévoués, qui devront leur pouvoir à Moscou et qui se monteront dociles. Il poursuit en cela la dérive totalitaire du communiste qu'il avait entamé dans les années 30 en Union Soviétique.

Il va pour ce faire utiliser des méthodes qui ont déjà fait leurs preuves en URSS. En Bulgarie, Roumanie, Pologne, Albanie et Hongrie, les vieux compagnons de routes du communisme sont mis en accusation.

Ainsi Lazlo Rajk en Hongrie, ministre de l'interieur est arrété en 49 et accusé de titisme et de trahison. Après un violent interrogatoire et la promesse de l'acquittement s'il confesse sa faute, il finit par avouer. Il est purement et simplement condamné à mort et pendu. Commence alors dans le pays une vague d'arrestation qui va toucher des milliers de personnes

Même chose en Bulgarie où Traitcho Kostov, premier secretaire du parti et président du conseil des ministres est arrété avec 11 autres personnalités et condamné à mort.

                      Caricature tchecoslovaque éditée dans les années 50 pour la réhabilitation des accusés

Mais c'est en Tchécoslovaquie, pays où les communistes se sont imposés par la force et où les partis démocratiques étaient bien implantés que la répression va être la plus spectaculaire. Après une vague d'arrestations qui touche les membres de ces partis, l'Eglise et la bougeoisie locale, plusieurs dirigeants du Parti Communiste Tchecoslovaque sont arrétés à leur tour. 14 hauts responsables du parti sont mis en accusation dont Rudolf Slansky (que l'on voit ici sur la photo lors du procès), vétéran des guerres d'Espagne contre Franco dans les années 30 et numéro 2 du Parti communiste, ou Vladimir Clementis, ministre des affaires étrangères. Ils sont accusés de trahison, de titisme et d'être secretement payés par les Etats-Unis et par Israël pour comploter contre le parti communiste. 11 des accusés étant juifs, ils seront au passage accusé de sionisme, les relations entre le jeune état d'Israel et l'URSS étant alors assez mauvaises, ravivant un fond d'antisémitisme en Europe de l'Est .

Après être resté au secret plusieurs semaines, ils subissent des interrogatoires particulièrement brutaux où on cherche à leur faire avouer leur "crimes". Les interrogateurs, généralement des experts soviétiques vétérans des purges staliniennes, sont passés maîtres dans l'art de briser la volonté de leur proies. Jouant sur la torture, la contrainte, la menace envers les proches, mais utilisant aussi les convictions communistes sur le thème, "avouez pour le bien du parti", ils obtiennent des aveux. Lorsque les accusés sont amenés devant un tribunal d'exception, retransmis à la radio, ils sont psychologiquement brisés et confessent leur trahison en se contentant mécaniquement de réciter des réponses apprises par coeur. De toutes façon, au cas où, ces aveux ont déjà été enregistrés sur bande pour pouvoir s'en servir si un accusé se rebellait. Le procès de Prague aboutit à 11 condamnations à mort et 3 emprisonnements à vie. Le président Clement Gottwald, chef du Parti Communiste tchécoslovaque, qui semble t-il à coordonné cette purge est desormais le seul maître à bord... après Staline bien sûr.

Ce genre de purge va aussi toucher les partis communistes occidentaux et notamment le parti communiste français. En effet, celui-ci est après la guerre repris en main par Moscou qui entend imposer Maurice Thorez, fidèle stalinien comme seul autorité dans le parti. C'est ainsi que de grandes figures comme André Marty ou Charles Tillon, héros de la Résistance, députés, membres respectés du Parti sont purement et simplement exclu après un procès interne où ils sont considérés comme des traitres et des "agents de l'impérialisme".


En Union Soviétique même, les purges continuent aussi, ainsi au début des années 50 des medecins juifs sont accusés d'avoir médicalement assassiné pour le compte des "impérialistes" et des "sionistes" plusieurs dirigeants soviétiques dont Jdanov mort en 1948. C'est "le complot des blouses blanches". Le tout sur un fond très net d'antisémitisme. C'est aussi une façon d'atteindre Lavrenti Beria, chef de la sécurité qui est proche de ces medecins et qu'on présente comme le successeur désigné de Staline, ce qui a le don d'enerver "le patron" qui avait pourtant fait de Beria son homme de confiance.

La mort brutale de Staline en 1953 marque la fin de cette vague de procès. (Ironiquement Clement Gottwald, déjà malade, meurt à son tour 9 jours après son protecteur). Beria et surtout Khrouchtchev vont remettre en cause ces pratiques et progressivement permettre une réhabilitation des accusés. Mais dans le fond les pays d'Europe de l'Est ont été épurés et fermement ancrés dans le camp communiste.


Un film tourné en 1970, basé sur les souvenirs d'Arthur London, un des accusés du Procés de Prague, "L'aveu" de Costa-Gavras avec Yves Montand revient sur cet épisode. Devant et derrière la caméra on trouve beaucoup d'anciens communistes déçus par ce qu'est devenue l'URSS et qui dénoncent la dérive autoritaire de l'Union Soviétique. Il est tourné au moment où dans les pays de l'Est, on commence à revenir sur ces purges et à progressivement réhabiliter les condamnés.

Par Mr Tribouilloy - Publié dans : Le système soviétique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 18 septembre 2009

 

   Ca y est, le petit frère du blog vient de naître :


               Histoire-géo en première 


 Il est encore à ses débuts, mais n'hésitez pas à venir y faire un tour.
Par Mr Tribouilloy - Publié dans : Vie du blog
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 10 septembre 2009
Si vous avez consulté certains articles anciens ces derniers temps vous vous êtes peut-être apperçu que des vidéos ne sont plus disponibles. Il semblerait en effet que Dailymotion a organisé un grand ménage dans ses vidéos pour des questions de droits , notamment celles de l'excellente emission de J.C. Victor: "le dessous des cartes".

Je les laisse pour l'instant car je vais essayer de les retrouver sur d'autres supports (youtube, wat etc...), quand c'est possible.
Par Mr Tribouilloy - Publié dans : Vie du blog
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

vizille.jpg

                                                   

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Blogs associés

Le petit frère de ce blog, pour les premières.

 

 

 


Des livres, des films, des émissions, des musiques, de l'art pour apprendre et comprendre le monde
.
               



 Pour ceux qui croient encore naïvement qu'une chanson ne peut pas changer le monde.

Recherche

Les indispensables




  

Syndication

  • Flux RSS des articles
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus