Bienvenue sur le blog "spécial Terminales" de Richard Tribouilloy, professeur d'histoire-géographie au lycée Portes de l'Oisans à Vizille en Isére. Il s'adresse bien entendu à mes classes de Terminales, mais s'il peut aussi vous rendre service, vous qui passez sur ces pages par hasard, et bien tant mieux et bienvenue...
Chorégraphie de propagande dans les gradins lors des Jeux Olympique de Moscou en 1980
L’URSS de son côté ne participait jamais à ces manifestations sportives a l’inverse des USA. Ce n’est qu’en 1952, lors des Jeux Olympiques d’Helsinki qu’ils décident de participer aux jeux. Pour rivaliser avec l’ennemi et affirmer leur suprématie, les sovietiques vont vouloir créer l’Homo Sovieticus, un surhomme, une espéce de sportif par excellence afin de prouver au monde leur suprématie sur le bloc de l’Ouest. Ils vont alors sur-entraîner leurs athlètes dès le plus jeune âge ce qui va déclencher une forte polémique autour de ces derniers, notamment à cause des traitements imposés à ces vitrines du pouvoir soviétique. Cependant, nous ne pouvons nier que cette recherche du sportif par excellence va porter ses fruits car dès leur première participation, ils finissent deuxième et passent à seulement 5 médailles de la premiére place. Aprés cette première participation, l’Union Soviétique va remporter tous les jeux auxquels ils vont participer, à l’exception de ceux de Mexico en 1968.
Nadia Comaneci gymnaste roumaine de 14 ans qui en 1976 aux jeux de Montréal décroche la médaille d'or avec la note exceptionnelle de10/10. Elle devient le symbole de l'excellence du sport communiste.
C’est le président américain Jimmy Carter qui demandera au comité olympique de son pays de ne pas envoyer d’athlétes pour cette nouvelle rencontre olympique. En effet les J.O d’été de cette année là se déroulent à Moscou et les Etats-Unis souhaitent montrer leur mécontentement face à l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS, le 27 décembre 1979. Cette décision de boycott sera fortement soutenue par d’autres pays du bloc Ouest comme le Japon, le Canada ou encore la République Fédérale d’Allemagne.
Les régimes totalitaires ont toujours eu tendance à mettre en avant l'exaltation du sport comme moyen de promouvoir leurs modèles. Dans le cas soviétique, cela va parfois tourner à l'obsession. c'est ainsi qu'un grand nombre de sportifs vont dénoncer les méthodes impitoyables des selectionneurs et entraineurs. Les espoirs repérés dès la maternelle dans les centres sportifs du Parti sont littéralement façonnés pour devenir des "machines à gagner". Paradoxalement moins en URSS que dans les autres pays communistes, notamment en Allemagne de l'Est dont les dirigeants sont obsédés par l'idée de surclasser le frère ouest-allemand. C'est ainsi que le dopage fit des ravages dans les rangs des athlétes de la RDA, particulièrement chez les femmes, nageuses, patineuses de vitesse ou lanceuses du poids, bourrées d'hormones mâles pour gonfler leurs performances. Certaines, gavées de testostérone finiront même par changer de sexe. On verra aussi des entraineurs mettre enceinte des gymnastes pour que le corps produise un surcroît d'oestrogènes, puis les faire avorter dès la compétition terminée. L'humoriste Pierre Desproges ironisait à l'époque :"Il y a trois sexes en Allemagne de l’Est : homme, femme, et nageuse olympique". Il n'empèche que depuis, beaucoup d'anciens athlétes ont révélé le dopage systématique en RDA, jettant le doute sur les pratiques des autres pays communistes où le secret reste de mise. Il sera même question dans les instances sportives internationales d'invalider toutes les victoires est-allemandes au début des années 2000 avant de finalement rester sur un statu-quo.
Boycotter les jeux olympiques est un bon moyen de marquer les esprits. Ainsi, lors du retour de l'URSS aux Jeux en 1956, les Pays Bas, la Suisse mais aussi l'Espagne franquiste refusérent de participer pour protester contre la répression par le pacte de Varsovie des tentatives de démocratisation hongroises. Le Cambodge, L'Irak, le Liban et bien sûr l'Egypte furent aussi absents, mais cette fois pour protester contre l'intervention franco-britannico-israélienne pour récupérer le canal de Suez nationalisé par le président égyptien Nasser. De même pendant les années 70, de nombreux pays africains ne se rendirent pas aux J.O. pour protester contre la présence de l'Afrique du Sud qui pratiquait à l'époque une politique d'apartheid avec une stricte séparation des noirs et des blancs.
Mais les jeux furent parfois aussi l'objet d'autres évenements dépassant le simple cadre de l'affrontement Est/Ouest. Ainsi, en 1968, lors des jeux de Mexico, les athlétes noirs Tommie Smith et John Carlos, 1er et 3ème du 200 m., lévent un poing ganté de noir et baissent la tête lors de l'hymne américain pour protester contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Suivis par d'autres protestations symboliques d'athlétes de la délégation américaine, cette action spectaculaire aura un grand retentissement dans l'opinion publique.
Plus dramatique, en 1972, lors des jeux de Munich, des terroristes palestiniens investissent le village olympique et prennent en otage 11 athlétes israéliens. Lorsque la police allemande, mal préparée pour ce genre d'opération donne l'assaut, c'est le bain de sang (les forces spéciales d'intenvention du type GIGN n'existent pas encore et seront justement inventées après ce drame), les terroristes exécutent leurs otages.
Un article sur le même thème sur le blog de Louis Brun
Un article plus large de l'indispensable Bricabraque sur l'utilisation politique des J.O.
Sur Terra Nova, un bon petit récapitulatif sur les jeux d'été.
Un travail de TPE très intéressant (mais aussi très discret sur ses auteurs ou sur l'établissement dans lequel il a été réalisé) sur les J.O.