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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 10:47

Composée à partir d' images de la NASA datant de 2003, voici une vision saisissante de notre planète, la nuit.

Les grands foyers de population, l'Asie de l'Est, Le sous-continent indien et l'Europe se détachent nettement, mais on peut aussi voir  que les différences matérielles sont criantes d'un continent à l'autre. Ainsi la côte Est des Etats-Unis, bien que  peuplée seulement de 200 millions d'habitants se distingue nettement par une débauche de lumières notamment le long des autoroutes alors que l'Amérique latine ou l'Afrique demeurent bien sombres.

Les grandes villes de l'archipel métropolitain apparaissent ici dans tout leur rayonnement.



Vous pouver zoomer sur cette carte en cliquant dessus, Grenoble et son Y caractéristique se distinguent nettement engloutissant Vizille au passage. Par contre La Mure et Bourg d'Oisans plus isolées peuvent s'appercevoir si on est attentif...

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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 20:47

En vue de l'interro de mardi prochain, vous pouvez vous reporter au parcours L/ES correspondant quelques pistes suplémentaires picorées notamment sur les sites de mes collégues (ceux que vous pouvez voir vous aussi sur le coté du blog) pour compléter notre cours sur la mondialisation.

 

Quelques cartes de la série "le dessous des cartes" qui vous présentent les indices qui permettent de calculer la richesse et la pauvreté dans le monde ainsi que les échanges et migations internationales. Il vous présente aussi ses dérives, mafias, zones grises et paradis fiscaux de tous poils.

Un autre croquis sur le site de Myriam Bred autour de la mondialisation, fait à la main celui là pour avoir un résultat effectif  plus proche du travail des élèves.

Le trafic aérien mondial en une journée, la place de la Triade y est particulièrement frappante


N'oubliez pas le quizz de révision qui est là pour vous aider à remettre en place vos connaissances.

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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 07:00

C'est un jour de grève mais même solidaire avec le mouvement, le blog fonctionne toujours. Partons ensemble visiter une métropole étonnante conçue comme une sorte d'oasis pour les ultra-riches de ce monde. Même avec un hypothétique 4400 euros par mois, comme le croit (ou plutôt essaye de le faire croire) notre cher ministre, vous n'êtes pas prêts d'y habiter.

 

Nous l'avons vu en cours pour boucler notre étude de la mondialisation : Parmi les grandes cités de l'archipel métropolitain, une ville semble symboliser toute la démesure de celle-ci : Dubaï.


                                                         Le front de mer


Dubaï City est la capitale du petit émirat du même nom qui s'est uni à 6 autres minuscules royaumes côtiers pour former en 1971, les Emirats Arabes Unis. Dirigée par un monarque absolu, l'émir Mohammad ben Rached Al-Maktoum (par ailleurs propriétaire du Dubaï, le plus long yacht du monde avec ses 168 m.) cette petite ville semi indépendante des Emirats Arabes Unis est devenue ces dernières années un espace hors du monde, une sorte d'oasis où les plus riches du monde peuvent se retrouver entre eux dans un espace bénéficiant en plein coeur du désert de toutes les richesses et les commodités possibles. Vous voulez skier, amarrer votre yacht à votre île privée, faire vos courses dans des centres commerciaux où les seules boutiques s'appellent Chanel ou Cartier ?

Bienvenue à Dubaï.

Dubaï se conçoit comme un lieu étrange, un peu hors du monde en apparence.

La ville a toujours été un point de passage important à l'échelle mondiale : bâtie sur une escale traditionnelle des marchands du monde entier, la ville a connu une expansion grace à la traite négrière (l'esclavage ne fut officiellement aboli qu'en 1950), puis grace au pétrole et au commerce. L'Islam sunnite le plus rigoriste y est la religion officielle, mais pour les étrangers fortunés des dérogations existent. La ville s'est dôté d'un gigantesque port de commerce centré sur le pétrole mais, conscient que cette ressource n'est peut-être pas inépuisable, elle a décidé de se tourner vers le tourisme.


La ville est de taille moyenne: 1,2 millions d'habitants mais seulement 10 % d'émiratis
, les habitants des Emirats Arabes Unis. le reste est composé de trois types d'immigrés très distincts. Une énorme main d'oeuvre venue de nombreux pays du Sud, notamment asiatiques ou est-africains, généralement  musulmans (Pakistan, Inde , Bengladesh ou pour l'Afrique Somalie, Ethiopie) qui occupe la quasi totalité des emplois manuels (entretien, construction, services). Ce sont pour leur immense majorité des hommes célibataires, venus pour une durée limitée, expulsables à tout moment, étroitement surveillés et contrôlés et qui n'ont pas vocation à rester. Il y a ensuite des ingénieurs étrangers venus de la Triade pour superviser la construction et le fonctionnement de la ville et enfin les résidents fortunés de passage dans les hôtels de luxe ou permanents qui peuvent s'offrir une île privée ou une residence tout confort. Vous y rejoindrez peut-être Richard Branson le patron de Virgin, Michael Shumacher ou Brad Pitt et Angelina Jolie...

La ville est aujourd'hui dotée de 300 hôtels et possède près de 600 gratte-ciel. Son architecture "délirante" est devenu le symbole du gigantisme de la mondialisation. Les bâtiments sont tous forcément les plus.. grands/luxueux/modernes (rayez les mentions inutiles) du monde. Ainsi le Burj-al-Arab, le plus haut hôtel mondial, bâti sur une île au large de la ville, avec sa forme carctéristique de voile de bateau et où les suites peuvent se négocier 28 000 $ la nuit. Ou la Tour de Dubai qui avec ses 819 m et ses 211 étages qui promet d'être le plus haut gratte-ciel du monde. Ou ces îles artificielles en forme de palmiers ou de carte du monde devenues le symbole architectural de la ville.

On vient du monde entier faire du shopping au Deira City Centre avec ses 350 boutiques qui est considéré comme le plus grand centre commercial du Moyen-Orient. Les magasins de marque en "duty free" de Dubai attirent des touristes aisés en quête de bonnes affaires lors d'un week-end shopping. L'Emirat vise les 15 millions de touristes en 2010.


Des projets sont encore en construction comme ces tours pivotantes prévues pour 2010 où chaque étage peut changer d'orientation avec le soleil selon le désir de son locataire. Un projet très sérieux puisque Moscou doit aussi voir la création d'un immeuble de 70 étages sur ce modèle. Et partout fleurissent les constructions prestigieuses. Un hôtel de glace ? Un aquarium géant où on peut nourrir les requins ? Une station de sport d'hiver d'interieur ? Rien n'est trop beau, rien n'est trop fou pour attirer les touristes dans cet eldarado climatisé (Avec une température extérieure moyenne qui oscille entre 35 et 40°, qui serait assez fou pour sortir ailleurs que sur les plages !).


Visitez Dubaï au travers de cette vidéo promotionnelle:


Dubai ''palm Island'' -

L'excellent article de J.C. Diedrich sur cette ville qui a servi de base de travail pour celui-ci.
Le site de l'office de tourisme de Dubaï.
Le forum des francophones de Dubaï les expatriés s'expriment sur leur nouvelle cité non sans humour. un forum bourré de photos et de vidéos sur la ville
Mais Dubaï subit aussi les contrecoups de la crise économique comme le raconte cet article du Figaro.
Sur l'envers du décor, des émission de radio de la série "Là bas si j'y suis" de France Inter sur les conditions de vie des travailleurs immigrés de Dubaï






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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 17:07

Nous avons vu au travers du film "Bataille à Seattle", la naissance de l'altermondialisme moderne, en réaction à la tenue dans cette ville du Nord-Ouest des Etats-Unis de la troisième grande conférence internationale de l'Organisation Mondiale du Commerce (World Trade Organisation en anglais), née en 1995.

Mais qu'est précisement cette organisation contestée et quel est son rôle exact ?

L'OMC est la continuation d'un grand projet de l'ONU, lancé après la seconde guerre mondiale visant à ouvrir tous les pays au commerce mondial et à limiter le retour au protectionnisme et à la fermeture des frontières.

En effet après la crise de 29 et la seconde guerre mondiale, beaucoup d'économistes ont développé l'idée que le protectionnisme et la nationalisme économique n'ont fait que renforcer les incompréhensions entre les peuples, et favorisé la montée des totalitarismes puisque personne ne dialoguait pour fixer des règles de protection communes contre les crises économiques..

D'où l'équation suivante : commerce mondial = paix mondiale. On ne fait pas la guerre avec ses partenaires économiques. Un idée qui s'inscrit d'ailleurs parfaitement dans la vision occidentale de la guerre froide et qui aboutira au passage aussi à la création de la future Union Européenne.


C'est ce qui explique la création en 1947 de "l Accord Général sur les Tarifs Douaniers et le Commerce", rapidement connu sous son nom anglais GATT : General Agreement on Tariffs and Trade est signée par 23 pays du camp pro-américain et reçu avec méfiance par l'Union Soviétique.

Il repose en gros sur les principes suivants : baisse des droits de douanes en vue de leur suppression définitive, interdiction de subventionner ses exportations ou de favoriser un pays au détriment des autres. Le commerce mondial peut ainsi se developper extraordinairement pendant ce dernier demi-siècle.

Les pays signataires de ces accords, rejoints progressivement par d'autres, négocient dans des accords-marathons ( les "rounds" qui prennent le nom de la ville qui accueille ces tractations) où chacun essaye de défendre ses avantages tout en ouvrant le commerce au maximum. Au milieu des années 90, la plupart des grands pays du monde ont fini par rejoindre cet ensemble, mais les négociations restent souvent à l'avantage des pays du Nord plus puissants et plus organisés.



Mais le caractère long et épisodique du GATT n'est plus suffisant, il faut une véritable organisation qui serve d'arbitre et qui permette à chaque pays d'être mieux representé. La dernière discussion du temps, l'Uruguay Round, a duré 8 ans et la négociation a été acharnée pour gerer la question de l'agriculture ou de la propriété intellectuelle.

Ce sera l'OMC, crée en 94 où chaque pays a une voix et qui permet de gérer les conflits commerciaux. Elle dispose d'une organisation fixe basée à Genève et de réunions dont la plus importante est celle des ministres de l'économie tous les deux ans. Elle dispose de "l'Organe de Règlement des Différends", une sorte de "pouvoir juridique" qui peut régler les conflits commerciaux entre les pays.

C'est là que repose l'une des principale difficulté du système:  en effet les conflits sont fréquents entre les pays car les conceptions mêmes de la liberté du commerce varient d'un pays à l'autre. Beaucoup de pays du Sud ne veulent pas qu'on remettent en cause leurs bas salaires ou les délocalisations. Les pays du Nord ne sont pas prêts à abandonner la subvention de leur agriculture qui leur permet de garantir les emplois de leurs paysans.

De même de nombreuses compagnies pharmaceutiques du Nord ont poussé leurs ministres à freiner la mise en place de copies de médicaments bon marché pour traiter les malades des pays pauvres au nom du respect des brevets commerciaux. On peut encore citer  les Etats-Unis qui ont dénoncé le refus par la plupart des pays européens des produits à base d'OGM ou du boeuf élevé aux hormones de croissance au nom de la santé publique ,comme une façon de faire du protectionnisme déguisé.

C'est pourquoi l'OMC est souvent dénoncée par les mouvements altermondialistes comme la représentation de la mondialisation commerciale aveugle qui broye les petits, favorise les multinationales et sacrifie tout, nature, condition de vie des ouvriers, santé, démocratie locale au nom du commerce. Les réunions de cette organisation sont devenus comme à Seattle l'occasion pour les groupes defendant l'altermondialisme de manifester régulièrement, parfois avec violence.

L'OMC est à l'heure actuelle en discussion : Les petits pays du Sud qui n'ont pas toujours les moyens de maintenir des délégués en permanence, se plaignent d'être souvent laissées de côté. De même il faudrait faire des efforts pour mieux associer les Organisations Non Gouvernementales qui permettraient de mettre davantage en avant la question du respect des droits humains et de ne pas réduire l'économie qu'à des bilans comptables.



Néanmoins malgré ses défauts et sa lourdeur, l'OMC, dirigé par le français Pascal Lamy, et son ancêtre le GATT (qui n'a pas disparu car les négociations existent toujours et dépendent désormais de l'OMC), est un des acteurs majeurs de la mondialisation de l'économie. toujours fidèle à sa vision de l'économie ouverte, elle 
cherche à s'affirmer comme un pôle de stabilité en cette période de crise financière mondialisée où la tentation d'un retour au protectionnisme et à la fermeture des frontière se fait jour chez nos politiques.

Sources et pistes de recherche:
Un dossier très complet mais un peu aride
de la Documentation Française.

Le site de l'OMC

Un dossier très critique du Monde Diplomatique, journal proche des mouvement altermondialistes.

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 01:16

Voici la présentation Powerpoint que nous avons vu en cours.
J'ai privilégié autant que possible la lisibilité d'un croquis dont le principal problème demeure justement la multiplicité des informations (notamment les flux)  et donc le risque de surcharge.

Pour retrouver et télécharger le fond de carte correspondant sur le site de l'académie d'Aix -Marseille.


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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 21:07

La mondialisation , c'est aussi la possibilité d'avoir la planète à portée de main.

"14 months in the making, 42 countries, and a cast of thousands. Thanks to everyone who danced with me."

 Voilà de quoi se mettre en joie pour commencer notre étude de ce nouveau chapitre de géographie.


Where the Hell is Matt? (2008)


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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 22:34

Nous avons déjà évoqué ici la déconfiture du marché de l’immobilier américain lors de la crise des subprimes et les conséquences économiques et sociales qui en ont suivi aux Etats-Unis : expulsion en masse des petits propriétaires ne pouvant plus rembourser leurs dettes, faillites en cascade des banques, des assurances et des organismes de crédit et retour précipité de l’investissement de l'état pour sauver ce qui pouvait encore l’être et éviter la faillite du système.

 

Tout ça se passe aux Etats-Unis.

 

Sauf que grâce à notre économie mondialisée, c’est toute la planète financière qui s’apprête à boire la tasse.

 Une allégorie superbe de l'économie globalisée par le journal économique "The Financial Times" où les immeubles des plus grands centres d'affaires du monde (l'Arche de la Défense à Paris, la Tour 101 de Taipei,  le "Concombre" de Londres etc...) semblent  ne plus faire qu'une seule ville mondiale.

En effet cela fait maintenant des siècles que l’argent circule bien plus vite que les êtres humains. On pourrait revenir aux banquiers italiens finançant les cours d’Europe à coup de lettres de crédits ou aux investisseurs espagnols organisant l’exploitation des plantations et des mines du Nouveau Monde et l’affrètement de bateaux pour aller chercher les esclaves pour aller y travailler (un variante du concept de délocalisation si on y réfléchit bien). Mais sans aller si loin il faut bien se rappeler que le formidable essor des moyens de communication a permis d’envisager le commerce et surtout les échanges d’argent de façon mondiale.

 

Le télégraphe, puis le téléphone, le satellite, l’ordinateur ont rendu le transport d’informations universel et instantané. Les financiers ne raisonnent plus dans le cadre étroit de leurs marchés nationaux mais peuvent désormais jouer en bourse à Paris, New York, Singapour ou Tokyo sans quitter le confort de leur bureau. Le long des fuseaux horaires, on pourra toujours trouver une bourse ouverte quelque part dans le monde et passer ses ordres bancaires d’un simple clic de souris.

 

Les banques du monde entier ont ainsi investi ou emprunté de l’argent un peu partout au gré des opportunités financières. Et les plus importantes d’entre elles se trouvent tout naturellement dans la première économie mondiale : les Etats-Unis.

 

C’est pourquoi toutes les grandes banques ou assurances européennes ou asiatiques ont investi massivement sur le marché américain. Eblouies par les profits escomptés sur ce marché prometteur elles n’ont pas toujours vu l’état de dégradation du marché et la multiplications des crédits « pourris » qui commençaient à s’accumuler. Et pourtant les indices du surendettement et de la difficulté de se faire rembourser pour les banques américaines étaient de plus en plus visibles. Mais la culture des sociétés financières est au profit rapide et immédiat, de manière à générer de grosses marges bénéficiaires qui vont contenter les actionnaires sans trop se soucier des conséquences à long terme. De toute façon, ces dernières années, les patrons des grandes banques ou sociétés qui ont fait plonger leurs firmes par incompétence ont toujours pu quitter leur poste avec des primes se chiffrant en milliers d’euros. C’est ce qu’on appelle familièrement les "parachutes dorés" votés par les représentants des actionnaires, qui sont pour la plupart issus des mêmes milieux patronaux et qui permettent aux dirigeants des grosses entreprises de toucher des primes de départ conséquentes même quand ils ont eu des mauvais résultats. On préfère ensuite se rattraper en licenciant des employés ou en fermant des succursales ou des usines.

 

Toujours est-il que la dégringolade des organismes de prêts américains commence à se répercuter en Europe et en Asie. La crise immobilière s’est transformée en crise financière Nos groupes européens ne peuvent plus récupérer leur argent investi dans des banques qui font faillites ou dont les caisses sont vides. Lundi 29 septembre, c’est l’équivalent du PIB de l’Espagne qui est partie en fumée à Wall Street.

                                                                                               Dessin de Lasserpe


D’où une panique qui met à mal tous les marchés financiers surtout avec les faillites spectaculaires de grandes banques américaines comme Lehman Brothers, un mastodonte de la finance vieux d’un siècle. Ce genre de société tellement implantée dans la vie des américains qu’on avait fini par les croire des institutions indestructibles comme pourraient l’être chez nous des marques de confiance comme le Crédit agricole ou la Caisse d’Epargne. La peur s’est donc emparée des places boursières. Plus personne ne veut prendre le risque d’investir, tout le monde demande à récupérer son argent déposé dans des banques mettant le couteau sous la gorge de ces sociétés qui se retrouvent à cours de fonds.

 

Un grand nombre de grosse firmes européennes se trouve en difficulté: Un exemple : Dexia, géant franco-belge de la banque et de l’assurance dont les filiales américaines sont ruinées par la crise se retrouve au bord de la faillite. Tant pis pour elle pourrait-on se dire. C’est la loi de l’économie normalement… Sauf que Dexia est le leader des prêts aux mairies, pour leurs projets et leurs travaux. Si on la laisse tomber, elle va logiquement se retourner vers ses créanciers et donc ce sont toutes les mairies qui vont devoir rembourser leurs emprunts en catastrophe. Ruine des municipalités en perspective…

Source : Libération.fr 



D’où sa recapitalisation.
C'est-à-dire donner de l’argent public à ces sociétés pour apurer leurs comptes et restaurer la confiance du marché financier. Les états belges, français et luxembourgeois réinjectent 5 milliards d’euros pour éviter la faillite de Dexia. En échange, les états se retrouvent partiellement propriétaires de la firme. C’est une forme de nationalisation : reprise en main par les états des sociétés privées. Ce n’est pas de gaité de cœur pour les gouvernements européens plutôt portés vers le modèle libéral. Depuis les années 80, la tendance était plutôt à la privatisation : vendre au marché privé les entreprises de service public : TF1, les autoroutes, Air France, France Télécom bientôt la Poste. Changement de cap, l'état redevient propriétaire d'entreprises malades pour les sauver.

 

Est-ce au contribuable de renflouer des sociétés qui ont joué en bourse comme dans un grand casino. Privatiser les gains, nationaliser les pertes ? Logiquement non. Sauf que si les banques coulent, ce sont toutes les économies de leurs petits clients qui disparaissent. Toutes vos économies ! Quand aux pays en voie de développement qui doivent énormément d’argent aux banques internationales, elle risquent encore de se voir pressurer davantage pour rembourser leurs dettes.

 

Devinez qui va trinquer si le système financier s’effondre…

Sur le modèle de ce qui s’est passé avec Freddie Mac et Fannie Mae aux Etats-Unis, les états européens et asiatiques renflouent leurs sociétés. Mardi la Banque du Japon  a remis 3.000 milliards de yens (19,5 milliards d'euros) dans son système bancaire, intervenant pour la 10e journée ouvrable consécutive. Au Royaume-Uni, le gouvernement a été contraint lundi de nationaliser la banque Bradford & Bingley. Après avoir longtemps dénoncé le poids de l’état dans l’économie, le patronat européen tourne sa veste et vient quémander l’aide du pouvoir politique. Aux Etats-Unis le secrétaire au Trésor Henry Paulson a proposé un plan d’aide de 700 milliards de dollars pour renflouer l’ensemble des banques américaines et restaurer ainsi la confiance financière. Plan refusé par une majorité de membres de la chambre des représentants accrochés à l’idée que l’état n’a pas à se mêler des affaires économiques privées même si les dégâts risquent d’être important pour les bas de laines du citoyen lambda.

 Le système financier sera probablement sauvé par la puissance publique, seule capable de restaurer ce qui fait la valeur des monnaies et des actions : la confiance. Bref cette crise sans avoir encore l’ampleur de celle de 1929 risque de marquer le retour au premier plan des états comme acteurs majeurs de l’économie mondiale.

Il faudrait aussi esperer que cette crise serve de leçon à nos chers banquiers et traders si sûrs de leur clairvoyance. Mais il ne faut pas se faire d'illusions, ce n'est pas la première crise de grande ampleur. Une fois que le contribuble aura payé pour leurs bévues, tout va redemarrer comme avant. Ce n'est pas la première crise grave du système financier et à chaque fois, malgré les régulations, la bourse a recommencé à flamber de façon totalement irrationnelle jusqu'à la crise de panique suivante...

La crise au jour le jour vu par le journal économique : « les Echos »
L'avis de Jean-Christophe Diedrich accompagné d'explications économiques qui éclairent cette crise.
L'excellent article sur le sujet de Bruno Sentier

 Source :Le Monde.fr

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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 10:35

undefinedJeudi soir, dans un hôtel de luxe de Bangkok en Thaïlande, s'est déroulé une spectaculaire arrestation : celle de Viktor Bout l'un des plus grand trafiquant d'armes mondial. Ce russe de 41 ans qui fit fortune lors de l'effondrement de l'Union Soviétique a été la principale inspiration du personnage de Youri Orlov, incarné par Nicolas Cage dans "Lord of War" que nous avons vu en début d'année.

Surnommé "le marchand de mort", recherché par plusieurs polices internationales, il a fini par être coincé par 2 agents de Drug Enforcement Agency américaine en collaboration avec les polices thaïes, roumaines et bulgares. Ceux-ci s'étaient fait passer pour des émissaires des FARC, la guerilla colombienne, venus négocier l'achat d'hélicoptères, d'armes automatiques et de lance-roquettes. Après plusieurs rencontres préalables avec ses intermédiaires, aux Antilles ou en Roumanie, ils ont fait sortir le loup de sa tanière et ont pu l'arrêterundefined.

Tout au long de sa carrière, Bout, ancien officier soviétique parlant 6 langues, a alimenté en armes les talibans afghans, l'UNITA angolaise ou le dictateur libérien Charles Taylor qui le payait en diamants. Propriétaire d'une flotte d'une cinquantaine d'avions, il avait même loué ses services pour transporter des troupes américaines en Irak en 2003. Détenu en Thaïlande, peu causant pour l'instant, Bout intéresse du monde et déjà entre les Etats-Unis, la Russie, nombreux sont les pays qui demandent son extradition.


                                                                                                 Bout (à gauche), du temps où il
                                                                                                  abreuvait l'Afrique en armes...

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5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 14:31

Nous avons vus ensemble que si les sociétés multinationales s’intéressent aux pays du Sud, c’est essentiellement du fait du faible coût de leur main d’œuvre. Toutefois, il ne faut jamais oublier que même avec un pouvoir d’achat très inférieur à celui des pays riches, il y a là des milliards de clients potentiels qui rêvent de pouvoir consommer à l’occidentale alors que le marché de la Triade est lui saturé.

 

De nombreuses firmes occidentales se sont donc mis à produire spécifiquement pour les marchés émergeants du Sud.

 

Ainsi Renault. La grande société automobile française, malgré une alliance avec le groupe japonais Nissan, voyait depuis les années 90 ses ventes stagner, voire régresser sur le marché européen. C’est alors qu’en 2004 elle lance un projet audacieux, une berline à 5000 € pour le marché d’Europe de l’Est : la Logan. (A l’époque une voiture équivalente comme la Clio vaut plus du double en France.)dacia-logan.jpg

 

Celle-ci est produite par les usines Dacia située en Roumanie et rachetée en 1999 par Renault. Dacia fondée dans les années 60 sous le régime communiste dirigé par Nicolae Ceausescu a produit des voitures pour le marché des pays de l’Est. Des voitures de qualité médiocre, mal équipées, copies de produits occidentaux (notamment de Renault qui avait vendu à Dacia les droits de reproduire certains de ses modèles) mais qui bénéficiaient de l’absence totale de concurrence sur le marché roumain où les voitures étrangères étaient interdites.  Mais lorsque le communisme s’effondra en 1989 et que les frontières s’ouvrirent aux produits occidentaux, la société Dacia technologiquement dépassée sombra et fut rachetée par Renault. En effet il y avait là des chaînes de montage et du personnel qualifié.

 
La Logan est donc prévue au départ pour les anciens pays communistes d’Europe de l’Est. Pour réduire les coûts, on crée une voiture solide, facilement réparable dans des pays où l’état des routes est souvent mauvais. L’esthétique importe peu, on élimine toutes les options (lève-vitres électrique, ABS, airbags) même si des efforts sont faits pour les rendre peu polluantes et relativement sûres. Mais ce qui permet de garantir des prix bas, c'est surtout que le salaire moyen dans ces usines est de 326 euros par mois.
 

0--2180530-4-00.jpgCe fut un succès, Dacia qui emploie 11.000 personnes à Pittesti a publié un bénéfice net de 72 millions d’euros en 2006. A tel point que Renault décida de lancer la Logan ailleurs qu’en Roumanie. En Russie (où elle s’appelle Renault Logan) puis en Afrique, en Amérique du Sud et en Iran associé au constructeur local Khodro sous le nom Renault Tondar 90. En ce moment Renault lorgne sur le marché Chinois et cherche à y trouver des usines de montage... Des usines sont en train d’être montées au Brésil et au Mexique où la voiture sortira sous le nom Nissan Aprio (Nissan est mieux implanté en Amérique). Une vraie voiture mondialisée.

La société Renault en difficulté financière il y a cinq ans, ré-engrange de nouveau via ses filiales dans les Pays d'Europe Centrale et Orientale, puis dans les pays en développement, de copieux bénéfices qui en font la 9ème entreprise automobile mondiale devant P.S.A. (Peugeot-Citroen). On voit même des Logan arriver en Europe de l’Ouest. Certes plus chères car un peu mieux équipées pour répondre à nos exigences, mais pour 9000 € cela reste la voiture la moins onéreuse sur le marché. Là encore un vrai succès public, à tel point que Renault commence à s’inquiéter de voir ses voitures roumaines bon marché concurrencer ses propres modèles « classiques »...

cartedacia.jpg
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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 11:28
La thèse de Samuel Huntington que nous avons en cours avec les TL sur le choc des civilisations est sorti en 1993 pour contredire celle de Francis Fukuyama qui dans "La Fin de l'Histoire" prédisait l'arret des conflits dans le monde avec la fin de l'affrontement Etats Unis/URSS. Originale à l'époque et rappelant des réalités socio-culturelles un peu oubliées avec la guerre froide, cette idée est devenue particulièrement séduisante après les attentats du 11 septembre 2001 jusqu'à devenir la grille de lecture principale du monde de l'administration Bush, jusqu'à gommer toute réalité politique, économique ou historique. Huntington est d'ailleurs devenu un des penseurs néo conservateur, son dernier ouvrage "Who are We? The challenge to America's national identity" met en avant l'identité anglo saxonne et protestante des Etats Unis face à la "menace" de l'immigration hispanique aux Etats Unis.

 

choc-civili.gif            (source : le Courrier International. Site stellamaris-edu-net. clickez pour agrandir)



Voici le film de la série "Le dessous des cartes" que nous avons vu en cours et qui remet en question cette thèse.



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