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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 22:57

L'Accord de Libre Echange Nord Américain (ou North American Free Trade Exchange) a marqué la naissance d'une zone de libre échange commerciale entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique. Ce traité, signé en 1992 et rentré en vigueur le 1er janvier 1994 devait être le début d'un projet plus vaste visant à créer un large espace commercial sur l' ensemble du continent américain pour concurrencer l'Union Européenne qui à cette époque s'affirmait avec le traité de Maastricht. 



splash.jpg


Ce traité de libre échange s'inspire d'un accord déjà existant depuis 1989 entre le Canada et les Etats-Unis. Par contre, contrairement aux institutions européennes, il est purement commercial et ne vise aucunement à créer un pouvoir politique  ou des lois communes en dehors d'accords marchands. Il s'agit en fait ici de faciliter les échanges et d'éviter les litiges économiques entre les trois pays.

L'article 102 de l'ALENA pose les principes suivants entre les Parties c'est à dire les pays concernés:

" Les objectifs du présent accord,(...) sont les suivants :

a) éliminer les obstacles au commerce des produits et des services entre les territoires des Parties et faciliter le mouvement transfrontalier de ces produits et services;

b) favoriser la concurrence loyale dans la zone de libre-échange;

c) augmenter substantiellement les possibilités d'investissement sur les territoires des Parties;

d) assurer de façon efficace et suffisante la protection et le respect des droits de propriété intellectuelle sur le territoire de chacune des Parties;

e) établir des procédures efficaces pour la mise en oeuvre et l'application du présent accord, pour son administration conjointe et pour le règlement des différends; et

f) créer le cadre d'une coopération trilatérale, régionale et multilatérale plus poussée afin d'accroître et d'élargir les avantages découlant du présent accord. "

Les trois pays membres ont ainsi demantelé leurs barrières économiques au nom du libre échange en supprimant les droits de douanes et en clarifiant et harmonisant leur droit commercial. Par contre, contrairement à l'Europe, la libre circulation ne s'applique qu'aux marchandises, pas aux personnes. S'il n'y a plus de séparation physique entre le Canada et les Etats-Unis qui ont le même niveau de vie, la frontière n'a cessée de se renforcer avec le Mexique, pays du Sud, pour empécher une immigration massive.

De nombreuses entreprises américaines ou canadiennes se sont délocalisées à la frontière mexicaine pour profiter d'une main d'oeuvre bon marché dans ce qu'on appelle les usines "maquiladoras". Des usines de montage destinées au marché des pays riches mais profitant d'ouvriers "latinos" en moyenne sept fois moins chers que leurs homologues "gringos".

TopTradingPartners.gifLa croissance économique a été forte pour toute la région et les trois pays en ont largement profité pour doper leurs échanges. Des échanges qui atteignent 946 milliards de dollars en 2008 soit un triplement depuis 1994. Comme on le voit sur ce graphique des partenaires économiques des Etats-Unis en 2004, le Canada et le Mexique représentent 30% du commerce. Le Mexique lui même a globalement profité de ces emplois nouveaux et de l'afflux d'investissements venus du Nord et a vu son économie s'accroître considérablement. Face à la constitution de grands ensembles économiques, comme l' Union Européenne ou l' ASEAN, c'est aussi le moyen pour les pays américains de ne pas se retrouver isolés dans la compétition économique internationale.

Mais de nombreuses critiques sont aussi venues remettre en cause ce projet. D'abord il n'est qu'économique. On est encore loin de voir la frontière Sud des Etats-Unis s'ouvrir aux flots de migrants qui rêvent de tenter leur chance au delà du Rio Grande (ou Rio Bravo comme on dit au Mexique). On a même vu le mur de séparation à la frontière et les "border patrols" se renforcer. Les camions passent, pas les hommes (en tout cas dans le sens Sud-Nord) comme le
chante Lila Downs.

laborday.gifL'enrichissement n'a pas profité à tout le monde que ce soit au Mexique ou aux Etats-Unis et a surtout été bénéfique pour les dirigeants et les actionnaires. On a même vu se créer une compétition aux bas salaires entre les villes mexicaines pour attirer les sociétés du Nord. Les petits paysans et artisans mexicains n'ont pas pu résister à l'arrivée à bas prix des produits agricoles étatsuniens et canadiens et ont été ruinés. Aux Etats-Unis et au Canada, les pertes ont été grandes pour l'emploi industriel, en effet de nombreuses entreprises en ont profité pour se délocaliser au Mexique mettant du monde au chômage. Une question qui revient régulièrement lors des campagnes électorales. L'un des paradoxes de ce système fait qu'au final les Etats-Unis importent plus qu'ils n'exportent du Canada et du Mexique aggravant leur déficit commercial. Mais un déficit apparent car si les produits sont fabriqués au Mexique, ils appartiennent à des entreprises américaines. Dernier reproche majeur de nombreuses entreprises polluantes ont profité d'une législation beaucoup moins contraignante sur les normes anti pollution au Mexique et s'y sont installées pour polluer tranquillement. (image :"Usine américaine. Sur l'affiche : Fête du travail : cette année le pique-nique aura lieu au Mexique où votre boulot est parti")

En fait si globalement l'ALENA a été très positif économiquement, il a aussi amplifié les inégalités sociales au Mexique ainsi que sa dépendance notamment financière auprès des Etats-Unis. Les heurts de la crise de 2008 ont touché par contrecoup l'économie du Mexique qui a vu son chômage bondir. 

Carte1mDans la foulée, les Etats-Unis ont essayé d'initier la ZLEA (Zone de Libre Echange des Amériques), cette fois ci étendu sur tout le continent de "l'Alaska à la Terre de Feu" selon l'expression du président George H. Bush (le père) au début des années 90.  Malgré les appels du pied des Etats-Unis, les autres pays d'Amérique Latine ne sont pas très enthousiastes à l'idée de rejoindre un hypothétique marché commun américain sur le modèle de l'ALENA. Il existe déjà d'autres accords de ce type en Amérique dont le principal,  initié par le Brésil et l'Argentine, s'appelle le MERCOSUR, qui vise à une plus grande coopération sur le modèle européen et se méfie des ambitions américaines. La ZLEA qui devait démarrer en 2005 est restée au point mort et se heurte à la méfiance des grands pays d'Amérique du Sud. Un projet mort et enterré a même déclaré le premier ministre canadien Stephen Harper en mai 2009.



Pour compléter :

Le site officiel Alenaaujourd'hui.org produit par les trois pays signataires vante les réussites de cet accord. 

Le site officiel du secrétariat de l'ALENA (en trois langues, anglais, espagnol et, Canada oblige, en français.). Intéressant avec notamment de nombreux textes expliquant le fonctionnement de cette association mais un peu aride à parcourir.

Un article du journal proche des altermondialistes "Le Monde Diplomatique" qui dénonce
les effets destructeurs de l'ALENA sur les petits paysans mexicains.

Un dossier très riche d'Etienne Augris sur la frontière américano-méxicaine

Sur le Mercosur, le très riche Atlas du Mercosur en ligne qui détaille ce projet dont nous reparlerons ici bientôt.

nafta cartoon
(Caricature anti ALENA :
Au centre: société américaine qui tient dans ses mains l'ALENA et l'
OMC (WTO): "Enfin le libre échange, enfin le libre échange, merci Dieu tout puissant nous avons le libre échange"
A gauche : travailleurs américains : licenciement massifs, disparition des droits des travailleurs"
A droite: travailleurs étrangers: "payes d'esclaves, pas de droits du travail")

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 15:55

A Washington, devant le Capitole, dans le froid hiver du Nord-Est des Etats-Unis, Barack Obama vient de prêter serment de fidélité à la constitution pour devenir officiellement le 44ème président américain (et premier noir à ce poste).

 


Une cérémonie très codifiée dans un pays où le système electoral suit un précis et quasi religieux. Barack Obama a ainsi choisi de préter serment sur la Bible d'Abraham Licoln, le président qui supprima l'esclavage et qui symbolise la droiture et l'honnêteté pour les américains. Contrairement à ce que l'on pense souvent, cet aspect religieux n'est d'ailleurs pas une obligation, juste une habitude dans un pays très croyant. Théodore Roosevelt en 1904 n'utilisa pas la Bible et ne cita pas Dieu dans son serment pour bien marquer la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

La date de l"'Inauguration Day" est fixée au 20 janvier. Heureux hasard, cette cérémonie d'investiture tombe le lendemain du "Martin Luther King Day", jour férié le 3ème lundi de janvier, pour commémorer la lutte des noirs pour l'égalité. La symbolique entre ces deux événements n'a bien entendu échappé à personne aux Etats-Unis.

La cérémonie suit un protocole rigoureux.  Le Vice Président, prête serment le premier devant le président de la Cour Suprême :

« I do solemnly swear that I will support and defend the Constitution of the United States against all enemies, foreign and domestic, that I will bear true faith and allegiance to the same: that I take this obligation freely, without any mental reservation or purpose of evasion, and I will well and faithfully discharge the duties of the office on which I am about to enter. So help me God. »

« Je jure solennellement  que je soutiendrai et défendrai la Constitution des États-Unis contre tous ennemis, externes ou intérieurs, que je montrerai loyauté et allégeance à celle-ci, que je prends cette obligation librement, sans aucune réserve intellectuelle ni esprit de m'en distraire et je vais bien et loyalement m'acquitter des devoirs de la charge que je m'apprête à prendre. Que Dieu me vienne en aide. »

Puis le président prête ensuite serment à son tour :

« I do solemnly swear that I will faithfully execute the office of President of the United States, and will to the best of my ability, preserve, protect, and defend the Constitution of the United States. »

« Je jure solennellement que j'exécuterai loyalement la charge de président des États-Unis et que du mieux de mes capacités, je préserverai, protégerai et défendrai la Constitution des États-Unis. »


2 millions de personnes sont sur place, du jamais-vu dans l’histoire du pays. Des centaines de milliers de fans venus du monde entier ont déjà envahi la capitale, pour assister au concert géant de dimanche soir et mis près de 20 000 membres des forces de l’ordre en alerte. Le tout pour un coût estimé de 50 millions de dollars

L'Amérique et le monde en ces temps de crise sentent bien que cette prise de pouvoir est un changement très attendu après les 8 années de présidence Bush qui ont laissé le pays affaibli et décredibilisé sur le plan international. Le discours sans être révolutionnaire se veut rassurant et rassembleur. Il reprend des formules de King, Lincoln et Franklin Roosevelt, le président qui liquida la crise de 29. Une analyse plus en profondeur de ce discours sur le site du Nouvel Observateur.



La signature de Barack Obama

Mr Augris sur son blog
revient sur cette journée de prestation de serment et fait le parallèle avec celle de John Kennedy quarante ans plus tôt.

Le Parisien présente un dossier qui reprend tous les grands moments de cette cérémonie

Et si vous passez en Californie, allez faire tour à Legoland qui propose la cérémonie d'investiture en Lego...


La prestation de serment suivi du discours inaugural traduit par la chaîne PublicSenat
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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 13:41

Voici la proposition de correction de devoir autour du sujet : "Inégal dynamisme du territoire américain", que nous avons donc corrigé hier en classe.

Ce n'est bien sûr pas la seule possibilité de correction pour cette carte. Ainsi je n'ai pas rajouté l'ALENA, la bourse ou les technopoles pour ne pas surcharger le croquis et m'en tenir à une douzaine d'éléments facilement mémorisables pour l'examen.

Comme d'habitude j'ai essayé de privilégié l'enchaînement des informations et la lisibité du croquis en détaillant la légende pas à pas.







Retrouvez ici le fond de carte à imprimer pour vous entraîner. Vous pouvez cliquer dessus pour l'agrandir


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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 22:15


Avec un peu de retard, voici comme promis à mes élèves le diaporama sur la ville américaine que nous avons utilisé en cours, avec quelques précisions supplémentaires.



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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 23:07

Let it snow, let it snow, let it snow...

Surpris comme beaucoup de grenoblois par la tempête de neige qui s'est briévement abattue sur notre région vendredi dernier au matin, je me suis retrouvé dans l'impossibilité de me rendre à Vizille pour mes cours du matin.

 

En attendant de corriger notre carte de la population américaine voici un petit jeu pour retrouver les villes que je vous ai demandé de placer sur le croquis.

Saurez vous retrouver quelques unes de ces cités par leurs surnoms

 

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24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 23:59

Pour préparer les Etats-Unis que nous allons aborder mercredi (n'oubliez pas votre croquis de la population), voici quelques données statistiques intéressantes compilées de façon amusante dans l'édition du 23 au 29 octobre du "Nouvel Observateur"; je vous les passerai en photocopie mercredi mais tant qu'à faire autant les voir en couleur.

 

Vous pouvez cliquer dessus pour les agrandir.

 

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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 20:58
Cette fois ça y est, les américains font la queue devant les bureaux de vote, la particpation semble élevée. Pas la peine de veiller toute la nuit pour connaître les résultats, les premières estimations devraient arriver vers 03h00 heure française, mais sauf écart colossal entre les deux candidats,  les premières véritablement fiables devraient être effectives plutôt vers 06h00

Radio France Internationale tient le compte des sondages en sortie des urnes et permet de suivre de façon assez précise le déroulement du scrutin, pour l'instant plutôt en faveur d'Obama.

Un lien très interessant vu sur le blog de Mr Auger qui renvoie à un article interactif de Libération qui présente les programmes des 2 candidats.

Enfin, joie de la technologie web 2.0 on peut même avoir sur sa page un compteur en temps réel des estimations de vote.
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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 22:39

Les élections américaines approchent et bien entendu nous reviendrons tant en cours que sur le blog sur leurs résultats et sur les perspectives qu'elles ouvrent pour comprendre la puissance de ce pays.

Je vous  renvoie au passage à un article, composé par mes TS de l'année dernière, sur le fonctionnement des élections américaines et qui a visiblement beaucoup de succès en terme de fréquentation puisqu'il est le plus lu du blog à l'heure actuelle. Bien que posté en janvier dernier, il reçoit encore de nombreux commentaires ces derniers temps. 


On pourra avec profit suivre les passionnants articles de Bruno Sentier sur l'élection américaine au jour le jour. sur son blog "les échos d'une heure"


Au passage, si vous avez des questions sur le déroulement ou le fonctionnement de cette élection, n'hésitez pas à les laisser dans les commentaires pour que je puisse essayer d'y repondre.

Une des grandes particularité du système américain est le fait qu'on élise le président indirectement au travers des grands électeurs. En effet, même s'il met un bulletin avec le nom de son candidat dans l'urne (à moins qu'il n'appuie sur la manette correspondante face à une machine electronique ou qu'il ne troue la bonne case sur une fiche perforée, selon le mode de vote en vigueur dans son comté), le citoyen américain n'élit que le grand électeur de son état. Le candidat arrivé en tête même de quelques voix seulement remporte tous les grands électeurs de l'état.

Or le nombre de ceux-ci est proportionnel à la population de chaque état : mieux vaut faire 50,1% en Californie (55 grands électeurs) que 99 % au Nouveau Mexique (5 grands électeurs).

Ce système ne laisse rigoureusement aucune chance aux "petits candidats". Vous pouvez faire 15 % dans tous les états, vous n'aurez toujours que 0 grands électeurs. C'est même à tel point qu'on oublie qu'à côté des deux mastodontes républicains et démocrates existent 7 autres candidats dont on ne parle quasiment jamais.

Alors présentons les, car si nous les aurons oublié dès le 4 novembre (Comment ça pour les oublier, il faudrait déjà les connaître ? Vous êtes dur quand même !), ils donnent un bon aperçu de l'éventail politique existant aux States et illustrent parfois des modes de pensée assez déroutants de notre point de vue européen... 

Je les ai classé pour simplifier en deux familles assez floues. A gauche (et donc plutôt aptes à piquer des voix aux démocrates) ou à droite (cette fois-ci plutôt aux républicains). Le nom du candidat renvoie à son site de campagne (en anglais)

Plutôt "à gauche"

Ralph Nader : Indépendant
L'éternel 3ème homme n'en est pas à sa première tentative mais à sa cinquiéme candidature. C'est le "petit candidat" le plus connu et le plus médiatique. Son 0,3% aux élections de 2000 est même rendu coupable par les démocrates d'avoir fait échouer Al Gore face à George Bush. Avocat de formation, il se présente comme un candidat des petits, ouvriers, commerçants, paysans face au puissances de la politiques et de l'argent.  Il est  proche de l'altermondialisme, et se présente comme une alternative aux grands partis traditionnels accusé d'étouffer la pluralité démocratique.


Cynthia McKinley: Parti Vert américain
Ancienne représentante démocrate de Georgie, elle défend les couleurs (vertes) du parti écologiste. Un rôle qu'elle a ravi au passage à Ralph Nader. Le Green Party est un parti vert relativement bien organisé et implanté dans le pays qui ne se préoccupe pas que d'écologie mais qui se place résolument à gauche avec une volonté de renforcer l'aide sociale et de lutter pour les droits des minorités .Très critique envers le parti républicain, elle veut le retrait immédiat des troupes d'Irak et reproche aux démocrates leur molesse face à George Bush.


Brian Moore : Parti Socialiste
Brian Moore, militant syndical et associatif se revendique comme un marxiste militant ce qui n'est pas évident dans un pays où, souvenir de la guerre froide oblige, le terme de socialiste est aussi injurieux que fachiste. Moore, altermondialiste, partisan d'un état entre les mains des travailleurs est plus proche politiquement d'un Besancenot en France que de notre parti socialiste. Son parti est vraiment groupusculaire aux Etats-Unis.










Roger Colero : Parti Socialiste des Travailleurs
Autre candidat marxiste (en chemise bleue sur la photo), ce journaliste né au Nicaragua (ce qui au passage l'empéche en théorie d'être élu puisqu'il faut pour cela être né américain) dénonce l'oppression capitaliste et se présente clairement comme l'héritier du parti communiste américain. Là encore un parti minuscule (7000 voix environs aux elections de 2004) qui se réclame ouvertement de Trotsky et ne serait pas contre la dictature du prolétariat sur le modèle cubain. Il est d'ailleurs très proche de Castro ou Chavez.




Plutôt "à droite" :

Bob Barr : Parti Libertarien
Ce procureur et ancien representant républicain est le leader d'un courant bien implanté qui se méfie de l'état comme de la peste et prône un ultralibéralisme dans tous les domaines. Economique et social bien sûr mais aussi dans la vie de tous les jours et  dans les moeurs. Ils sont pour le mariage homosexuel, le droit de port d'arme et contre la sécurité sociale et l'existence d'une police fédérale. Liberté personnelle et responsabilité individuelle d'abord. A chacun de se débrouiller sans compter sur un état trop écrasant. Son électorat est plutôt proche des républicains mais il séduit aussi des démocrates.



Chuck Baldwin : Parti Constitutionnaliste
Conservateur et fier de l'être, ce pasteur baptiste se reclame d'une tendance très réactionnaire qui milite pour que les Etats-Unis ferment leurs frontières et sortent des institutions internationales comme l'ONU (mais aussi l'OTAN) pour se replier sur elle même et ses "vraies valeurs" du temps des pionniers : religion, famille, peine de mort ,droit de porter des armes à feu. Ils sont aussi très méfiant envers les multinationales et l'économie libérale, révant d'une Amérique de petits propriétaires. Leur nom vient du fait qu'il prétendent vouloir appliquer la Constitution de 1787 à la lettre, comme si nous étions toujours au XVIIIème siècle.

Alan Keyes : Indépendant
Ancien ambassadeur auprès de l'ONU sous Reagan, ce candidat malheureux à l'investiture républicaine est connu pour être un néoconservateur militant qui trouve McCain trop progressiste à son goût. Partisan d'un retour aux valeurs morales et ultra religieuses (condamnation de l'avortement, recommendation de l'abstinence avant le mariage, suppression de discrimation positive) et partisan d'une politique internationale agressive et d'une guerre radicale contre le terrorisme calqué sur les positions de l'extrême droite israélienne dont il est un lobbyiste acharné.

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 18:01

Contrairement à ce que l’on dit souvent sur l’économie américaine, l’Etat fédéral continue à y jouer un rôle majeur de régulation. Libéraux oui, mais pragmatiques. La loi du marché c’est bien, mais quand il y a un gros problème l’état américain est là pour le régler.

 

L’affaire de la nationalisation des deux sociétés de créances hypothécaires Freddie Mac et Fannie Mae est là pour le prouver.

 

La "Federal Home Loan Mortgage Corporation" ("FHLMC", surnommée pour simplifier “Freddie Mac”) et la "Federal National Mortgage Association" ("FNMA" alias “Fannie Mae”) sont deux énormes sociétés de crédit hypothécaires.

 

 

En gros, lorsqu’un américain veut acheter une maison, il contracte un prêt à la banque garanti sur la valeur de sa demeure.   Celle-ci sera confisquée s’il ne peux pas rembourser (c’est ce qu’on appelle une hypothèque). Ces deux sociétés privées mais garanties par l’état américain, ont pour mission de racheter ces prêts hypothécaires aux banques pour que celles-ci donnent plus facilement leur accord financier aux projets d’achats de maisons et donc en même temps pour faciliter l'essor du marché immobilier aux Etats-Unis.

 

Freddie et Fannie, institutions financières anciennes et prestigieuses financent ces rachats de prêts en empruntant à leur tour de l’argent aux banques internationales et aux fonds de pensions privés, c'est-à-dire aux sociétés qui jouent en bourse l’argent qui sert à payer les retraites des travailleurs américains.

 

Tant que les américains remboursent les traites de leurs maisons, tout va bien, les bénéfices sont juteux.

 

Sauf que depuis quelques années les banques américaines ont proposé des prêts très particuliers, dits évolutifs, aux gens voulant acquérir leurs maisons. Notamment pour ceux qui ont des revenus très bas. Pour simplifier, c’est un prêt dont le taux évolue selon la conjoncture du marché immobilier. S’il va bien, les taux d’intérêt sont bas, s’il va mal, les taux remontent. Ce sont les "subprimes" ou "primes de risques". C’est risqué mais le marché immobilier était florissant depuis de nombreuses années et ce moyen était souvent le seul pour les américains pauvres d’acquérir une maison et eventuellement de partir des quartiers insalubres et dangereux du centre-ville pour aller s’installer dans une petite banlieue tranquille où leurs enfants ne seraient pas à la merci des dealers de crack du coin de la rue. Ces subprimes, les banques les ont vendu à grands renforts d’argumentaires publicitaires séduisants, sachant que Freddie et Fannie allaient garantir ces prêts.

 

Or le problème c’est que depuis 2001  le marché de l’immobilier n’a cessé de s’effondrer et les emprunteurs se sont retrouvés pris à la gorge, ne pouvant rembourser leurs dettes au risque de se voir expulser de chez eux. Ce qui n’arrange pas non plus les banques, car derrière, plus personne n’a les moyens de racheter les maisons saisies qui leur restent sur les bras.

 

 (source : le journal des finances)

 

Résultat Freddie Mac et Fannie Mae qui couvrent tout de même la bagatelle de 2000 milliards de dollars de prêts hypothécaires se retrouvent avec 223 milliards de dettes et plus personne ne veut leur prêter de l’argent.

 

C’est tout le système bancaire américain qui se retrouve ruiné entraînant au passage les banques européennes et asiatiques qui leur ont prêté de l’argent. C’est toute la Triade (mais aussi la Chine, l’Australie et les monarchies pétrolières du Golfe Persique qui investissent énormément aux Etats-Unis) qui risque la faillite en cascade. Tous ceux qui ont prêté de l’argent aux banques américaines perdent gros. La mondialisation des échanges financiers a aussi ses dangers.

 

D’un autre côté les organismes de crédits américains ont vu leur valeur boursière s’effondrer risquant de les rendre vulnérables à des rachats massifs par des entreprises étrangères (chinoises notamment).

 

Sans compter bien sûr les millions d’américains qui risquent de se trouver à la rue. Les expulsions se sont multipliées depuis 2007 (jusqu'à plus de 200 000 par mois.)  Le spectre de la crise de 1929 est bien là et 80 ans après, cela reste toujours un traumatisme majeur dans l’esprit des américains.


 (Un très bon dossier sur cette crise dans  le Journal du Net economie)

Le gouvernement Bush, portant réputé ultralibéral a donc fait quelque chose d’exceptionnel pour les Etats-Unis. La nationalisation (provisoire) de Freddie et Fannie avec un apport de 200 milliards de dollars du contribuable pour renflouer les caisses, relancer la confiance du marché, empécher l’expulsion de centaines de milliers d’américains pauvres et éviter que ce soit des fonds étrangers qui s’en emparent et ne prennent le contrôle du marché financier américain.

 

Les patrons ont été contraints à la démission pour incompétence (vont-ils comme chez nous toucher des primes et des parachutes dorés pour avoir réussi à couler leur boîte ?) et des administrateurs fédéraux vont gérer les deux sociétés. Quand aux actionnaires, on ne leur a pas demandé leur avis. De toute façon  vu l’état de la valeur de leurs actions, ils ont plutôt intérêt à ce que l’argent public sauve leurs investissements.

  "Il apparait que des gens pauvres avec de mauvais crédits n'ont pas les moyens de s'acheter une maison. Qui pouvait le savoir ?"


Cela montre que comme en Europe, l’Etat américain garde un rôle extrêmement important dans l’économie. Le réalisme avant tout, on ne laisse pas couler un secteur vital d'activité. Ce n’est pas la première fois. Dans les années 70, des grosses sociétés comme Lockeed (aviation) ou Chrysler (automobile) se sont vues renfloué par l’état. Après le 11 septembre 2001 (7 ans déjà...) et l’effondrement du secteur du transport aérien, le gouvernement a soutenu financièrement les compagnies aériennes pour éviter une faillite générale.

   

De même grâce à l’armée ou à des programme d’investissement comme la NASA, les Etats-Unis savent passer des commandes massives qui vont soutenir les entreprises américaines et aider l’emploi. Ils n’ont jamais non plus hésité à subventionner les exportations de leurs agriculteurs ou à mettre des quotas sur des produits étrangers comme ce fut le cas il y a en 2002 sur les aciers pour protéger leur sidérurgie ou en 2005 sur les textiles pour contrer la Chine.

 

C’est l’une des forces de l’économie américaine : libéralisme certes, mais avec un état qui sait aussi jouer son rôle de régulateur et qui se donne les moyens de le faire, parce que dégager 200 milliards de dollars de crédit d’un coup, ce n’est pas rien !


                                 "Je croyais qu'on était juste en train d'acheter une maison !"
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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 13:26
Un travail réalisé par Armand Vassal (TSSI)

Uniting and Strengthening  America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism Act(ce qui signifie en français :  Loi pour unir et renforcer l'Amérique en fournissant les outils appropriés pour déceler et contrer le terrorisme)
 

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Le PATRIOT ACT est une loi qui à été votée aux Etats-Unis pour la première fois juste après les attentats du 11 septembre 2001.
Elle à été adoptée la première fois par le Sénat Américain le 25 octobre 2001 avec 98 voix pour et une voix contre (Russ Feingold, un sénateur démocrate)
Cette loi à pour but de contrer le terrorisme international en guerre contre les Etats-Unis en prévoyant les possibles attaques, en affaiblissant les ressources des terroristes, en durcissant les lois envers les terroristes, en surveillant mieux les frontières, les douanes,...etc.
Le principal point de cette loi est le suivant :
-> Augmenter les mesures de surveillance
Les pouvoirs des agences gouvernementales (FBI, CIA, NSA, ou encore l’armée) sont             largement augmentés : celles-ci peuvent saisir de nombreuses informations sur les consultations des internautes sans consultations judiciaires, les agents du FBI peuvent saisir les informations concernant les livres lus ou les sites consultés dans les bibliothèques par les citoyens américains sans l’avis préalable d’un juge.
En outre, cette loi confirme le droit pour le FBI d’utiliser le programme CARNIVORE : c’est un programme de surveillance qui permet de retracer la navigation internet ou de surveiller les messages électroniques envoyés pour toutes les personnes suspectées d’avoir des contacts avec des terroristes présumés ou avec une puissance étrangère.

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Cette directive avait été précipitamment prise après les attentats du 11 septembre 2001.
Or, elle ne devait durer qu’un certain temps, mais voilà qu’en 2005 le sénat à décider de prolonger cette loi, ce qui ne manque pas de faire protester une partie de la population. En effet, beaucoup de monde dénonce le fait que cette loi ne respecte pas les libertés individuelles de chaque citoyen Américain.
Plus que des libertés, cette loi est accusée de violer certains amendements de la constitution Américaine :
- La liberté de parole, de presse, de réunion, ou encore de religion (1er amendement)
-Le droit de ne pas subir de perquisitions non justifiées et de ne pas être l’objet de recherches (4ème  amendement)
-Droit de ne pas être privé de sa vie et de sa liberté ou de ses biens sans un procès équitable (5ème amendement)
-Tout individu a le droit à un procès public par un jury impartial
-Pas de détention cruelle ou arbitraire, ni de condamnation exceptionnelle (8ème amendement)

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C’est pourquoi les intellectuels américains s’insurgent contre cette loi, qui décidément na pas fini de faire couler de l’encre.
Par exemple, Russ Feingold, le sénateur démocrate qui s’était déclaré contre cette loi en 2001 déclare « Ce que nous voyons est tout simplement la capitulation et la rhétorique intransigeante et fallacieuse d'une Maison-Blanche qui voit n'importe quel effort pour protéger les libertés civiles comme un signe de faiblesse. »
Certains journaux écrivent encore « Depuis quand le lecteur d’un roman policier est-il vu comme un criminel en devenir ? En quoi un citoyen qui emprunte quelques ouvrages sur Al-Qaeda, pour sa culture personnelle, est-il un membre potentiel de ce réseau terroriste? »(Le Québécois Libre).
Ce phénomène est actuellement en train de prendre de l’ampleur à tel point qu’il est en passe de devenir un des thèmes majeurs de la campagne présidentielle qui a commencé.
Quelles pourront êtres les sorties de cette « crise » : la réponse après les élections…
 

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Sources : Wikipédia  E-Juristes  Le Québécois Libre (franchement contre le PATRIOT ACT)

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Un travail très intéressant, malgré de nombreuses répétitions dans l'emploi du vocabulaire, sur ces lois qui déchaînent les passions Outre-Atlantique et qui ont fait le bonheur de nombreux caricaturistes.


Prises dans la frénésie sécuritaire qui a suivi le 11 septembre 2001, ces lois ont renforcé, au nom de la lutte contre le terrorisme, le contrôle sur la vie privée des américains en épiant les faits et gestes des associations, lieux de cultes (et tout particulièrement ceux de la minorité arabo-américaine soudainement mise sur la sellette) et même les comptes en banques ou les emprunts dans les bibliothèques. 

Dans un pays où il n' y a pas de carte d'identité et où la police à l'échelle nationale n'existe pas, ce renforcement du pouvoir gouvernemental ne passe pas forcément facilement. Le rejet de ces lois dépasse le simple clivage politique traditionnel. De nombreux républicains ( tendance N.R.A. ou farouchement individualistes) s'y opposent au nom de la liberté individuelle, les démocrates au nom des droits civils et du respect des règles de justice. Ainsi par exemple l'American Civil Liberties Union qui dénonce ces lois. Tous, en tout cas s'appuient sur la constitution, texte fondamental de la politique américaine.


undefinedParmi le renforcement de ces mesures de contrôle, un nous touche plus particulièrement puisqu'il s'agit de l'établissement des passeports biométriques rendus obligatoires pour aller aux Etats-Unis. Ces derniers ont fait pression sur les autres pays du monde pour que ceux-ci rendent obligatoires à leur tour ces documents d'identité beaucoup plus sécurisés qui permettent grâce à une puce, de stocker des données telles que les empreintes ou des informations génétiques, permettant d'identifier le porteur ou les voyages effectués avec ce passeport. De même les photos d'identités doivent être standardisées pour permettre une reconnaissance visuelle par caméra et ordinateur du voyageur. La France a mis en place ce système en 2006.

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Published by Mr Tribouilloy - dans Etats-Unis
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