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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 23:06

Guerre oubliée, l’Indochine, "l’Indo" pour ceux qui l’ont vécue, reste un exemple parfait de décolonisation ratée, sur laquelle se greffent les enjeux de la guerre froide.

 


Notre présence dans la région remonte à la conquête des territoires d’Extrême Orient vers la fin du XIXème siècle. Initiée par Napoléon III, poursuivie par la IIIème république de Jules Ferry, l'annexion de plusieurs royaumes du Sud-Est asiatique va permettre à l’empire français de constituer  l’Indochine. A l’Ouest les protectorats du  Cambodge et du Laos, à l’Est les trois provinces du Tonkin, de l’Annam et de la Cochinchine, au départ royaumes indépendants, qui formeront plus tard le Vietnam.

 

La France y exerce une politique d'association : c'est-à-dire en théorie une tutelle discrète et plutôt souple, qui garantit dans la plupart des provinces le maintien de rois et d’administrations locales. Dans la réalité, il s’agit d’une colonisation assez classique, surtout centrée sur l’exploitation économique : riz, poivre, thé, opium (dont la culture est à l'époque autorisée à but médicinal mais qui génére bien des trafics) et surtout l’hévéa, c'est-à-dire le caoutchouc naturel. Les propriétaires de plantations peuvent compter sur une main d’œuvre nombreuse et corvéable à merci, les coolies. Appréciés pour leur endurance et leur docilité, beaucoup de vietnamiens partent pendant la première guerre mondiale comme main d’oeuvre ou soldat pour la métropole .


Les français sont peu nombreux (à peine 30 000 personnes sur les 22 millions de la colonie en 1940) et sur place, les investissements, voies ferrées, ports, villes se concentrent là où il y a des plantations et des débouchés économiques (Le Laos, enclavé est ainsi nettement moins développé que la Cochinchine où se trouve le grand port de Saïgon). Malgré cela il faut relever aussi la mise en place d’une politique sanitaire et scolaire réelle avec la création de très nombreuses écoles franco indigènes qui permettent l’alphabétisation d’une bonne partie du pays sur un modèle original garantissant le respect de la culture traditionnelle et  l’émergence d’une petite minorité de médecins ou  d’ingénieurs indochinois. (Photo : jour de paye dans une plantation d'hévéa, années 30)

 

Dès les années 30, des mouvements nationalistes, notamment d’inspiration communiste contestent la présence française. La figure d'Ho Chi Minh ("celui qui éclaire") se dégage progressivement comme leader des indépendantistes. Nguyen Sinh Cung,  qui prend le surnom de Ho Chi Minh lors de ses années de clandestinité, est un fils de lettré ruiné qui a fait des études en autodidacte en France et en Angleterre où il travaille comme technicien photo pour subvenir à ces besoins. Il s’engage dans le parti communiste en 1920 et quand il revient en Indochine dans les années 30 c’est avec l’idée d’y imposer l’indépendance et le marxisme. C’est lui qui fonde en 1941 la ligue pour l'indépendance du Vietnam abrégé en Viet Minh.

 

Lors de la seconde guerre mondiale, les japonais balayent la présence française en Indochine. Celle-ci reçoit l’ordre du gouvernement de Vichy de collaborer avec le Japon, comme la métropole le fait avec son allié allemand. Pour la première fois, des "blancs" doivent obéir à des "jaunes" et ce sont les mouvements nationalistes et notamment communistes qui animent la Résistance face à l’envahisseur, avec l’aide financière et militaire des Etats-Unis. L’armée française qui entend maintenir son contrôle de l’Indochine après la libération de la métropole est même chassée du pays par les japonais suite à de violent combats en mars 45.

 

Lorsque les japonais sont battus en 1945, le gouvernement français de de Gaulle entend bien revenir à la situation d’avant guerre mais sur le terrain, l’administration et l’armée française sont affaiblies et décrédibilisées. D’autant que le Vietminh dirigés par Ho Chi Minh, très implanté au Nord du pays s’est emparé des grandes villes et proclame unilatéralement l’indépendance le 2 septembre 1945.

 

L’intervention de la Chine dans le Nord du pays permet brièvement un rapprochement entre Ho Chi Minh et les français. En 1946, des négociations commencent à Fontainebleau. Le négociateur Jean Sainteny et Hô Chi Minh signent les accords du 6 mars 1946 pour permettre une indépendance effective tout en maintenant des liens forts, notamment économiques avec la France au Sein de l’Union Française. Ce que les britanniques feront de leur côté en Thaïlande et en Birmanie.

Le Cambodge et le Laos obtiennent de leur côté leur autonomie dans ce cadre, se dotant de régimes monarchiques directement hérités des protectorats. La présence française y étant très réduite, cette indépendance se fait sans heurts en 1949.

Le temps des négociations, le 24 mars 1946 - De gauche à droite : Hô Chi Minh, Jean Sainteny, le Général Leclerc et l'amiral d'Argenlieu

En Annam, Tonkin et surtout en Cochinchine, qui formèrent longtemps des royaumes rivaux et où les divisions internes sont plus profondes, la perspective d’une unification en un seul Vietnam est plus difficile à faire passer pour la bourgeoisie indigéne, surtout sous l’égide d’un parti communiste. Ces accords inquiètent aussi les tenants d’un maintien colonial traditionnel qui craignent d’être chassés de leurs postes ou de leurs terres.  D'autant que Ho ne cache pas son projet d'unifier les 3 "ki" (provinces) sous sa seule autorité.

 

Ce "parti colonial" suscite la création d’une république indépendante de Cochinchine au Sud, là où se trouvent la plupart des européens. Pour Ho Chi Minh c’est une provocation. Les incidents se multiplient sur le terrain entre l’armée française et les partisans du Viet Minh. Après une fusillade où des marins français sont tués lors de l’arraisonnement d’une jonque du Viet Minh, le haut commissaire en Indochine,  Thierry d’Argenlieu qui considère l'idée de négocier avec des communistes comme une reculade inacceptable, fait tirer par la marine français sur Haïphong où a eu lieu l’incident. Il y a 6000 morts. En retour, les partisans du Vietminh massacrent les européens présents à Hanoï leur fief. On estime à 400 le nombre des victimes et des disparus.

 

L’engrenage amène à la guerre. Fin 46, Ho Chi Minh appelle à la guérilla contre la présence française alors que la France expédie un corps expéditionnaire rétablir l’ordre. Avec la division de la guerre froide qui commence, les français reçoivent le soutien des américains, le Viet Minh celui de l’URSS puis en 1949 de la Chine devenue communiste.

 

L’armée française est bien organisée mais trop peu nombreuse malgré l’aide en armement américaine et les renforts des troupes anticommunistes cochinchinoises. Elle tient le Sud et les grands axes. En face le Vietminh, dirigé par le général Giap pratique une guérilla très inventive et efficace. Elle tient le Nord du pays et recrute dans les campagnes en jouant sur la fibre patriotique. L'«oncle Hô», comme on le surnomme lance une déclaration sans équivoque : «Luttez par tous les moyens dont vous disposez. Luttez avec vos armes, vos pioches, vos pelles, vos bâtons. Sauvez l'indépendance et l'intégrité territoriale de la patrie. Vive le Vietnam indépendant et indivisible. Vive la démocratie ». Elle se montre aussi redoutablement inventive et combative quand il s’agit de se fondre dans la jungle ou de se cacher entre deux coups de main. Les vélos transportant le matériel militaire russe ou chinois vont devenir l'un des symboles de cette armée populaire.

 

En France la guerre se déroule dans une relative indifférence, voire une certaine hostilité. Le parti communiste français ouvertement anticolonial apporte son soutien aux indépendantistes  et organise des grèves sur le port de Marseille pour empêcher le ravitaillement des troupes. Cette guerre coûteuse et mal engagée est une épine dans le flanc de la IVème république qui cherche d’abord à reconstruire le pays. De plus l'instabilité politique constante entraine des changements constants de choix stratégiques qui paralyse l'efficacité de l'armée française.

 

C’est l’armée de métier qui se bat, à laquelle s’ajoutent des volontaires, des troupes coloniales (notamment des algériens qui ensuite rejoindront les mouvements indépendantistes de leur pays une fois démobilisé en ayant appris la technique de la guérilla en combattant le Vietminh), voir même de nombreux allemands de la Wermarcht qui, après la seconde guerre mondiale, n'arrivent pas à se réacclimater à la vie civile et ont rejoint la légion étrangère française. Le contingent français culminera à 250 000 hommes.

 

La guerre s’enlise et s’avère meurtrière pour les deux camps qui commencent à partir des années 50 à vouloir négocier. Mais chacun cherche à être en position de force à la table de négociation et veut remporter une victoire marquante sur le terrain.


 

En 1953, l’Etat-Major français décide de frapper un grand coup en s’emparant de la cuvette de Dien Bien Phu pour empêcher les Vietnamiens de pénétrer au Laos. C’est de plus le seul endroit plat pour installer un aérodrome dans la région. Mais c’est aussi une vallée entourée de collines qui peut se transformer en piège pour les soldats retranchés.  Des milliers de parachutistes s’emparent de l’endroit et s’y fortifient. Mais les Vietnamiens dans des conditions extraordinairement difficiles, à dos d’homme ou à travers de tunnels creusés dans la boue des collines installent au sommet de celles-ci une artillerie qui s’abat sur les français pris au piège et détruit le terrain d’aviation.

 

Malgré une résistance héroïque de 57 jours les troupes françaises finissent par être submergées. Les prisonniers seront traités abominablement par le parti communiste indochinois qui veut rééduquer ces "impérialistes". Une marche de 1200 km au travers de la jungle avant d’être parqué dans des conditions atroces dans des camps où le taux de mortalité dépasse 60% sous la surveillance de commissaires politiques qui tentent d’endoctriner les survivants au marxisme.

 Les paras français, largués sur Dien Bien Phu

La chute de Dien Bien Phu marque la fin des espoirs français. Le Président du Conseil nouvellement élu  Pierre Mendès-France qui mène les négociations avec les représentants vietnamiens cherche à négocier le moins mauvais compromis. Ce sont les accords de Genève. Le Vietnam est séparé en deux suivant la ligne de front de l’époque. Le Nord communiste, le Sud devient un régime nationaliste et prétendument démocratique sous l’autorité de l’empereur Bao Dai, bien vite renversé par des militaires plus énergiques dans leur lutte contre le communisme et qui ont le soutien des Etats-Unis.

 

La France quitte la région, son entêtement et ses maladresses lui ont empêché de voir l’aspect inéluctable de la décolonisation du Vietnam. Le caractère communiste du Viet Minh ayant ensuite transformé ce conflit en une lutte d’influence entre les deux blocs. On estime qu’au total 500 000 personnes ont trouvé la mort lors du conflit dont 49 000 soldats français.

 

A peine les français partis, les deux Vietnam rentrent en conflit. Quelques années plus tard, les américains voulant soutenir le Sud Vietnam contre les communistes du Nord s’enferreront à leur tour dans cette région. ce sera la guerre du Vietnam.

Compléments sur le net:
Sur l'Indochine coloniale :belleindochine.free.fr très richement illustré
Les mémoires d'un soldat engagé dans cette guerre.
Le site commémoratif sur Dien Bien Phu

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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 13:24

Les derniers chiffres issus des recencements statistiques de l'INSEE  sont parus et montrent que depuis ces dix dernières années, notre pays connait une croissance démographique spectaculaire: 4 millions d'habitants supplémentaires depuis 10 ans.

Si on détaille davantage, on remarque qu'il y a 62,45 millions des Français sur le territoire métropolitain, 1,85 dans les DOM, 770 000 dans les TOM.

La natalité est florissante, au cours de l'année 2008, 801 000 enfants sont nés en métropole, un chiffre jamais atteint depuis 1981, et 33 000 dans les départements d'outre-mer. Avec plus de 2,02 enfants par femme (contre le 1,98 de 2007), la France est, avec l'Irlande, le pays où le taux de fécondité est le plus fort. Nous frôlons le seuil de renouvellement de 2,1. Les immigrations et le recul de la mortalité nous permettent donc de continuer à gagner de la population.Nous sommes désormais le deuxième pays le plus peuplé de l'UE. après l'Allemagne et ses 82 millions d'habitants. Un chiffre en recul pour ce pays qui lui perd de la population depuis plusieurs années.


Les Français font plus d'enfants, mais plus tard : l'âge moyen de la maternité atteint quasiment les 30 ans, soit près de deux ans de plus qu'il y a 20 ans. Les femmes semblent donc pouvoir concilier études, travail et choisir une maternité plus tardive mais pas forcément moins féconde.

Le vieillissement de la population est une constante. En France on compte 5,6 millions personnes de 75 ans et plus. L'espérance de vie reste stable pour les hommes et est comparable à la moyenne de l'Union européenne, avec 77,5 ans pour un garçon né en 2008. Elle recule très faiblement pour les femmes, mais reste l'une des plus élevées du Vieux Continent : 84,3 ans pour une fille née en 2008.

La désertification des campagne semble se ralentir. La population des espaces ruraux, qui avait connu un déclin et après une stagnation entre 1982 et 1999, augmente au même rythme que celle de l'ensemble du territoire français (+0,7% par an).   Autre phénomène le rééquilibrage au sein des villes, les centres villes se repeuplant par rapport aux banlieues.

Le renforcement de la moitié Sud se poursuit. La moitié Nord de la France dont la population est déjà plus jeune conserve toujours un solde naturel supérieur à la moyenne ce qui compense un solde migratoire négatif. La moitié Sud de Bordeaux à Nice est très attractive mais accueille principalement des retraités venus de la moitié Nord ou du bassin parisien qui  lui reste relativement stable.

C'est ainsi que notre département, l'Isère, a vu sa population considérablement augmenter et passer de 1 000 000 à 1 100 000 âmes. 


 Jean-Christophe Diedrich s'interroge aussi sur ce sujet et propose quelques pistes d'explication.

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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 13:41

Voici la proposition de correction de devoir autour du sujet : "Inégal dynamisme du territoire américain", que nous avons donc corrigé hier en classe.

Ce n'est bien sûr pas la seule possibilité de correction pour cette carte. Ainsi je n'ai pas rajouté l'ALENA, la bourse ou les technopoles pour ne pas surcharger le croquis et m'en tenir à une douzaine d'éléments facilement mémorisables pour l'examen.

Comme d'habitude j'ai essayé de privilégié l'enchaînement des informations et la lisibité du croquis en détaillant la légende pas à pas.







Retrouvez ici le fond de carte à imprimer pour vous entraîner. Vous pouvez cliquer dessus pour l'agrandir


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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 23:03

Nous l'avons évoqué en cours, le monde est secoué en ce moment par une série de crises relativement préoccupantes. Vous pouvez vous reporter à l'excellent dossier constitué par Etienne Augris sur la crise israélo-palestinienne, un sujet dont nous allons reparler en classe très bientôt.

Pour le moment remontons en Europe Centrale et intéressons nous à la crise gazière et diplomatique qui secoue la Russie, l'Ukraine et l'Union Européenne en ce glacial mois de janvier. La Russie vient de couper l'approvisionnement en gaz naturel à l'Ukraine et, par ricochet, crée une situation de pénurie dans toute l'Europe.

La Russie posséde en effet de gigantesques reserves de pétrole et de gaz naturel sur son territoire. Bien avant la fin de la guerre froide, dès les années 70, elle s'est mise à commercer avec l'Europe échangeant son gaz contre des biens de consommation et de la nourriture. De grands gazoducs traversent toute l'Europe de l'Est pour arriver en Allemagne ou en Italie et alimenter les chauffages occidentaux. L'Oural et la Sibérie fournissent en effet un quart du gaz consommé en Europe. Certains pays sont très dépendants, notamment à l’Est, comme en Bulgarie qui dépend à 98% du gaz russe, ou les Etats baltes, dépendants à 100% des importations russes.

Avec la fin de l'URSS, les anciens pays satellites et les républiques de l'Union Soviétique ont négocié des tarifs préférenciels avec l'autorité russe. En effet dans l'ancien système, le problème de l'energie ne se posait pour l'Ukraine et ses voisins, ils faisaient partie du même pays que la Russie donc pas besoin de developper des énergies autonomes, la Sibérie alimentant toute l'Union. Les ressources étaient partagées de façon communiste et chaque région s'étant spécialisée, le bloc de l'Est fonctionnait comme un tout cohérent et solidaire. Ce qui explique qu'au moment de l'indépendance des pans entiers des économies des anciennes républiques se sont retrouvées non developpées. Alors au moment de l'indépendance des accords ont eu lieu pour s'echanger les produits de premières nécéssités à tarif préférenciel.

 

                                             Source : Cartographier le présent (cliquer pour agrandir)

En Russie, le contrôle des matières premières est devenu rapidement un enjeu vital. Depuis la fin des années 90, le gaz est redevenu monopole d'état. Toutes les sociétés gazières privées nées de la fin de l'Union Soviétique ont été quasiment démantelées par Vladimir Poutine qui les a remplacé par Gazprom. Le groupe produit 95% du gaz naturel russe, tout en contrôlant 17% des réserves mondiales. Il est à la tête du plus grand réseau de gazoducs du monde. Et il détient des intérêts, entre autres, dans des banques, des compagnies d’assurance, des médias et de l’immobilier. Gazprom contribue pour quelque 20% des recettes budgétaires de l’État russe et à hauteur de 8% de son PIB. Elle emploie 450 000 personnes. Autant dire que de par son importance le gaz est devenu affaire d'état en Russie. Dimitri Medvedev, l'actuel président russe en est l'ancien directeur. Aucune décision n'y est prise sans l'aval des autorités du Kremlin.

Mais le temps passe et de plus en plus de pays d'Europe de l'Est se tournent vers l'U.E. et les Etats-Unis. Ainsi en Ukraine, le gouvernement Ioukatchenko s'est fait élire sur la base d'un programme très pro-occidental : adhésion à l'Union Européenne et à l'OTAN, politique ouvertement hostile à la Russie accusée de vouloir destabiliser le pays en agitant les minorités russophones qui agitent les provinces minières de l'Est (dont la Crimée, la Riviera Ukrainienne accés direct à la Mer Noire et riviera touristique qui intéresse bien des investisseurs à l'approche des J.O. de Sotchi). Comme avec la Georgie les relations entre Moscou et Kiev se sont brouillées d'autant que les russes voient la main des Etats-Unis derrière toute atteinte à leur domination sur leur ancien empire.

La société Gazprom s'est donc mise en tête de vouloir renégocier à la hausse les tarifs de livraison de gaz avec l'Ukraine. Comme Kiev traine les pied, Moscou décide d'agir de façon brutale, comme on le ferait avec un mauvais payeur. Le 1er janvier 2006, dans le froid de l'hiver, elle coupe les livraisons deux jours pour forcer les ukrainiens a passer de 50 à 100 $ puis comme les deux pays continuent à s'affronter rebelotte en 2007 et en 2008. Notamment pour renégocier les droits de passage sur le sol ukrainien des gazoducs russo-européens, car les ukrainiens pour compenser l'augmentation du prix du gaz ripostent en haussant les droits de passage sur leur sol. Quand l'économie et les rivalités polico-diplomatiques se rejoignent.




C'est pourquoi ces questions gazières depuis trois ans tous les hivers revient sur le tapis. Avec l'augmentation croissante du prix du gaz ces dernières années et la crise financière actuelle, la situation de l'économie ukrainienne s'est fragilisée et le poids du budget chauffage commence à peser.  D'autant qu'en Ukraine, la crise gazière se double d'un bras de fer politique entre le président Viktor Iouchtchenko, et son premier ministre Ioulia Timochenko, celle-ci  accusant le premier  de corruption et d'enrichissement personnel au travers de Naftogaz, la compagnie de gaz ukrainienne qui aurait contracté de façon opaque près d'1,9 milliards d'euros de dettes auprès de Gazprom. De plus les russes accusent les ukrainiens de siphonner illégalement du gaz transitant sur leur sol à destination de leur clients européens. Bref chacun se renvoie la responsabilité de la crise à la figure avec beaucoup de mauvaise foi.

Un bel imbroglio où les enjeux économiques, politiques et personnels sont imbriqués et qui touche par contrecoup l'Europe car lorsque les russes ferment les robinets de gaz en direction de l'Ukraine, c'est toute l'Europe qui est touchée.


L'Europe elle se retrouve piégée par cet affrontement. Pourtant en 2006 lorsque la crise à commencé elle a mise en place une commission pour surveiller ses approvisionnements en gaz. Mais comme à son habitude elle s'est perdue en divisions et en discussions stériles plutôt que de mettre en place un programme de gestion commune de leur energie. Personne ne veut payer pour désenclaver l'Europe de l'Est et l'Allemagne s'est associée à la Russie pour créer un oléoduc sous la Baltique, le North Stream qui permet de se passer des Pays Baltes ou de l'Ukraine. le "chacun pour soi" qui semble hélas avoir remplacé ces dernières années la volonté d'une véritable solidarité européenne.

Une Europe instrumentalisée tant par les Russes qui espèrent contraindre les Ukrainiens à payer au prix fort le prix de leur gaz que par les Ukrainiens qui jouent la carte du catastrophisme face à un géant russe autoritaire et dominateur pour faire oublier leur propre corruption.

Après des négociations menées par le premier ministre tchèque (le pays à la tête de l'Europe pour le premier semestre 2009) avec les deux parties, la situation semble progressivement se débloquer elle va envoyer des observateurs. Mais sur le fond le problème demeure intact, soulignant au travers de la dépendance energétique de l'UE envers la Russie, l'absence de nouveaux grands projets communs et les tensions qui persistent à nos frontières orientales.

Quand à la Russie elle montre à la fois sa volonté de jouer le jeu du commerce mondial tout en n' hésitant pas à faire valoir ses droits de façon brutale, surtout dans cette Europe de l'Est qu'elle considère comme sa zone d'influence naturelle.

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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 00:43

Vous connaissez le principe des cartes en anamorphose : l'intensité du phénomène détermine sur le dessin la taille de la surface à representer. J'avais ainsi mis sur le blog il y a quelques temps une carte très parlante de la population mondiale, permettant de voir le poids numérique du Sud face au Nord.

Le site anglo-américain Worldmapper.org propose une vaste collection de cartes du monde traitées en anamorphose, à partir de ces modéles ci-dessous. Les inégalités de notre planète n'en apparaissent que plus criantes, en voici quelques unes particulièrement représentatives. Je vous conseille aussi d'avoir à l'oeil la carte de la population mondiale qui permet de comprendre le poids toujours particulier des géants démographiques asiatiques. Les cartes datent de 2002-2003 mais restent encore largement valables.

Les territoires cartographiés
Le poids de la population


Quelques cartes illustrant bien les inégalités à l'échelle mondiale.



Le nombre de personnes vivant avec moins d'un dollar par jour:

On estime qu'environ 17 % de la population mondiale vit avec moins d'un dollar par jour. Immédiatement, de par son poids démographique l'Asie ressort particuliérement bien, avec l'Inde (en jaune foncé) où la pauvreté reste forte, mais aussi la Chine (en vert). Visiblement le "miracle économique" chinois est loin de profiter à tout le monde et la part de très pauvre reste fort. Bien sûr l'Afrique subsaharienne qui cumule toutes les difficultés économique est  surreprésentée.


La mortalité infantile:

La mortalité des enfants de moins d'un an. Voilà qui prouve bien l'inégal accés aux soins d'une partie du monde. L'Afrique bien que trois fois moins peuplée que l'Asie est le continent le plus largement touché par le décès des bébés faute d'hygiène, de médicaments  et de materiel médical approprié. La différence de developpement entre la Chine et l'Inde se voit désormais bien, la première ayant malgré tout mis en place un système médical loin d'être parfait mais nettement plus performant que la seconde.


Le commerce des céréales : les pays exportateurs (en dollars de recettes)

le commerce des céréales : les pays importateurs (en dollar de dépense)
 
Le Nord, dont la France, produit, massivement, (si ce n'est le Japon dont le territoire exigu et montagneux ne permet une agriculture productiviste), tout comme l'Amérique du Sud et l'Australie et exporte vers le Sud grand marché consommateur de grain. Si l'Asie arrive à équilibrer plus ou moins sa production céréalière pour s'approcher de l'autosuffisance, la dépendance alimentaire du Moyen Orient désertique et surtout de l'Afrique est criante.


Les personnes sachant lire et écrire (alphabétisation)

Les dépenses en éducation primaire (en dollars)
L'éducation et l'accés à l'alphabétisation est peut-être l'un des facteurs les plus encourageant de ces cartes. En effet, on estime qu'environ 80% de la population mondiale sait lire et écrire des phrases simples, 50% des gens étant pleinement alphabétisé. Néanmoins la disproportion des moyen d'accès à l'éducation demeure un des freins notables au developpement d'un grand nombre de régions du monde. Si le Nord consacre une part très importante de ses revenus à promouvoir l'école. Le reste des pays du monde est un peu plus à la traîne. L'Amérique latine fait de réels efforts, tout comme l'Afrique du Nord et le Moyen Orient. La situation est plus contrasté en Asie. N'oublions pas que ce continent represente la moitié de la population mondiale  et donc que proportionnellement le milliard d'indien à accés au même budget de l'éducation que les 130 millions de japonais. L'Afrique subsaharienne à l'exception notable de l'Afrique du Sud est là encore dans une situation budgétaire catastrophique qui ne permet pas d'alphabétiser toute la population.

 

Ce ne sont là que quelques unes des cartes présentes sur Worldmapper, il y en a plus de 300 sur tous les domaines, de l'économie à la pratique religieuses, des ressouces écologiques à l'accès aux technologies modernes. Elles sont en anglais, mais sont une mine d'enseignement sur notre planéte.

 

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31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 00:19

Mais non, c'est pour rire, d'autant que je n'ai pas ramassé de devoir avant les vacances... Par contre, n'oubliez pas le croquis sur la puissance américaine dans le monde à terminer pour mardi prochain ainsi que  le contrôle de cartographie  pour mercredi.


Le petit message traditionnel pour cette nouvelle année qui se profile, à mes élèves bien sûr, mais aussi aux 69 679  visiteurs qui sont venus se perdre sur le site depuis sa création en août 2007. Le blog continue son petit bonhomme de chemin en espérant qu'il vous soit toujours utile. De nouvelles choses sont tranquillement en préparation.

En tout comme il se doit, j'espère que vous avez pris les meilleures résolutions possibles (par exemple concernant un certain absentéisme) et que nous allons aborder la suite de l'année au mieux pour nous offrir un 100% de réussite au bac !

Heureuse et studieuse année 2009...

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28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 11:32

Depuis des années, la situation alimentaire mondiale ne cessait de s'améliorer. En moyenne les gens mangeait plus et mieux, les rations alimentaires et leur variété ne cessaient de s'accroître depuis les années 90. Il y a encore quatre ou cinq ans, on pouvait annoncer que la sous-nutrition était en recul partout dans le monde et que s'il pouvait subsister de mauvaises recoltes et des périodes de soudure difficiles, les véritables famines catastrophiques n'existaient plus que comme moyen de pression manié par quelques seigneurs de guerre ou dictateurs locaux pour faire plier une population civile récalcitrante.



 La faim dans le monde (cliquer pour agrandir), affiche du Programme Alimentaire Mondial de l'ONU


Le dernier rapport de la F.A.O. (Food and Agricultural Organisation), organisme de l'ONU gérant les questions alimentaires dans le monde est dès plus inquiétant:

"De nombreux chefs d’État et de gouvernement se sont réunis à Rome pour exprimer leur conviction que «la communauté internationale doit prendre des mesures urgentes et coordonnées pour lutter contre les effets négatifs de la flambée des prix des denrées alimentaires sur les pays et les populations les plus vulnérables du monde». Lors du Sommet du G8 au Japon, en juillet 2008, les dirigeants des nations les plus industrialisées du monde ont exprimé leur profonde inquiétude à l’égard de «la forte augmentation des prix alimentaires dans le monde qui, conjuguée à des problèmes de pénurie dans certains pays en développement, menace la sécurité alimentaire mondiale"

Pour les experts de la F.A.O., les raisons de cette flambée des prix des aliments sont multiples; Bien sûr l'accroissement constant de la population augmente forcément la demande, mais les progrès techniques  de l'agriculture et de l'élevage avaient justement permis d'augmenter les rendements. Il faut chercher ailleurs les véritables raisons de ces pénuries croissantes. Les conflits qui ensanglantent le monde ont aussi un rôle non négligeable dans la désorganisation des marchés agricoles. Mais il y a surtout de nouveaux facteurs qui viennent tout bouleverser.

- Jusqu’au milieu de 2008, la hausse de prix de l’énergie a été très rapide et brutale. La rapide augmentation des prix pétroliers a exercé une pression à la hausse sur les prix alimentaires, les prix des engrais ayant presque triplé et les frais de transport doublé en 2006-08.


 L’homme de gauche : “Tu permets ? J’essaie d’attirer la sympathie sur le drame épouvantable que je vis !”. Sur son badge : “J’aime mon 4×4″. Sa pancarte : “Le prix du pétrole tue mes balades en voiture”. A côté de lui, un bidon d’essence. - L’homme de droite. Sa pancarte : “Le prix de la nourriture me tue !” (source  Des seins de presse)



- La demande en biocarburants a dans la foulée considérablement augmentée. Des terres autrefois utilisées pour des productions vivrières se sont vues affectées à la culture de canne à sucre, de jatropha ou d'huile de palme destiné à alimenter les reservoirs des véhicules.
La production de biocarburants devrait consommer la bagatelle de 100 millions de tonnes de céréales (4,7 pour cent de la production mondiale) en 2008.

- La croissance économique rapide et continue ainsi que l'urbanisation galopante dans plusieurs pays en développement, notamment en Chine et Inde ( 40 pour cent de la population mondiale à eux deux), ont accentué la demande et reduit l'offre. La main d'oeuvre manque en campagne et les gens s'entassent en ville. De surcroit les habitudes alimentaires de ces urbains ont changé. Les demandes en produits alimentaires complexes et transformés sur le modèle occidental se sont accrues. D'où là encore une augmentation des prix.

- Enfin sentant le bon filon, les marchés financiers voyant que la demande s'accroit, ont spéculé pour maintenir des prix artificiellement élevés qui n'ont pas profités aux producteurs ou aux paysans à qui les produits continuent à être acheté à vil prix, mais aux intermédiaires dans les circuits de distribution qui se sont ainsi fait de bonne marges bénéficiaires.


Si on regarde ces pénuries alimentaires plus en détail, on s'apperçoit que l'Amérique latine et le Moyen Orient malgré les conflits, ont amélioré leur situation alimentaire ces dernieres années. C'est beaucoup moins vrai en Asie où les politiques d'accroissement des rendements arrivent en bout de course face à une demande qui explose en ville. En Inde et en Chine notamment la différence entre les villes et les campagnes n'a fait que s'aggraver dans des proportions inquiétantes pour ces dernières.

L'Afrique subsaharienne comme toujours est la plus touchée, même si dans un certain nombre de pays la situation alimentaire s'est améliorée. L'instabilité politique et notamment les guerres au Congo et en Somalie, deux pays très peuplés ont fait plonger des régions déjà  fragiles dans la catastrophe sanitaire et alimentaire.

Par malheur la crise alimentant la crise, l'augmentation du prix des denrées agricoles n'a fait qu'accelerer la tentation d'un certain nombre de pays de se constituer des stocks de reserves,
voir même d'acheter massivement les terres agricoles d'autres pays.



Pour le lire en détail voici  
le rapport de la FAO


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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 22:35

 Joyeuses fêtes à tous. Le Père Noël devait venir vous apporter le bac dès décembre mais je crois qu'il a été retardé...

Vous me connaissez, je suis un peu paresseux alors je vous renvoie plutôt à mon message de Noël de l'année dernière pour tout savoir des enjeux économiques et historiques de cette fête


Au passage et comme on est dans une période où on s'amuse voici un petit site vraiment bluffant : Akinator, le génie capable de deviner la personne à laquelle vous pensez. Franchement impressionnant, on ne le coince pas facilement !

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 22:15


Avec un peu de retard, voici comme promis à mes élèves le diaporama sur la ville américaine que nous avons utilisé en cours, avec quelques précisions supplémentaires.



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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 14:52
Alors que les vacances de Noël commencent, pourquoi ne pas se délasser avec quelques petits jeux géographiques.
Certains d'entre eux commencent à faire le tour des différents blogs de profs et ce serait dommage de ne pas nous aussi en profiter.




Localisez les pays du monde, les villes de France, les états américains  ou les capitales de la planète contre la montre avec Jeux géographiques.com

C'est pas aussi facile que ça en à l'air surtout qu'il faut non seulement être précis mais aussi rapide.

En tout cas, un bon moyen de réviser sa cartographie en s'amusant.
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