Sur Lire Ecouter Voir, en ce moment, on vous propose une petite virée latino
américaine.
La Zona, passionnant film sur les Gated Communities sur le modèle américain dans les pays en voie de developpement, ici le Mexique. Une enclave pour riches entourée de hauts murs et bénéficiant
d'une milice privée qui veille jalousement sur ses habitants privilégiés. Quand 3 adolescents du quartiers voisins pénétrent dans ce petit paradis sécuritaire, les choses dérapent.
Et puis jeudi soir sur Arte, il y a la diffusion de Carnet de Voyage de Walter Salles qui raconte les années de jeunesse d'Ernesto Guevara jeune étudiant insouciant parti faire une virée à moto à
travers l'Amérique du Sud, avant qu'il ne devienne le Che, icône révolutionnaire qui va embraser les luttes de libérations anti coloniales ou impérialistes.
Les articles sur mai 68 continuent aussi, que ce soit sur la révolution sexuelle, les affiches ou les actions dans les villes de province comme Nancy. D'autre choses devraient bientôt arriver
notamment sur le rôle de la radio pendant mai 68 (merci Maxime) mais aussi sur les événements de 68 à Grenoble.
Et puis nouveauté initiée par l'hyperactif Julien Blottiere, dont on connait la passion pour la musique,
l'histgeobox, qui se propose de raconter le XXème siècle au travers de ses chansons les plus marquantes.
par Mr Tribouilloy
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Pleins de choses intéressantes cette semaine sur le blog "Voir, lire, écouter"

Zipang par Mr Augris un manga qui s'interroge sur le retour du militarisme nippon au
travers du voyage dans le temps d'un navire de guerre japonais moderne qui revient en pleine seconde guerre mondiale.
Les affiches de mai 68 par Mr Diedrich, passionnante plongée dans les créations artistiques des militants de l'école des Beaux Arts qui mirent le graphisme au service de la
révolte étudiante.
Rambo par votre serviteur qui, profitant de la sortie de "John Rambo" sur les écrans pointe, au travers une série de films de guerre apparemment commerciaux toute l'évolution
d'un héros tiraillé entre exaltation du patriotisme anti-communiste et vision désenchantée de la société américaine. (Si vous vous demandez pourquoi je mets autant de temps à corriger vos copies
c'est qu'en fait je suis au cinoche)
par Mr Tribouilloy
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Guy Delisle est un dessinateur de bande dessinée québécois qui a pas mal travaillé dans le milieu du dessin animé. C’est ainsi qu’il a professionnellement
voyagé en Asie, où beaucoup de productions de séries d'animation sont délocalisées pour des raisons d’économie sur la main d’œuvre. A son retour, il rapporte de ses expériences des
albums de voyage en noir et blanc où, dans un style volontairement simplifié et naïf, il se met en scène comme une sorte de témoin étonné de ce qu’il rencontre, décrivant ainsi avec
beaucoup d’humour et de tendresse les pays qu’il traverse.
Shenzhen
1ère étape: la Chine avec Shenzen sorti en 2003. Une ville nouvelle du Sud de la Chine, Zone Economique Spéciale où les
entreprises étrangères viennent profiter du boum économique. On y découvre une Chine affairée à son expansion économique mais où tout ne marche pas toujours aussi efficacement que la propagande
communiste essaye de le faire croire. Un pays aux traditions attachantes quoique parfois déroutantes pour le voyageur occidental.
Puis en 2005, Pyongyang, capitale de la Corée du Nord, où l’auteur découvre un pays communiste dictatorial et refermé sur
lui-même, entre gigantisme kitch des réalisations à la gloire du régime, endoctrinement des foules et système économique en ruine (l’électricité est ainsi coupée plusieurs heures par jour par
souci d’économie) qui vit dans un culte de la famille Kim, père et fils au pouvoir depuis 60 ans.
Enfin en 2007 est sorti Chroniques Birmanes où Delisle voyage dans un Myanmar, nom officiel de la Birmanie où sévit une junte militaire à la
fois imbécile et corrompue qui fait régner un ordre tout aussi absurde qu’en Corée du Nord, Détail supplémentaire, cette fois-ci Guy part avec sa femme humanitaire pour Medecins Sans Frontières
et son bébé, source de complications inépuisables.
Pour découvrir le début de cet album
Des lectures très intéressantes parues aux éditions de l’Association pour les deux premiers puis Delcourt-Shampooing pour le dernier. Je n’ai pas encore
regardé si le CDI les possède, si non, je glisserai deux mots aux documentalistes, pour qu’elles essayent de se les procurer.

Pyongyang
par Mr Tribouilloy
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The Host
(Gwoemul- 2006)
De :Joon-ho Bong
Avec Song Kang-Ho, Bae Doona, Hae-il Park
A Séoul, Park Hee-bong tient un petit snack au bord de la rivière Han où il vit avec les
siens. Il y a son fils aîné, l'immature Gang-du, sa fille Nam-joo, une championne malchanceuse de tir à l'arc, et Nam-il, son fils cadet éternellement au chômage. Tous idolâtrent la petite
Hyun-seo, la fille unique de Gang-du.
Un jour, un monstre géant et inconnu jusqu'à présent, surgit des profondeurs de la rivière. Quand la créature atteint les berges, elle se met à piétiner et
attaquer la foule sauvagement, détruisant tout sur son passage.
Le snack démoli, Gang-du tente de s'enfuir avec sa fille, mais il la perd dans la foule paniquée. Quand il l'aperçoit enfin, Hyun-seo est en train de se faire
enlever par le monstre qui disparaît, en emportant la fillette au fond de la rivière.
La famille Park décide alors de partir en croisade contre le monstre, pour retrouver Hyun-seo...
Les films de monstres géants sont très populaires en Asie. Ce film sorti l’année dernière ne déroge pas à la règle en matière de suspense et de scènes chocs, renouvellant au passage toute
l’esthétique du genre. C’est aussi une vision particulièrement acide de la société coréenne en se plaçant à hauteur d’une famille un peu paumée qui se retrouve unie comme jamais lorsque la plus
jeune fille disparait. Le film remet aussi en cause la tendance autoritaire du pouvoir coréen au travers de la gestion de la crise et l’écrasante présence des bases américaines dans le pays.
La bande annonce
par Mr Tribouilloy
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Frères de sang
( Taeguki - 2004)
De : Je-Gyu
Kang
Avec Jang Dong-Gun, Won Bin, Eun-Joo Lee
En 1950, durant
la guerre de Corée, suite à l'invasion nord-coréenne, deux frères sont envoyés de force au front afin de défendre le drapeau sud-coréen. Au travers du destin de deux frères embarqués malgré eux
dans le conflit, se succèdent les combats sanglants, les répressions aveugles de la part des deux camps, enchaînant vengeance sur vengeance, entre Nord-coréens et Sud-coréens. Ces deux nations
sœurs, combattant pour des idéologies qui parfois les dépassent. Lorsque le conflit s'internationalise (intervention américaine pour le compte du Sud puis chinoise pour le compte du Nord), les
cartes se brouillent, les soldats changent de camps... Soldats de nations sœurs, mais frères de sang, telle semble être la réflexion qu'impose ce film.
Plongeons dans la guerre de Corée avec la plus grosse production du pays en terme de budget et de figuration : 12 millions de dollars et 25000 figurants pour une réalisation qui se veut trés
nettement dans la lignée du Soldat Ryan. Le destin des 2 frères qui par les aléas de la guerre se retrouvent opposés dans chaque camp, est une métaphore à peine voilée de la division de la
Corée. On peut reprocher au film sa surenchère dans la violence ou quelques effets mélodramatiques faciles un peu trop appuyés mais le projet à sa sortie était de rappeler aux jeunes
générations coréennes l'absurdité de l'origine de la division du pays dans un film volontairement commercial pour attirer le plus de monde possible (grosse publicité, les acteurs sont des jeunes
stars locales), alors que se profilait des discussions de rapprochement entre les deux Corée. Dernier détail, le titre original Taeguki évoque le drapeau de Corée du Sud conçu lorsque la
résistance du pays était unie face à l'occupant japonais pendant la seconde guerre mondiale.
La bande annonce
par Mr Tribouilloy
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Dimanche 25 novembre 2007
Nous avons parlé du cinéma coréen avec les TL lorsque nous avons évoqué la guerre de 1950-1953 en cours.
Pays coincé entre la Chine et le Japon, coupé en 2 par la guerre froide, la Corée est mal connue chez nous. Pourtant c'est un pays fascinant que l'on commence à connaître ces dernières
années grâce à sa production cinématographique.
Si le Nord, dont nous reparlerons, n'offre que de rares films patriotiques à usage interne, le Sud, qui a promulgué des lois de quota garantissant un
pourcentage minimum de films coréens dans les cinéma du pays, l’a protégé de l’invasion massive des production hollywoodiennes ou hongkongaises qui auraient pu asphyxier la créativité
locale.
Ils ont développé une industrie cinématographique remarquable qui n’hésite pas à traiter ouvertement de son histoire, de ses relations avec les frères
ennemis du Nord, de la présence des bases américaines sur son sol ou des bouleversements liés à l’industrialisation et l’enrichissement rapide du pays.
Toute cette semaine je vais essayer de vous indiquer un florilège de ce qui se fait de mieux dans la production du « pays du matin calme »
(c’est que veut dire Corée.). Bien sûr, il s'agit de films disponibles en France notamment en DVD.
J.S.A. (Joint Security Area)
de Park Chan Wook (2000)
Lee Young-Ae, Lee Byung-Hun, Song Gang-Ho
Séparée par une zone démilitarisée de quatre kilomètres de large coupant la péninsule d'Est en Ouest -la " Joint Security Area "-, les deux Corée se font face
depuis la fin de la deuxième Guerre Mondiale. Seul point de contact entre celle du Nord et celle du Sud, The Bridge of No-Return est une passerelle traversant la rivière Sachon qui relie les deux
zones démilitarisées. Sophie Jang, jeune inspectrice de police suisse d'origine coréenne, doit mener une enquête extrêmement délicate pour le compte
de l’ONU. Elle doit découvrir les raisons d’une fusillade entre des soldats du Nord et du Sud tout en évitant l’incident diplomatique. Elle s'aperçoit assez vite qu’aussi bien au Nord
qu’au Sud personne ne veut que la vérité soit découverte.
Le film qui a révélé au monde l’excellent réalisateur Park Chan Wook (Sympathy for Mister Vengeance, Old Boy) ce thriller nous plonge dans la zone
démilitarisée où l’on peut voir le quotidien des soldats des 2 camps. Un film qui eut pas mal de problèmes avec la censure car refusant de diaboliser les voisins du Nord et présentant des faits
gênants pour l’histoire officielle sud-coréenne. Plastiquement très beau, scénaristiquement passionnant, ce film est indispensable pour comprendre la tension et l’absurdité des relations entre
les 2 Corée.
par Mr Tribouilloy
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Le cinéma est généralement un bon moyen d’aborder de façon différente les thèmes que nous traitons en cours. C’est d'ailleurs la raison pour laquelle nous avons régulièrement organisé les sorties
cinéma d’histoire-géo avec le cinéma "Le Jeu de Paume". Que ce soit des documentaires ou des œuvres de fiction, au cours de l'année je pointerai une sélection par grands chapitres du programme de
quelques visionnages qui peuvent vous permettre à la fois d’approfondir le cours et de passer une bonne soirée.
J’en profiterai au passage pour donner mon avis (forcement subjectif) sur le film mais aussi pour pointer éventuellement les limites et les critiques qu’on peut lui faire.
Mais que cela ne vous empêche pas vous aussi d’exercer votre curiosité de cinéphile, si vous voyez des films qui peuvent illustrer le programme n’hésitez pas à me les signaler !
par Mr Tribouilloy
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