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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 21:47

Un travail de Nicolas Dobrowolski (TL)

Le 9 et 10 Décembre 1991, le conseil européen adopte le traité de Maastricht, qui prévoit l’établissement
d’une monnaie unique. Le 1er Janvier 1999, une nouvelle monnaie commune aux pays participants est introduite: l’Euro, qui sera mis en circulation le 1er Janvier 2002. Sept ans plus tard, il est devenu la monnaie internationale la plus importante après le Dollar. Il est aujourd’hui une monnaie de référence dans les échanges commerciaux internationaux.

 

Alors, quel bilan pouvons nous tirer de ces sept ans qui ont passé depuis la mise en circulation de l’Euro ? Quelles sont ses forces, mais aussi ses faiblesses ?

 

Sa mise en place avait soulevé nombre d’inquiétudes, tant chez les économistes que chez les populations, souvent attachées à leur monnaie nationale. Ses détracteurs dénonçaient - et dénoncent toujours - que l’Euro serait responsable d‘une montée de l‘inflation. Cette crainte s’était accompagnée d’un scepticisme sur l’utilité d’avoir une monnaie commune alors même que les États membres ne parvenaient à s’entendre sur la politique intérieure à mener au sein de l’Europe. Une question se posait alors, celle de savoir comment les membres de la zone euro allaient gérer ce tout nouveau système monétaire. Ainsi, selon certains économistes, avoir une monnaie unique ne serait qu’une façade d’unité, pour espérer masquer ce manque cruel de cohésion qui caractérise l’UE. Selon un sondage publié par la Commission européenne (Eurobaromètre Gallup, réalise en septembre 2006), les citoyens des pays participant à la monnaie unique ne sont plus que 48% à répondre que l'adoption de l'euro a été «avantageuse», contre 38% qui pensent le contraire. L’euro n’est pas idéalement perçu au sein de la zone euro, souvent considéré comme le facteur principal de la hausse des prix qui touche les pays européens.

 

Malgré tout l’Euro est devenu un symbole, celui « du sentiment d’appartenance à un espace commun » comme le dit l'éditorialiste Pierre Haski dans Libération du 28 décembre 2006. Tous les États membres ont enfin quelque chose en commun: l’Euro. Ils partagent une même économie, sont confrontés aux mêmes taux d’intérêts. Le passage à l’euro permet donc « d’harmoniser » les différentes politiques économiques des pays membres de l’Union Européenne

L’Euro ne manque pas d’atouts: transparences des prix, taux d’intérêts stables, plus de risques de fluctuation.

 


   Depuis, la parité euro-dollar semble être redescendue aux alentours de 1,30 dollar pour 1 euro.

L’investissement des entreprises est alors stimulé par cette baisse des taux d’intérêts Par ailleurs le fait de posséder une monnaie unique, renforce le poids de l’Europe dans l’économie mondiale, et son rôle dans les enceintes et les organisations internationales, telles que le Fonds monétaire international, ou la Banque mondiale. Cette union monétaire représente une force pour l’Europe vis-à-vis de l’extérieure, car elle peut compter sur l’Euro pour jouer un rôle dans les grands organismes financiers mondiaux. C’est certainement à l’intérieur de la zone euro que l’on peut comprendre les premières faiblesses de cette monnaie.

Tout d’abord, bien que symbole d’unité, les avis sur l’Euro divergent et manifestent un désaccord au sein même des États membres. Le meilleur exemple que l’on peut trouver est celui de la France et de l’Allemagne. L’euro montre ses faiblesses en partie parce qu’il s’apprécie fortement face au dollar, ainsi en ce moment un euro vaut un peu moins d’1,30 Dollars. Cela pénalise et limite les exportations de la zone euro, car un bien européen vaut plus cher en dollar qu’en euro. Cela ne profite pas à la France, mais l’Allemagne a su en tirer parti.

 

Si bien que l’Euro est qualifiée de monnaie apolitique, c’est-à-dire qui refuse toute activité ou implication politique. Que représente l’Euro pour l’Europe dans ce cas, s’il n’est pas vecteur de cette union économique à laquelle espère tant les pro-européens ?Une force certaine dans l’économie mondiale où la monnaie unique joue un rôle prépondérant sur les échanges internationaux. Une force qui permet la compétitivité des entreprises avec plus d’échanges « intra zone ». Une force qui a permis de créer une politique commune budgétaire, contraignant les États à se soumettre aux décisions de la Banque Centrale Européenne (que l'on voit ici sur la photo), une force donc qui unifie tant bien que mal les membres de la zone euro. Mais la monnaie européenne unique présente aussi des faiblesses, une responsabilité non négligeable à la montée de l’inflation, un euro fort qui s’apprécie trop face aux autres grandes monnaies telles que le Dollar ou le Yen, limitant considérablement les exportations européennes entraînant alors la perte de compétitivité des entreprises, françaises notamment

 On pourrait alors se référer à un Extrait d'une interview dans Les Échos du 17 Octobre 2001 de Jacques Séguéla: « Les lois, les fiscalités, les coutumes, les langues sont différentes. L’Euro est désormais le plus petit dénominateur commun de l’Europe »

 

L’article de 20minutes.fr : Force et faiblesse de l’euro fort m’a été bien utile, l’article de Eric Girardin paru dans Revue économique m’a servi pour la compréhension globale des faiblesses de l’euro, et enfin le site du Monde.fr dans la rubrique économie en ce qui concerne les conséquences de l’euro sur l’économie française


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Un bon travail qui analyse assez bien la situation actuelle de l'euro, monnaie volontairement maintenue à un cours élevé pour éviter l'inflation par la Banque Centrale Européenne de Francfort, institution dont l'indépendance est garantie dans les textes européens. J'ai juste changé le graphique pour en mettre à long terme un plus parlant.


Peut-être ton article est il un peu trop économique et ne revient pas assez sur la volonté historique de faire une monnaie commune qui prémunissse l'Europe contre les risques de fluctuation des cours des monnaies internationales. Notamment le dollar, indispensable par exemple pour acheter le pétrole. Cette idée est née quand les américain ont abandonné la convertibilité du dollar en or en 1971 pour pouvoir jouer sur la valeur de leur monnaie pour booster leur économie. l'Europe a réagit en créant le Système Monétaire Européen qui devait permettre de garantir la valeur des différentes monnaies nationales grace à une surveillance des deficits et de l'inflation de chaque pays qui ne doivent pas trop monter ou baisser par rapport à une moyenne européenne (surnommée "le serpent monétaire" à cause de la forme zigzaguante des courbes sur les graphiques des économistes de l'époque). Il est aussi mis en place une monnaie de compte spéciale, l'European Currency Unit ou ECU. Cette monnaie fictive est le premier ancêtre de l'Euro. Elle ne fut jamais transformée en billets réel mais permis aux différentes monnaie de l'Union de se soutenir.

Créer une monnaie unique ne fut pas facile. Battre son propre argent est une grande prérogative des états et il n'est pas facile d'y renoncer. De plus l'Euro étant au départ calculé à partir de la valeur des monnaies des pays qui la compose, il vaut mieux atteindre une Stabilité Monétaire indispensable pour ne pas l'affaiblir. Ca veut dire pour chaque pays surveiller sérieusement ses déficits et ses dépenses.

Si la monnaie unique est décidée au traité de Maastricht en 1992, il faut attendre 10 ans pour stabiliser les finances européennes et pouvoir éditer les billets en 2002 sous la surveillance de la Banque Centrale Européenne dont l'indépendance par rapport aux états lui garantit un rôle d'arbitre.

 


 



Certains pays dont la Grande Bretagne ont préféré rester hors de la zone euro pour garder leur indépendance. D'autres, notamment en Europe de l'Est n'ont pas encore une économie suffisamment solide pour leur permettre sans risque de rentrer dans ce système monétaire commun. Néanmoins avec les difficultés financières actuelles, cette monnaie commune semble être devenue un refuge solide qui tente de plus en plus les milieux d'affaire de Londres ou de Copenhague.

 

Accueilli avec un certain scepticisme au départ, l'Euro gagne progressivement ses galons de grande monnaie d'échange internationale. mais de là à détrôner le roi dollar, il y a encore un long chemin à parcourir...

 


Pour connaître la signification des pièces et des billets de chaque pays.

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Published by Mr Tribouilloy - dans Union Européenne
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commentaires

Orwelle 14/01/2010 09:28


Bonjour,
Marianne vient de publier un article sur la protection fictive que représente l'euro pour l'UE :
http://www.marianne2.fr/Non,-l-Euro-n-a-pas-protege-l-Europe-pendant-la-crise_a183455.html


Mr Tribouilloy 21/01/2010 22:50


Les économistes peuvent faire dire ce qu'ils veulent aux chiffres, reste à savoir si l'Euro nous a protégé de la crise ou pas. L'Etat catastrophique de la Grande Bretagne et de la Livre Sterling
semble montrer que la solution d'une monnaie nationale ne garantit pas forcément d'être à l'abri des crises.
Beaucoup reprochent à l'Europe actuelle son libéralisme économique. C'est pourtant sur cette base qu'elle s'est construite. Reste qu'elle ne fait plus rêver et a perdu son aspect solidarité
entre ses membres pour devenir un endroit où chaque pays essaye de tirer la couverture à soi.
Voilà qui n'est guère encourageant pour l'avenir.