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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 23:48

Après le primaire et le collège, Mr Xavier Darcos, notre ministre, continue son œuvre de démolit… euh de reforme du système scolaire en lançant quelques ballons d’essais autour de la future réforme des lycées qui doit être entamée dès la rentrée prochaine. Comme d’habitude, rien n’est officiel mais on laisse fuiter les informations de manière à tester les réactions sur ces projets.

 

Le mot d’ordre de cette reforme semble être "assouplissement". Moins d’heures, plus de choix dans les matières et les options, la possibilité pour l’élève de construire un enseignement à la carte.

Hélas, sous l’apparence de l’assouplissement se cache surtout une réduction des horaires et donc de postes (car les économies dans la fonction publique sont la priorité absolue de ce gouvernement et il y a fort à parier qu'avec la crise financière où l’on doit renflouer notre système bancaire ne va pas arranger les caisses) avec au passage forcément une simplification des programmes

 

La réforme du lycée, prétend donc permettre l'émergence d'un lycée plus souple et une plus grande autonomie des lycéens. Le volume horaire par semaine doit tomber à 27 heures mais par contre on ne touche pas au calendrier général parfaitement aberrant (notamment ces deux mois d’été) et davantage dictés par les impératifs du ministère du tourisme que par le bien être des élèves.

 

Autre nouveauté: l'année se divisera en semestres et non plus en trimestres. Comme en université, le lycéen devra choisir dix-huit modules par an. Un bien beau casse tête à mettre en place en moins d’un an. En seconde, les matières dureront trois heures chacune (soit donc pour l’histoire –géo 1h élève en moins et 2 heures profs en moins): les mathématiques, le français, deux langues vivantes, l'éducation sportive et l'histoire géographie resteront indispensables. Physique, SVT, Education civiques deviennent facultatives. L'élève devra compléter ce tronc commun par des modules "d'exploration" (matières artistiques, scientifiques ou technologiques) et d’accompagnement (soutien individualisée).

 

Puis en 2010 et 2011 ce sera la reforme des premières et les terminales avec là encore un tronc commun  et des modules d’exploration et d’accompagnement. Surprise, l’histoire géo et les maths ne sont pas dans le premier projet de tronc commun. On parle par contre du droit et de la philo dès la première. Les filières actuelles (L/ES/S/STI/STT) jugées trop contraignantes sont remplacées par des dominantes humanité et arts, sciences de la société, sciences, technologies. Comment ça, on dirait les anciennes filières dont on aurait juste changé le nom. Mais puisqu’on vous dit que ça change !

 

Ce n’est pas que les professeurs soient hostiles par principe aux reformes, il y a pas mal de choses intéressantes dans ce projet notamment autour de l’accompagnement et de l’autonomie des élèves.

 

Mais annoncée dans une telle précipitation et dans un flou aussi artistique, cette réforme a de quoi faire peur. Certains syndicats ont déjà quittés la table de négociation. De plus, malgré les dénégations et les paroles bienveillantes, les postes de professeurs vont continuer à se réduire comme c’est déjà le cas à Vizille (notamment 1/2 poste en histoire) et comme dans toute la France. 11200 postes en moins l’année dernière, 13500 annoncés à la rentrée prochaine. Et puis on charge encore la barque pour les professeurs. Beaucoup de classes à petits horaires ou à la carte donc pleins de programmes différents et d’aides individualisées à préparer dans l’urgence (on ne les connaît pas encore) des tas de copies et d’heures de conseils de classe en plus. Surcharge de travail non payée bien entendu puisque ce n’est qu’un réaménagement de notre service.

Le Journal du dimanche rapporte cette phrase révélatrice d’un conseiller du ministre :
"La réforme se veut au service des élèves, elle n'est pas motivée par des questions budgétaires, réplique un proche de Xavier Darcos. Cela dit, si l'on peut en même temps réformer et réduire les coûts..."

L'avis très drôle de Jean-Christophe Diedrich sur la question.

Pour ma part j’en profite au passage pour saluer et souhaiter un prompt rétablissement au proviseur du lycée Louise Michel de Grenoble, violemment frappé par une bande de jeunes imbéciles, extérieurs à l’établissement qui s’était lancé le pari idiot de le traverser en mobylette. En voulant empêcher cela, il a été roué de coup par une poignée d’individus et a du être conduit à l’hôpital. Mr Darcos a fait le déplacement ce matin pour apporter son soutien à la communauté scolaire de Louise Michel.

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Published by Mr Tribouilloy - dans Pédagogie
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commentaires

ex-TSSI 17/10/2008 14:22

bonjour,
quand le système ne vas pas, ou ne plait plus, tout le monde râle, et dés que l'on-y touche, tout le monde s'insurge et cri à l'hérésie, avant même de voir ce qui va réellement être fait.
On pourrait au moins lui laisser le temps de les présenter ses reformes, non?
cela dit, il est vrai qu'elle n'ont pas l'air toute roses...surtout pour ce qui est de rendre facultatif l'Hist-Géo après la seconde, mais ce ne sont que des bruits de couloirs...

PS: je crois que le terme "délinquants" aurai pus se substituer au therme "imbéciles" même si il a tendance à relancer certaines polémiques: la mobylette, c'est débile, le proviseur roué de coup, ça dépasse les bornes!

Mr Tribouilloy 17/10/2008 15:46


Ce n'est pas tant la possibilité d'une reforme qui inquiète que son amateurisme dans la préparation et sa rapidité d'execution prévu. Dès l'année prochaine pour les secondes et on ne sait
toujours pas ce qu'elle sera. sans compter les coupes claires prévues dans les horaires et les programme. Le nombre de poste ne cesse de baisser et pour ne donner qu'un exemple à Vizille, l'un
des professeur d'Histoire qui venait d'avoir son poste fixe chez nous se retrouve affecté en demi poste à la mure en sachant pertinemment que son poste entier saute l'année prochaine et qu'il sera
recasé Dieu sait où. et ce n'est qu'un cas parmi beaucoup d'autres.

Quand au terme "imbéciles" je n'en voit pas d'autre pour désigner ce genre de comportement.